Aker
Dans l’urgence climatique, le nom « Aker » évoque un holding tout-terrain : pétrole, gaz, chantiers offshore, puis batteries, hydrogène ou CCS.
À propos de Aker
1. Modèle économique
L’écosystème repose sur Aker ASA (holding cotée, longtemps associée à Kjell Inge Røkke) et ses participations : Aker Solutions en ingénierie, intégration et services pour l’énergie offshore ; Aker BP en exploration-production sur le plateau norvégien ; par le passé, Aker Horizons en cleantech. Aker Solutions a publié un chiffre d’affaires de 63,2 milliards de NOK en 2025 (+19 %), un EBITDA hors éléments exceptionnels de 5,3 Md NOK (marge 8,4 %), un carnet de commandes de 64,8 Md NOK et une participation de 20 % dans SLB OneSubsea, source de dividendes significatifs (résultats 2025 Aker Solutions). Le groupe dénombre environ 11 800 salariés au bilan 2025 selon ses publications consolidées (rapport annuel 2025 Aker Solutions). Aker BP indique, dans ses publications 2025, une production de l’ordre de 410 000 à 425 000 barils équivalent-pétrole par jour, un capex annuel d’environ 6,5 milliards de dollars et un dividende annoncé à 2,52 USD par action pour 2025 (rapport du troisième trimestre 2025 Aker BP). La perspective 2026 d’Aker Solutions est volontairement plus basse : 45 à 50 Md NOK de revenus, avec ajustement des capacités (même source résultats 2025).
2. Impact réel
Le profil d’impact est dissymétrique : une part déclarée de 20 % des revenus d’Aker Solutions est rattachée aux énergies renouvelables et solutions de transition en 2025 (rapport annuel 2025 Aker Solutions), ce qui laisse environ quatre-vingts pour cent hors ce périmètre — encore très lié aux chaînes pétrolières et gazières. Côté émissions, les chantiers d’électrification de plates-formes (baisse des scope 1 et 2 en mer) et les projets CCS sont les leviers « bas-carbone » les plus mis en avant ; Aker Solutions est par exemple positionné sur la phase 2 du stockage Northern Lights (contrat Northern Lights — Aker Solutions). Pour le ciment, la facilité Brevik CCS, présentée comme une première industrielle du secteur, s’inscrit dans l’écosystème Longship / Northern Lights (ouverture Northern Lights — Brevik CCS). Aucune fiche publique ADEME ni analyse PPE3 ne centre spécifiquement sur Aker : la comparaison avec les trajectoires françaises ou européennes reste indicative, non normative, pour ce groupe domicilié à Fornebu (Norvège). Dans la presse française spécialisée, Aker Solutions apparaît notamment comme acteur de la fin de vie des plateformes (Connaissance des Énergies) — un angle déconstruction / sécurité environnementale autant que climat.
3. Innovations / partenariats
SLB OneSubsea, détenu à 20 %, concentre l’innovation « sous-marine » ; Aker Solutions vise plus de 9 milliards de dollars de nouvelles commandes OneSubsea sur deux ans dans ses guidances (résultats 2025). Northern Lights — transport et stockage de CO₂ — tient un rôle de pilote industriel auquel le groupe se couple par contrats d’ingénierie et d’intégration (communiqué Aker Solutions). Côté « pure green », Aker Horizons devait incarner hydrogène et éolien offshore en véhicule coté ; la gouvernance a tranché l’inverse : liquidation et retrait de la cote d’Oslo au printemps 2026 (dernier jour de cotation), ce qui referme un pari de cleantech en marché des capitaux tendu.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de discours « transition » tient à un chiffre vérifiable : 20 % du chiffre d’affaires Services étiquetés « renouvelables et transition » en 2025 (rapport annuel 2025 Aker Solutions) pour un volume d’activité record encore dominé par l’offshore fossile — la lecture au standard taxonomie européenne est donc à nuancer. Sur le plan réglementaire, la Cour d’appel de Borgarting a invalidé en novembre 2025 des permis pour trois développements (dont Yggdrasil et Tyrving) au motif d’évaluations d’impact environnemental insuffisantes, avec un débat sur l’absence d’analyse des émissions de combustion (scope 3) dans la décision publique rapportée par la presse, tout en laissant à l’État un délai de six mois pour régulariser sans arrêt immédiat de la production (Reuters). Ce couple cash-flow pétrolier (guidance Aker BP 2025) / incertitude juridique climat illustre une dépendance structurelle au baril, malgré le vernis CCS et électrification.
5. Positionnement stratégique
Aker Solutions capitalise sur un cycle offshore très haut en 2025, puis anticipe un repli 2026 (45 à 50 Md NOK) avec réduction des coûts (résultats 2025) ; Aker BP priorise dividende et investissement sur le plateau (rapport T3 2025). Aker Horizons bascule en liquidation et quitte les marchés publics selon le calendrier porté par Oslo Børs et l’AGE du 26 février 2026 (liquidation — dernier jour de cotation). Signal lisible : l’actionnariat mise sur les cash-cows fossiles et l’ingénierie qui les sert, pendant que la branche « verte » intégrée au listing Aker fait faille.
Verdict WattsElse
Aker, ce n’est pas une start-up climat : c’est un complexe norvégien qui monétise encore massivement le pétrole en mer, pare le risque avec CCS et électrification, et vient de liquider sa fracture « pure play » renouvelable. La suite se jouera au tribunal autant qu’au baril — avec, déjà sur le papier, des permis rapportés comme juridiquement fragilisés (Reuters, novembre 2025).
Sources : akersolutions.com · akersolutions.com · akerbp.com · akersolutions.com · brevikccs.com · connaissancedesenergies.org · akerhorizons.com · reuters.com
Données clés
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