ALARKO
Alarko n’est pas une « pure player » verte : c’est un holding turc dont la cash machine est surtout la distribution d’électricité régulée, pendant qu’un géant du charbon importé pèse encore sur le bilan carbone.
À propos de ALARKO
1. Modèle économique
Le groupe revendique environ 6 000 salariés, 50 filiales et sept domaines d’activité, avec un chiffre d’affaires consolidé de l’ordre de 44 milliards de livres turques en 2024 selon sa présentation corporate (page Alarko Holding). Le cœur économique reste l’énergie régulée : la filiale MEDAŞ couvre six provinces, ~10 % du territoire national, et compte 2,4 million d’abonnés avec 12 milliards de kWh distribués par an au 30 juin 2024, pour une base d’actifs réglementés (RAB) affichée à 16,8 milliards de TL dans la présentation investisseurs — chiffre d’ancrage pour la tarification et les investissements réseau. La même présentation indique que MEDAŞ a représenté ~80 % du chiffre d’affaires consolidé 2023 du holding et ~96 % de l’EBITDA combiné : la distribution n’est pas un volet accessoire, c’est le moteur. Le périmètre industrie (dont HVAC via Carrier), tourisme, construction et désormais l’agriculture en serre diversifie le risque mais ne supprime pas l’exposition à l’énergie wholesale.
2. Impact réel
Côté production, la fiche « Energy Group » du groupe liste une capacité installée d’environ 1 539 MW, avec 1 320 MW charbon sur Cenal et seulement 137 MW d’énergies renouvelables (page Energy Group). Ce mix dwarf les promesses climat : la stratégie « net zéro 2050 » et la baisse d’intensité carbone depuis 2021 sont portées par les rapports de durabilité 2024 (dont versions alignées TSRS et GRI), relayés notamment par l’agence Anadolu. Pour la plaque européenne PPE3 ou les fiches méthodo ADEME, le parallèle est limité : la Turquie n’applique pas le cadre européen ; en revanche, pour un lecteur international, l’actif charbon reste un levier d’empreinte massif tant que la centrale tourne — le référentiel Global Coal Exit List classe encore l’exposition du groupe via Cenal parmi les signaux de sortie de charbon à surveiller côté finance « alignée » climat. Côté réseau, l’impact « bas-carbone » de MEDAŞ est surtout indirect : modernisation, pertes, fiabilité — le gain climat dépend de la décarbonation du mix national que la filiale achète et distribue.
3. Innovations / partenariats
Le holding met en avant une feuille de route numérique et RSE (objectifs eau, diversité au conseil, hausse des investissements innovation « durable » d’ici 2030) dans son cadre durabilité. Sur l’agriculture, il communique une montée en puissance des serres géothermiques à grande échelle pour « verdir » le portefeuille (communiqué agriculture 2025). En gouvernance, le groupe affiche une note de gouvernance relevée à 9,57/10 en septembre 2025 et une présence dans l’indice BIST Sustainability 25, selon ses pages Investor Relations. En charbon, le chantier sensible est industriel et capitalistique : discussions ouvertes fin 2025 pour une structure où Cengiz Enerji prendrait le contrôle opérationnel de la centrale ultra-supercritique de Karabiga (dépêche MarketScreener), en prolongement d’un protocole déjà annoncé autour de la gestion des actifs thermiques.
4. Greenwashing / zones grises
La principale zone grise est comptable autant qu’écologique : tant que Cenal (1 320 MW) reste dans l’orbite du secteur énergétique turc, l’empreinte scope 1 associée au charbon importé structure le profil « climat » du groupe, indépendamment des narratifs agricoles ou des certifications Bourse (fiche centrale Cenal, projet corporate). Le transfert de contrôle vers Cengiz Enerji peut réduire l’exposition consolidée d’Alarko sans éteindre les émissions du pays — classique piège d’apparence de transition (« décarbonation du périmètre » vs réalité atmosphérique). Parallèlement, le régulateur EPDK a notifié en février 2026 le rejet des demandes de prélicence d’Altek pour un portefeuille d’environ 1,5 GW de projets éolien et solaire avec stockage, faute d’avis de raccordement favorable de TEİAŞ ; le groupe évoque des recours possibles (MarketScreener, Mynet Finans). Enfin, la résiliation de licence pour une centrale gaz à cycle combiné de 84,65 MW (Altek), actée fin 2025 selon la presse financière turque (Mynet Finans), rappelle la dépendance aux autorisations : le « pivot EnR » n’est pas une ligne droite.
5. Positionnement stratégique
Alarko joue la carte actifs régulés (RAB en livres turques, licence MEDAŞ jusqu’en 2036 selon la page Energy Group) pour stabiliser les revenus dans un environnement macro TRY et charbon volatils. La stratégie affichée combine communication ESG (TSRS, BIST Sustainability) et recomposition du risque thermique via la prise de contrôle par Cengiz sur Cenal. Les investissements dans l’agritech à base géothermique servent de contre-récit visuel ; leur poids financier reste à mettre en perspective face à MEDAŞ et aux derniers développements réglementaires EPDK.
Verdict WattsElse
Alarko transforme surtout son storytelling et sa structure capitalistique : le fil électrique régulé paie les comptes, le charbon importé a longtemps porté le risque climat, et la vraie transition se jouera à la fois à Ankara (raccordements, licences) et sur les bilans consolidés après la vague Cenal — pas uniquement dans les serres.
Sources : alarko.com.tr · alarko.com.tr · alarko.com.tr · alarko.com.tr · aa.com.tr · coalexit.org · alarko.com.tr · alarko.com.tr · alarko.com.tr · marketscreener.com · gem.wiki · alarko.com.tr · marketscreener.com · finans.mynet.com · finans.mynet.com
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