HELLENIC PETROLEUM SOCIETE ANONYME
HELLENIC PETROLEUM Société Anonyme n’est pas une coquille vide : c’est l’ancêtre juridique du groupe aujourd’hui piloté par la holding cotée HELLENiQ ENERGY Holdings S.A.
À propos de HELLENIC PETROLEUM SOCIETE ANONYME
1. Modèle économique
Le cœur du modèle, c’est l’aval pétrolier : trois complexes de raffinage en Grèce, un commerce international de brut et de produits raffinés, une chimie pétrochimique de proximité et un réseau stations-service dense. En 2024, l’EBITDA ajusté du groupe s’est établi à 1 026 M€ ; la direction estime l’EBITDA ajusté du segment raffinage, approvisionnement et trading « domestique » à 795 M€ sur ce total — soit une rentabilité encore massivement corrélée aux marges de craquage méditerranéennes et à la logistique associée (rapport financier annuel 2024). En exercice 2025, le groupe annonce un EBITDA ajusté de 1,13 Md€, un résultat net ajusté d’environ 503 M€ et une production de raffinage d’environ 15 Mt malgré un arrêt long à Elefsina ; 54 % du volume de ventes aurait été réalisé hors Grèce via le trading à Genève (résultats annuels 2025). Le chiffre d’affaires déclaré pour 11,6 Md€ et le jeu sur dividende (0,60 €/action proposé) traduisent une gouvernance actionnariale qui assume la cyclicité de la downstream tout en cherchant des leviers hors marché domestique (profil corporatif 2025). L’effectif consolidé relevé dans le même rapport annuel 2024 avoisine 3 734 salariés du groupe (rapport financier annuel 2024).
2. Impact réel
Côté climat, le groupe affiche une capacité EnR en exploitation de 0,5 GW fin 2024, avec un portefeuille de projets en développement annoncé à plusieurs gigawatts, et une feuille de route qui accole –30 % sur les scopes 1 et 2 à l’horizon 2030 (par rapport à 2019) et 2 GW d’EnR dans la même temporalité stratégique (rapport financier annuel 2024). Ces trajectoires se lisent aussi dans le cadre européen d’augmentation des obligations de reporting : la direction indique entrer dans le périmètre de la directive CSRD pour publier un bilan de durabilité annuel (rapport financier annuel 2024). En parallèle, la combustion des carburants vendus alimente mécaniquement des émissions scope 3 massives ; le document de 2024 souligne explicitement que plus de 90 % de ces émissions scope 3 recensées relèvent de la catégorie « biens achetés » — un rappel brut de la captation carbone en amont de la valeur pour un intégrateur pétrolier (rapport financier annuel 2024).
3. Innovations / partenariats
Sur le gaz offshore, Athènes a fait de Chevron et Helleniq Energy les opérateurs retenus pour quatre blocs au sud de la Crète et au large du Péloponnèse ; la presse spécialisée évoque des accords de concession signés en février 2026 sur une superficie de l’ordre de 47 000 km², Helleniq détenant 30 % des parts dans le consortium (partenariat gaz Chevron) — suivi relayé en France par une dépêche sur l’offshore hellénique (Connaissance des Énergies). Dans l’Ionienne, le groupe annonce un partenariat avec ExxonMobil (opérateur majoritaire à 60 %) pour un forage exploratoire attendu fin 2026 ou début 2027 sur le bloc 2 (communiqué Ionian 2025). Côté électricité et gaz de détail, la prise de contrôle d’Elpedison, renommée Enerwave, vise à consolider le pôle power & gas (lancement Enerwave). En biocarburants durable pour l’aviation, un projet d’unité SAF de 150 kt/an reste présenté comme à l’étude dans le rapport 2024 (rapport financier annuel 2024).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart de crédibilité est structurel : les marges records publiées en 2025 coexistent avec un business dont la ligne de compte demeure celle du downstream pétrolier ; en 2024, 795 M€ d’EBITDA ajusté sur le raffinage/trading domestique pour 1 026 M€ de total illustrent une centralité fossile difficile à gommer par le storytelling « new energy » (rapport financier annuel 2024). Sur le plan politique et légal, des ONG dont ClientEarth dénoncent une accélération des forages en mer et indiquent une enquête de la Commission européenne ouverte sur la compatibilité de certains projets avec le réseau Natura 2000 (plainte ClientEarth) — un risque réputationnel et réglementaire extérieur au langage volontariste des communiqués. Enfin, le groupe a contesté publiquement en 2024 la taxe grecque de « solidarité » frappant les superprofits de raffinage, au motif qu’elle pénaliserait la répartition des dividendes (contestation fiscale eKathimerini) : symbole d’une exposition aux coalitions politiques quand les marges explosent.
5. Positionnement stratégique
Helleniq parie sur une diversification capitalistique (EnR, trading international, plateforme energetique intégrée) tout en réouvrant — avec l’aval de l’État hellénique — une fenêtre d’exploration offshore présentée comme sécurité d’approvisionnement pour l’Europe (partenariat gaz Chevron, vote parlementaire relaté par l’AFP). La volatilité 2023-2025 du CA autour de 11-13 Md€ rappelle que la prime de valorisation passera par la stabilité des marges raffinage et par la montée en puissance mesurable des GW verts annoncés sur le profil corporatif 2025.
Verdict WattsElse
Helleniq finance sa transition avec les mêmes liquidités qui alimentent la dépendance européenne aux carburants : cash-flow pétrolier et paris gaziers en Méditerranée coexistent sous un blason « energy » — l’actionnaire y gagne, le climat trinque.
Sources : helleniqenergy.gr · helleniqenergy.gr · helleniqenergy.gr · gasprocessingnews.com · connaissancedesenergies.org · helleniqenergy.gr · helleniqenergy.gr · clientearth.org · ekathimerini.com · connaissancedesenergies.org
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