Viridien
Le rebaptême « Viridien » sonne comme une promesse de bifurcation ; les comptes 2025, eux, crient surtout la réussite d’un groupe parapétrolier désendetté et ultra-marge.
À propos de Viridien
1. Modèle économique
Viridien — ex-CGG, Compagnie Générale de Géophysique cotée à Paris (VIRI) et implantée à Massy — vend des services et des données de géosciences : acquisition et imagerie sismique, bibliothèques « multi-clients », logiciels, calcul haute performance et offres autour des données « Terre ». Le communiqué de résultats 2025 fait état d’un chiffre d’affaires des activités de 1 165 M$ (+4 %), d’un EBITDA ajusté de 551 M$ (marge 47 %) et d’un résultat net IFRS de 71 M$ (+40 %). La génération de cash-flow net à 107 M$ dépasse l’objectif des 100 M$ ; la direction vise à nouveau ~100 M$ en 2026, tout en poursuivant le désendettement — 753 M$ de dette nette hors IFRS 16 contre 888 M$ en périmètre IFRS 16 au 31 décembre. L’effectif est d’environ 3 200 personnes. Le segment « Data, Digital and Energy Transition » (DDE) est ressorti à 850 M$ (+8 %) dans la synthèse de marché relayée par BFM Bourse. La dépendance aux budgets d’exploration des majors et des compagnies nationales, ainsi qu’à la discipline de paiement de ces dernières, structure donc autant la performance que la volatilité du titre.
2. Impact réel
Sur le plan climat, l’impact direct du groupe est avant tout celui d’un facilitateur de l’exploration et de la production d’hydrocarbures : les campagnes sismiques et l’imagerie avancée réduisent l’incertitude géologique, mais orientent en pratique le forage là où le pétrole et le gaz sont exploitables. En parallèle, Viridien met en avant des briques « transition » — monitoring éolien, études sur l’hydrogène naturel, lithium, biodiversité — décrites sur sa page Renewables. Ces activités restent, à ce stade, complémentaires par rapport au cœur historique. Pour le cadrage public français de la décarbonation et du bouquet énergétique, les trajectoires institutionnelles (programmation pluriannuelle de l’énergie, panorama ADEME sur les enjeux énergétiques) rappellent que la baisse structurale de la demande fossile est l’horizon de référence : le discours « transition » de l’industrie pétrolière et de ses équipementiers se juge donc à l’aune de la part encore dominante des projets hydrocarbures dans les carnets de commandes. L’extension des data centers, évoquée à hauteur d’environ 30 M$ pour 2026 dans Les Echos / Investir, renvoie aussi aux enjeux d’empreinte du numérique (synthèse ADEME–Arcep sur le sujet), que le groupe devra traiter dans ses indicateurs carbone publiés (CDP, etc.).
3. Innovations / partenariats
Au-delà du rebranding, Viridien capitalise sur Sercel, l’imagerie haute résolution, les plateformes de données et le cloud HPC pour différencier son offre Geoscience. Le groupe annonce une phase 1 d’extension de l’infrastructure HPC aux États-Unis en 2026, explicitement liée à la compétitivité de cette division (Les Echos / Investir). Côté « nouvelles énergies », le site corporate met en avant des offres de screening pour minéraux critiques et hydrogène naturel, ainsi que des suivis d’infrastructures éoliennes. Sur le volet stockage, un mémorandum avec Vallourec et Geostock autour du stockage souterrain avait été relayé lors du passage de marque (Carbon Capture Magazine). Enfin, l’actualité récente des grands levés multi-clients — dont un programme 3D au Guyana contesté par le Venezuela et défendu par Georgetown (communiqué du ministère guyanais des Affaires étrangères) — montre où part l’investissement géophysique : avant le puits, mais très proche du baril.
