Yangi Angren IES JSC
Centrale fossile de premier plan près de Tachkent, Yangi Angren IES AJ (marque anglaise « JSC », société par actions) aligne des volumes d’électricité impressionnants quand les filtres tiennent la route—et des millards de soums de compensation quand ils ne tiennent plus.
À propos de Yangi Angren IES JSC
1. Modèle économique
La société vend de l’électricité et de la chaleur sur un marchénational en tension, en s’appuyant sur des unités thermiques alimentées massivement au charbon après conversion—projet historique de plus de 213 M$ dont `113,8 M$ financés par China Eximbank`, complétés par un prêt du `Fonds de reconstruction et de développement` et des fonds propres d’« Uzbekenergo » selon la documentation de suivi du financement. Sur neuf mois en 2024, elle a déclaré `3,5 milliards de kWh produits`, soit environ 105 % de l’objectif interne, et un rythme journalier d’environ 13 millions de kWh durant cette fenêtre. Le capital social déclaré au registre dépassait `37,7 milliards de UZS` au moment de la fiche consultée. Les agrégats complets de comptes annuels (chiffre d’affaires consolidé, effectif exact) restent, eux, peu exposés dans les extraits publics usuellement cités : vous resterez donc sur des `indicateurs de production et des mentions légales` plutôt que sur une valorisation boursière lisible.
2. Impact réel
Sur « UzDaily », le ministère de l’Énergie rappelle que la centrale dessert `l’est de Tachkent et la vallée de Fergana, jusqu’à quelque 2 millions de foyers`, ce qui situe le risque sanitaire et climatique à l’échelle métropolitaine. La conversion des blocs 1-5 au `charbon toute l’année` ancrait la trajectoire dans une intensité carbone élevée, typique des `centrales charbon` décrites par les fiches pédagogiques françaises et `les facteurs d’émissions des moyens de production fossiles` côté ADEME, même si ces ordres de grandeur francophones ne se substituent pas à un bilan gaz à effet de serre publié localement. À titre de repère géopolitique du débat, la `PPE3` française prévoit la sortie de l’électricité-charbon domestique d’ici 2027 : inversement, Yangi Angren reste structurante pour stabiliser un réseau d’Asie centrale encore très carboné.
3. Innovations / partenariats
La « modernisation » est d’abord industrielle et financière : selon la synthèse AidData, le volet chinois a porté sur la conversion au charbon annuel de plusieurs groupes et sur l’accès à la mine voisine, avec échéancier long déjà bouclé côté prêt `(clôture 2014 selon la fiche projet)`. Côté équipements récents, la presse spécialisée `évoque des réparations majeures` ayant porté le rendement des précipitateurs électrostatiques à 96 %, contre 84 % auparavant, ce qui est inchangément de la « tech » classique mais critique pour la conformité locale. Des étapes supplémentaires de filtration et de chaudières font encore l’objet d’un calendrier ministériel à horizon `2028`.
4. Greenwashing / zones grises
Le décor institutionnel est contrasté : en février 2024, `Kun.uz` relatait une compensation de 1,003 milliard de UZS après pollution atmosphérique et stockage illicite de déchets, avec des filtres tombés à 80 % d’efficacité selon les autorités, et des annonces judiciaires visant jusqu’à onze cadres pour fautes environnementales dans la foulée de ce dossier. En septembre 2025, `Gazeta.uz` documentait à nouveau des rejets de substances nuisibles malgré le plan d’action vers 2028, tandis que le ministère de l’Énergie mettait en avant, pour le premier semestre 2025, le respect des plafonds d’émissions après la remontée des filtres à `96 %`. Ce clivage « communiqué conforme / inspection régionale qui sanctionne » crée précisément la zone grise la plus coûteuse pour la crédibilité du « moindre impact ». Enfin, au plan patrimonial, `Gazeta.uz` rapportait au printemps 2023 des pertes trimestrielles de 26,8 milliards de UZS pour cette filiale thermique sous gouvernance contractuelle, signalant une sensibilité économique qui peut retarder la maintenance environnementale.
5. Positionnement stratégique
Yangi Angren est un outil de souveraineté électrique ouzbèke : elle fournit des volumes massifs quand la consommation urbaine monte, mais sous surveillance citoyenne croissante amplifiée par les réseaux sociaux. Les investissements chinois historiques `verrouillent le mix sur le charbon` tandis que les autorités multiplient les feuilles de route de dépollution à l’horizon 2028. Le pari est double : sécuriser le réseau à court terme sans perdre la licence sociale sur l’air de la capitale.
Verdict WattsElse
Entre modernisation chinoise et sévérité environnementale intermittente, Yangi Angren IES incarne le paradoxe des basques carbone : produire des térawattheures pour Tachkent tout en payant au compteur les défauts de filtration—une équation où le souffle politique compte autant que le souffl e des cheminées.
Sources : orginfo.uz · angrentes.uz · china.aiddata.org · tpp.uz · uzdaily.uz · connaissancedesenergies.org · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr · presse.economie.gouv.fr · kun.uz · gazeta.uz · gazeta.uz
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