Bereket Enerji
Bereket Enerji n’existe plus sur la carte boursière des labels : depuis la tempête financière turque de 2019, le nom qui compte pour la production « verte » cotée est Aydem Yenilenebilir Enerji, filiale du groupe Aydem Enerji (ex-Bereket), pilotée depuis Denizli.
À propos de Bereket Enerji
1. Modèle économique
Le socle est celui d’un conglomérat turc intégré : production, distribution et commerce de l’électricité, avec une véhicule coté à Istanbul (AYDEM) consacré au portefeuille renouvelable. L’histoire corporate rattache la holding aux premières centrales hydro privées turques portant encore la marque « Bereket », avant le rebranding opéré dans le sillage d’une restructuration de dette colossale initiée lorsque le groupe s’appelait encore Bereket Enerji. Sur le volet purement « Renewables », les comptes 2025 publiés en mars 2026 font état de ventes de 12 920 millions TRY (contre 8 617 millions TRY en 2024, soit environ +50 %), pour une perte nette résiduelle de 2 804 millions TRY, nettement inférieure aux 15 406 millions TRY de pertes l’année précédente (résultats annuels 2025). Côté effectifs, les agrégateurs boursiers placent l’effectif de la société cotée autour de 540–550 personnes en 2025 (profil boursier), chiffre à prendre comme indicateur de marché, non comme audit social. Les revenus restent structuralement sensibles au cadre tarifaire turc (mécanismes type YEK/BEP autour desquels s’organise l’économie des producteurs indépendants).
2. Impact réel
Sur le papier renouvelable, le groupe revendique une montée en puissance rapide : 1 210 MW de capacité installée après une extension éolienne annoncée par la maison-mère (communiqué Aydem Energy). Les documents investisseurs mi‑2025 situent le parc autour de 1,2 GWm avec une génération notable en hydro, en train d’être hybridée au solaire (présentation investisseurs S1 2025_1755678999.pdf)). Mais l’empreinte climat du groupe dans son ensemble ne se lit pas à cette filiale : la centrale charbon/lignite de Yatağan (Muğla) est toujours répertoriée comme un actif d’au moins 630 MW selon Global Energy Monitor, et celle de Çatalağzı comme ≥314 MW selon la fiche GEM. GEM rappelle aussi qu’en août 2021, le ministère turc de l’Industrie a notifié 761 millions de lires de « teşvik » pour la modernisation de Yatağan, prolongeant le verrou temporel charbon sur la côte égéenne. Aucune entrée spécifique n’a été repérée en mai 2026 dans les bases francophones type ADEME ou Connaissance des Énergies pour cette entité, ce qui est logique hors champ PPE français ; l’arbitrage utile se situe plutôt entre alignement avec les trajectoires charbon UE et risques carbone/biodiversité sur place.
3. Innovations / partenariats
Le levier technique majeur est l’hybridation solaire sur sites hydro et le déploiement accéléré PV/éolien, présentés comme réponse au vieillissement du mix hydrodominant. Le groupe a annoncé un plan d’investissement de plus de 2 milliards de dollars sur cinq ans, avec priorité aux parcours renouvelables et à l’expansion régionale (bulletin stratégique). Sur la gouvernance climatique « publique », Aydem Renewables revendique une place régulière sur la CDP A List climat/eau (communiqué CDP), distincte des actifs thermiques. Le détail des contrats d’achat d’électricité ou des appels d’offres publics récents n’est toutefois pas consolidé ici au-delà des extraits investisseurs.
4. Greenwashing / zones grises
La tension n’est pas rhétorique, elle est comptable et géographique. Le 4 mars 2026, la même société qui affiche un « leadership CDP » sur son périmètre renouvelable (note de presse reprise par MarketScreener) publie des pertes nettes de 2,8 milliard TRY malgré un chiffre d’affaires proche de 12,9 milliards TRY (détail des comptes 2025) : la valorisation « climat » se joue donc sur un scope corporate restreint, pas sur la physicalité des ≥900 MW de charbon répertoriés sur Yatağan + Çatalağzı (sources GEM ci‑dessus). Sur le terrain juridique, MUÇEP documente un recours d’oléiculteurs et d’associations contre la loi n°7554 de 2025, accusée de faciliter l’extension minière au détriment d’oliveraies dans la filière lignite ; un autre volet de contestation vise explicitement la centrale de Yatağan. Enfin, la réforme réglementaire de novembre 2025 conférant au président le dernier mot sur les permis miniers alourdit le risque de captation politique autour des gisements qui nourrissent encore le parc thermique.