4. Greenwashing / zones grises
Le double langage est le premier risque réputationnel : côté marchés, la direction évoque un « nouveau cycle haussier de l’exploration » offshore profonde comme moteur de confiance à moyen terme (BFM Bourse), alors que la communication institutionnelle insiste sur la « transition » et publie des notations ESG (MSCI AA, EcoVadis Bronze, CDP « B » climat) sur la page Durabilité. Deuxième zone grise : la qualité du cash-flow — en 2025, 29 M$ de créances PEMEX récupérés et des opérations d’amortissement d’obligations (97 M$) ont nourri la liquidité, ce qui tend à mélanger performance opérationnelle et effets de bilan aux yeux des investisseurs (BFM Bourse). Troisième tension : géopolitique et réputation — les levés au large du Guyana s’inscrivent dans un différend frontalier latent avec le Venezuela, avec un risque d’escalade narrative autour de la ZEE. Enfin, aucune traçabilité CSRD « prête à citer » n’a été isolée dans les recherches menées pour cette fiche au-delà du livre blanc ESG 2025 : la transparence réglementaire européenne reste un test à passer sous le prisme des activités fossiles résiduelles.
5. Positionnement stratégique
Viridien achève une transformation financière « asset-light » entamée en 2018 : marges élevées, cash converti en baisse de levier, objectifs de trésorerie prudents pour 2026 compte tenu de la volatilité des prix de l’énergie (Les Echos / Investir). Stratégiquement, le groupe tire vers le haut de la chaîne de valeur numérique et data tout en restant ancré dans les cycles d’exploration qui conditionnent ses clients. Le signal boursier du printemps 2026 — forte correction après des perspectives de cash-flow perçues comme tièdes — rappelle que le marché ne confond pas discours vert et sensibilité au baril (BFM Bourse).
Verdict WattsElse
Viridien est désormais financièrement plus résilient, mais stratégiquement plus clair qu’il ne le prétend : le moteur reste l’exploration fossile offshore, le vernis « transition » sert surtout à élargir le récit investisseur. Vert sur la feuille de route, noir-or sur le sous-sol visé.
Sources : fr.wikipedia.org · viridiengroup.com · tradingsat.com · viridiengroup.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · investir.lesechos.fr · arcep.fr · carboncapturemagazine.com · minfor.gov.gy · viridiengroup.com · viridiengroup.com
Données clés
- Forme
- public limited company with a bo
- Fondée
- 1931
- Effectifs
- 4 600 (2020)
- Siège
- Paris, France ↗
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
PARQUE EOLICO CINSEIRO S.L.
Parque Eólico Cinseiro, c’est d’abord une radiation capitalistique prévisible absorbée dans Naturgy Renovables, alors que le parc nominal continue de faire tourner son bouquet de huit turbines sur le plateau ibérique.
Voir la ficheFMI
Le sigle fait souvent fantasmer une « entreprise », une génétique aussi : la fiche Q29731490 n’a strictement aucun lien avec cette entité ; en veille climat‑énergie, FMI renvoie presque toujours au Fonds monétaire international, institution financière mondiale fondée après la Seconde Guerre mondiale, distincte de tout opérateur industriel (« Autres énergies…
Voir la ficheEòlica Tramuntana 72, SL
Ce n’est pas le macro-parc flottant du golfe de Roses, ni le Tramuntana terrestre d’Ascó porté par une autre société : Eòlica Tramuntana 72, SL est une coquille espagnole du cru Naturgy / Gas Natural Fenosa, absorbée en 2017 après sept ans d’existence.
Voir la ficheVento Energetikai Villamosenergiatermelő Kft.; Windeo Kft.
Windeo Kft.
Voir la ficheSOMERSA
Le libellé « Somersa » ne renvoie, dans les bases ouvertes usuelles, à aucune personne morale majeure du secteur des énergies renouvelables — le QID fourni pointe même vers un hameau britannique sans rapport.
Voir la ficheHydro-Electric Securities Corporation
Hydro-Electric Securities Corporation n’affiche ni site ni comptes publics récents sous ce nom exact ; l’intelligence utile est ailleurs — dans la généalogie des holdings utilitaires belges et dans ce qu’elles sont devenues après un siècle de titrisation de l’hydroélectricité.
Voir la ficheLongyuan Power
Côté cotation à Hong Kong, côté actionnaires d’État : China Longyuan Power incarne l’échelle industrielle d’où se joue l’électrification chinoise.
Voir la ficheLa Chapeana SpA
La Chapeana SpA n’est pas une « start-up solaire » à la française : sous ce nom légal se cache surtout un parc photovoltaique de taille modeste mais durable, ancré dans le dense patchwork des PMGD chiliens où chaque mégaoctet réglementaire pèse sur des centrales de quelques MW.
