Bangladesh Power Development Board
Le Bangladesh Power Development Board (BPDB), placé sous le ministère bangladais de l’Énergie, de l’Électricité et des Ressources minières, est au cœur d’un paradoxe cruel : surcapacité nominale, factures impayées massives et part des énergies renouvelables qui peine à dépasser le bas du tableau.
À propos de Bangladesh Power Development Board
1. Modèle économique
Le BPDB achète une grande partie de l’électricité auprès de producteurs indépendants (IPP) et d’autres acteurs, la transporte et la vende essentiellement aux zones urbaines ; il opère aussi une fraction importante du parc national. Le modèle repose sur un écart structurel entre coûts d’achat et recettes tarifaires, comblé par des subventions budgétaires. Pour l’exercice 2024-2025, la presse économique relève des dépenses d’environ 1 210 milliards de BDT pour alimenter le pays contre quelque 693,8 milliards de BDT de revenus de vente, et une perte nette d’environ 170,21 milliards de BDT, soit une hausse d’environ 94 % sur un an — un niveau qualifié de pic historique dans le paysage médiatique national (Bonikbarta). Les pertes techniques (transmission/distribution) sont restées élevées, autour de 10,13 % dans le même contexte (Bonikbarta). En parallèle, des paiements de capacité liés à une surcapacité continuent de peser lourdement sur la facture (Bonikbarta). Les arriérés cumulés vers les producteurs — dette quasi « systémique » du BPDB et de la Division de l’énergie — sont quant à eux suivis au-delà de 503 milliards de BDT à fin février 2026, avec des retards de six à quatorze mois selon les centrales, selon des données citées de la Power Division et du BPDB (Bonikbarta).
2. Impact réel
Pays : Bangladesh (l’entité n’a pas d’homonyme sectoriel crédible hors de ce cadre). Côté climat, le signal est brutal : la capacité installée totale avoisine 28 616 MW tandis que les EnR (solaire, hydro, éolien, biomasse/biogaz) totalisent environ 1 315 MW, soit environ 4,6 % du mix, selon la synthèse d’un rapport de gouvernance publiée par Transparency International Bangladesh en 2025. Autrement dit, plus de 95 % du parc reste hors EnR à l’échelle de ce découpage statistique — dans un pays encore très exposé au gaz, au fioul lourd (furnace oil) et au charbon pour la pilotage de la demande, comme le décrivent les mêmes plages de surcapacité et d’arriérés dans la presse spécialisée (Bonikbarta). Rien à voir avec des trajectoires PPE3 ou fiches ADEME : l’outil réglementaire européen ne s’applique pas ici ; l’évaluation « climat » passe par les cibles nationales (ex. 40 % d’EnR en 2040) et leur décrochage documenté par les analystes du pays (CPD, 2026).
3. Innovations / partenariats
Le BPDB reste le point de passage obligé des appels d’offres et des PPA : en avril 2026, un méga-appel d’offres solaire de 495 MW a été lancé sur une base annoncée en licence ouverte, signe qu’Dhaka cherche à accélérer le rythme côté solaire raccordé (pv magazine). Dans le document de programme annuelle (ADP 2024-2025) figure encore un parc solaire de 100 MW à Madarganj, avec une mise en service ciblée en 2026, aux côtés d’un projet gaz/GNL 400 MW à Raozan — ce qui illustre le double mouvement : EnR tibie et cycle combiné fossile massif (Planning Commission). Sur le foncier, des lignes directrices PPP ont aussi fixé un seuil minimal de 50 MW pour certaines EnR sur terres publiques, ce qui oriente le marché vers de gros projets plutôt que vers une dispersion citoyenne (The Daily Star).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écueil n’est pas le vocabulaire RSE d’une multinationale cotée, mais un écart chiffré entre narration nationale et réalité du mix. TI Bangladesh estime qu’en 2030 la part EnR pourrait plafonner autour de 18,6 %, « très loin » des cibles initiales et des promesses affichées, et qu’une cible de 40 % en 2040 peut relever du wishful thinking compte tenu des retards d’investissement et de gouvernance (rapport intégral TI BD). Ce constat s’aligne avec une part EnR stagnant autour de 4-5 % en capacité (synthèse TI). Sur le volet purement financier, la réduction des subventions budgétaires évoquée dans la même séquence de crise (ex. 620 milliards de BDT puis 370 milliards de BDT selon les lignes directrices fiscales rapportées) accentue le risque que les arriérés ne fassent que reporter la facture fossile sur les producteurs et les banques (Bonikbarta). Côté conflits contractuels, des dommages-intérêts prélevés par le BPDB sur des centrales privées malgré des retards de paiement de six à sept mois alimentent une défiance documentée par la presse au premier trimestre 2026 (The Financial Express).
5. Positionnement stratégique
Le BPDB reste, d’après un exercice académique récent sur la politique solaire, un actionnaire structurel du parc : il détiendrait environ 48 % de la capacité de production nationale, ce qui concentre les décisions stratégiques — et les passifs — entre les mains de l’État (Harvard Kennedy School). L’ambition EnR 2025-2026 (nouvelle Renewable Energy Policy 2025, méga-appels solaires, Madarganj) se joue donc sur fond de quasi-faillite de trésorerie : sans régularisation des 500+ milliards de BDT d’impayés dont parlent les données sectorielles (Bonikbarta), chaque annonce « verte » risque de restreindre le chantier réel au rôle de variable d’ajustement d’une équation fossile.
Verdict WattsElse
Le BPDB est trop gros pour disparaître et trop mal capitalisé pour mentir efficacement : les 170 milliards de BDT de pertes (Bonikbarta) et les 500 milliards de BDT d’arriérés (Bonikbarta) forment un plafond de verre sur la transition affichée. En clair : tant que la facture fossile et les IPP ne sont pas rangées, les mégawatts solaires resteront du cosmétique géopolitique.
Sources : en.bonikbarta.com · en.bonikbarta.com · ti-bangladesh.org · cpd.org.bd · pv-magazine.com · adp.plancomm.gov.bd · thedailystar.net · ti-bangladesh.org · thefinancialexpress.com.bd · rajawali.hks.harvard.edu
Données clés
- Fondée
- 1972
Identifiants publics
- Wikidata
- Q4855365
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