5. Positionnement stratégique
Le pari est limpide : sortir la valorisation boursière du piège de la dette en présentant un parc « 100 % EnR » coté, tout en conservant des actifs charbon amortis mais politiquement défendus. La sensibilité au mix règlementaire turc (tarification, permis, environnement) fera autant la prime que la décote. À l’échelle UE, tant que le charbon du groupe alimente des chaînes d’approvisionnement ou des interconnexions sensibles, la pression due diligence climat des contreparties européennes pourrait durcir plus vite que les classements CDP ne le suggèrent.
Verdict WattsElse
Bereket a appris à parler vert en Bourse ; Aydem continue de respirer gris sur le terrain : jusqu’à ce que le charbon GEM‑certifié disparaisse du bilan opérationnel, toute étiquette « leader climat » reste un crop sur une photo de groupe. Comme le disent les comptes eux‑mêmes, la croissance du chiffre d’affaires 2025 n’efface pas la perte nette.
Sources : dailysabah.com · marketscreener.com · finance.yahoo.com · aydemenerji.com.tr · aydemrenewablesinvestorrelations.com.tr · gem.wiki · gem.wiki · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · aydemenerji.com.tr · aydemenerji.com.tr · marketscreener.com · mucep.org · mucep.org · turkishminute.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Aalborg Forsyning
Aalborg Forsyning est l’utilité publique municipale qui tient les rênes, au nord du Danemark, d’un chantier à la fois technique et politique : électrifier le chauffage, stocker la chaleur à une échelle quasi-industrielle, ouverte sur le PtX — tout en gardant encore une part charbon inscrite dans le mix jusqu’à la sortie actée fin 2028.
Voir la ficheABB Atom
« ABB Atom » ne figure plus au fronton des comptes consolidés : sous ce nom d’ingénierierie réacteurs et combustible, l’héritier direct de l’ ASEA Atom suédois a surtout voyagé depuis la cession au secteur privé de l’« Atom » historique.
Voir la ficheAdani Power Ltd
Opérateur privé de premier plan sur la flotte thermique indienne, Adani Power Ltd pousse ses comptes : capacité et production au plus haut tandis que des contentieux extérieurs (Bangladesh, marchés américains, régulateur indien) rappellent que la « puissance installée » ne se mesure pas qu’en mégawatts.
Voir la ficheADMIE
Les lignes à très haute tension ne font pas la une comme les parcs éoliens, pourtant c’est là que se joue la capacité de la Grèce à absorber les records d’EnR — et à s’affirmer comme plaque tournante électrique en Méditerranée.
Voir la ficheAdularya Enerjİ Elektrİk Üretİmİ Ve Madencİlİk A.Ş.
Derrière un nom de société obscur se cache l’un des dossiers charbon les plus sensibles de Turquie : la mine et la centrale « mine-to-mouth » Yunus Emre, conçues par Adularya Enerji Elektrik Üretimi ve Madencilik A.Ş.** et désormais contrôlées par Doruk après la liquidation politico-financière de Naksan et la vente orchestrée par le TMSF.
Voir la ficheAdvanced Control Systems
On la cherche encore sous son vieux nom d’Advanced Control Systems : cette pépite géorgienne du contrôle temps réel des réseaux électriques est désormais le fer de lance OT d’Indra côté SCADA, ADMS** et intégration IT/OT.
Voir la ficheAena
Aena incarne le paradoxe de la transition aéroportuaire : comptes dopés par le trafic, feuille de route carbone affichée au millimètre, et une trajectoire sectorielle qui continue de gonfler l’empreinte des vols.
Voir la ficheÅ Energi
Le groupe norvégien incarne une intégration verticale rare en Europe : cascades domestiques d’hydroélectricité, réseaux, commerce et prestations ; après un record d’investissements pour le réseau et l’eau vers 2035, il reste pris dans le filet tarifaire d’un marché européen volatilisé et méfiant à l’égard du monopole local de distribution et des pics de…
Voir la fiche