Goodwill Power Plant
Goodwill Power Plant n’est pas une « start-up climat » : c’est une coquille juridique qui rattache le sud morave à l’empire énergétique de Tomáš Krsek.
À propos de Goodwill Power Plant
1. Modèle économique
La Goodwill Power Plant, s.r.o. (IČO 28335708, créée le 2 avril 2009) apparaît comme une société à responsabilité limitée à capital social de 200 000 CZK, détenue à 100 % par BHM Power SE, elle-même portée par l’écosystème d’investissement BHM (extrait du registre publié en février 2026). Son objet déclaré inclut notamment le courtage et le négoce (activités « Zprostředkování obchodu… » dans le même extrait), ce qui cadre avec un véhicule d’actifs ou de flux commerciaux plutôt qu’avec un producteur intégré visible seul sur les annexes environnementales. Les agrégateurs tchèques estiment un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 60 à 100 millions CZK et un effectif très réduit (1 à 5 salariés) sur la période récente (Detail.cz) : profile type de filiale légère pilotée par la maison mère et les équipes du groupe (y compris Winda Energy à Helsinki, selon la communication du groupe). La valeur économique « visible » pour un lecteur français se situe donc surtout en amont et en aval, via les pipelines et cessions du groupe, pas sur la ligne comptable isolée de cette entité.
2. Impact réel
L’impact climat directement attribuable et chiffré à Goodwill Power Plant n’est pas documenté dans des rapports RSE ou inventaires carbone publics que nous ayons trouvés ; en revanche, le BHM du même univers opère des portefeuilles éoliens et solaires à l’échelle équivalente centrale — la plateforme affiche par exemple un pipeline d’environ 4 500 MW en Europe (éolien, solaire, stockage) (BHM Renewables). Le groupe revendique aussi un nouveau projet BESS 50 MW / 100 MWh en Finlande avec Second Foundation (BHM Renewables). Pour un lecteur habitué au PPE et aux débats ADEME en France, l’enseignement est simple : cette SPV illustre le découplage entre petites structures nationales et grands volumes déployés ailleurs dans l’UE ; aucune donnée trouvée ne permet de rapprocher Goodwill des trajectoires françaises sans extrapolation abusive.
3. Innovations / partenariats
Les annonces récentes passent par la marque BHM Renewables et ses partenaires : stratégie éolienne à grande échelle en Finlande (communication sur 3 GW en développement avec Winda Energy — article BHM Group), partenariat avec le fonds français Conquest pour la construction de projets éoliens additionnels totalisant 500 MW (communiqué BHM), et cession d’un portefeuille éolien de 220 MW en Finlande à BlackRock pour 7,1 milliards CZK (annonce BHM 2021). Côté Tchèquie, le groupe met en avant un nouveau pipeline éolien d’environ 80 MW malgré des délais administratifs très longs (BHM Renewables). Ce ne sont pas des « innovations de rupture » de type cleantech deep tech, mais un modèle développeur-cédant-investisseur institutionnel classique des années 2020 en éolien européen.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas un slogan « net-zero » sur Goodwill, mais un maillage financier et réputationnel : les parts sociales sont grevées d’un nantissement portant sur des créances jusqu’à 288 000 000 CZK, avec effet jusqu’au 31 décembre 2038, la créance ayant migré vers Gomanold a.s. après fusion de la banque créancière d’origine (publication registre, février 2026) — signal fort de dépendance au crédit et de complexité juridique pour une structure qui, sur le papier, reste « légère ». Sur le volet éthique et gouvernance, des enquêtes journalistiques transfrontalières ont documenté le parcours letton de Tomáš Krsek et du groupe BHM, incluant des soupçons liés à Škoda Transportation et un volet pharma Olainfarm (Journalismfund Europe ; HlídacíPes sur la tentative sur Olainfarm) : il s’agit d’allégations et procédures médiatisées, non d’un verdict retenu contre Goodwill elle-même, mais d’un contexte de diligence pour tout financeur vert. Enfin, le groupe assume publiquement une critique sévère des freins au vent en République tchèque (références aux CFD et aux délais) (blog BHM 2025), ce qui limite la crédibilité d’un récit « succès national » tant que les textes ne bougent pas.