Voir la ficheNATIONAL UNIVERSITY CORPORATION THEUNIVERSITY OF TOKYO
L’Université de Tokyo incarne sous statut juridique National University Corporation la vitrine recherche‑industrie du Japon dans la GX : fusion pilotée, hydrogène liquéfié, CCS — et budgets publics sous contrainte.
Voir la ficheIran Power Plant Projects Management Company (Mapna)
Le groupe issu de l’ancienne Iran Power Plant Projects Management Company incarne le retour en force d’une ingénierie nationale sur l’amont gazier et l’électricité thermique.
Voir la ficheGMVA Gemeinschafts-Müll-Verbrennungsanlage Niederrhein GmbH
La tour de 140 mètres domine la Ruhr comme une cheminée-indice : ici brûle l’un des gros incinérateurs-énergétiques d’Allemagne.
Voir la ficheThorsjö Agrar AB
En Suède, une micro-société scanienne lie agriculture et électricité renouvelable depuis plus de trente ans.
Voir la ficheSolar TI Treinta y Siete
Le nom français « Treinta y Siete » évoque Espagne avant tout : la Solar TI Treinta y Siete SpA actée par la Superintendencia de Electricidad y Combustibles (SEC) en 2024 est, selon les éléments publics disponibles, un véhicule chilien propriétaire du PMGD Aldebarán, pas une filiale ibérique générique au secteur renouvelable.
Voir la ficheCGE Transmisión S.A.
Sous bannière chinoise, elle engrange des marges de transport qui font rêver les investisseurs — mais le régulateur rappelle que les lignes ne suffisent pas si le système faiblit : après un black-out historique en 2025, les amendes s’accumulent, pendant qu’un plan de milliards cherche à tenir la promesse d’un réseau à la hauteur des énergies renouvelables.
Voir la ficheContour Global Maritsa Iztok 3 AD
La « Contour Global Maritsa Iztok 3 AD » désigne la société exploitante de la centrale thermique Maritsa East 3 / Maritsa Iztok 3, dans le bassin minier de Stara Zagora — pas une coquille française.
Voir la ficheUBREMEN
Aucune entité pérenne ne se déclare aujourd’hui sous le nom « UBREMEN » comme société exploitante dans une base de données commerciale publique aisément croisable avec le secteur [Autres énergies](/).
Voir la fichePohjantuulen Voima Oy
À Oulu, une société de deux salariés pilote un parc éolien sur une digue exposée au climat arctique — entre vent favorable, servitudes aéroportuaires et financement européen garanti.
Voir la ficheChilquinta
Principal distributeur autour de Valparaíso, Chilquinta incarnate la machine à marges qui s’allume quand les tarifs se « dégèlent » — avec des bénéfices semestriels qui font lever les sourcils.
Voir la ficheSouthern Company Services
** Southern Company Services n’est pas un réseau sur papier : c’est le centre de services partagés qui fait tourner l’ingénierie et l’administratif derrière Alabama Power, Georgia Power et consorts.
Voir la ficheNacka Energi
** À l’est de Stockholm, quelque 29 000 abonnés dépendent d’un réseau local qui engrange un chiffre d’affaires de centaines de millions de couronnes, mais peine à afficher une marge nette confortable.
Voir la ficheISSO
L’Italie accélère sur la planification locale de l’énergie et du climat ; à l’échelle d’Isso, quelques centaines d’habitants et un budget communal modeste structurent le réel pouvoir d’action sur la transition.
Voir la ficheAdministración Provincial de Energía de La Pampa
L’Administración Provincial de Energía n’est pas une start-up verte : c’est une pièce nerveuse du système pampeño, là où projets PV et dettes des coopératives se cogèrent au même tableau.
Voir la ficheUnited Energy Systems of Ukraine
À son apogée en 1996, United Energy Systems of Ukraine était un géant du négoce gazier qui pilotait une part décisive des importations vers le pays ; seize ans plus tard, la structure était dissoute, criblée de soupçons et au centre de litiges qui ont traversé les années 2000 puis resurgi dans les cours économiques.
Voir la fiche