5. Positionnement stratégique
La mutation de Brno vers Prague au 18 février 2026, en cohérence avec le siège de BHM Power SE, ressemble à une centralisation de gouvernance pour aligner cette SPV sur le commandement du groupe (extrait registre). Stratégiquement, BHM joue une double coupe : liquidité et échelle sur les marchés nordiques et institutionnels, option régalienne sur la Tchéquie dès que le cadre des enchères et permis se dérigidifie. Dans un marché européen de l’éolien où les grands fonds mangent les pipelines mûrs, Goodwill incarne la couche nationale d’une machine offshore-incorporation financière.
Verdict WattsElse
Goodwill Power Plant est l’adresse tchèque où l’on range les titres quand le groupe vend du vent en Finlande à BlackRock et s’allie à Conquest — utile, donc, mais surtout révélatrice de qui capte la valeur : pas le logo sur la tour, le courrier du registre et le calendrier des sûretés jusqu’en 2038.
Sources : rejstrik-firem.kurzy.cz · ov.ihned.cz · detail.cz · bhmrenewables.eu · bhmgroup.eu · bhmgroup.eu · bhmgroup.eu · journalismfund.eu · hlidacipes.org · bhmgroup.eu
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
FVE Polom
Une SPV de 200 000 couronnes qui tient encore un parc au sol là où le solaire tchèque fait la course en tête : voilà FVE Polom, acteur minuscule sur un marché en pleine accélération, et souvent pris dans le vent de grands développeurs aux initiales voisines.
Voir la ficheSAPOVAL
Sapoval vend du traitement d’effluents et de la valorisation des graisses là où l’industrie et les collectivités peinent à tenir la ligne réglementaire sans exploser la facture.
Voir la ficheMinistry for Industry and Minerals
Le sigle anglais « Ministry for Industry and Minerals » désigne, dans les faits, le ministère irakien de l’Industrie et des Minéraux — pas le ministère du Pétrole, mais un pivot de l’aval hydrocarbure : pétrochimie, engrais, produits pour le traitement de l’eau et l’industrie lourde, concentrés autour de la State Company for Petrochemical Industries (SCPI)…
Voir la ficheVattenfall Juktan Vind AB
** À la frontière du Västerbotten, neuf éoliennes de 29 MW tournent depuis 2015 sans faire la une — jusque-là, l’histoire est banale pour une EnR suédoise.
Voir la ficheHeyliot
La start-up qui met des capteurs dans les poubelles pour éviter que nos déchets fassent vraiment le bazar.
Voir la ficheGuangdong Datang International Leizhou Power Generation Co Ltd
À Leizhou, dans l’ouest du Guangdong, une filiale du géant Datang fait tourner l’un des blocs charbon les plus puissants de la province : ultra-supercritique, raccordé au réseau, rentable quand le charbon reste roi côté comptes du groupe.
Voir la ficheDhaka Northern Power Generations Limited
Une centrale au fioul lourd peut nourrir un groupe coté à Dhaka — et en même temps l’exposer aux retards de paiement d’un acheteur unique, la BPDB.
Voir la ficheNelja Energia OU
Le nom Nelja Energia renvoie au développeur estonien de renouvelables racheté en 2018 par Enefit Green, devenu le fer de lance éolien et solaire autour de la mer Baltique.
Voir la fichePalermo Solar SpA
Le « SpA » évoque presque mécaniquement l’Italie et ses sociétés cotées ou structurées en capital ; « Solar » promet du kilowattheure vert.
Voir la ficheLASERLAB EUROPE AISBL
Une AISBL bruxelloise coordonne virtuellement des dizaines de salles lasers : ce n’est ni un producteur ni un fournisseur, mais un quasi-ministère de la politique européenne de la recherche, dont le lien avec l’énergie passe surtout par la longue traîne de l’innovation (batteries, diagnostic, matériaux) et, plus spectaculaire, par la fusion inertielle.
Voir la ficheIgnite Energy Access
Fournisseur africain d’énergie solaire qui allie défi électrique local et ambition globale, souvent entre espoir et bureau détaché à Abu Dhabi.
Voir la ficheLongyuan Power
Côté cotation à Hong Kong, côté actionnaires d’État : China Longyuan Power incarne l’échelle industrielle d’où se joue l’électrification chinoise.
Voir la ficheGPSC
GPSC n’est pas la commission des concours de l’État du Gujarat : c’est Global Power Synergy Public Company Limited, filiale électricité du groupe thaïlandais PTT, dont le site corporate confirme la raison sociale en thaï et l’acronyme anglais sur gpscgroup.com.
Voir la ficheReNew Power
ReNew Energy Global ne joue pas dans la catégorie des start-up solaires de comptoir : c’est l’un des plus gros producteurs d’électricité renouvelable en Inde, avec une story boursière à l’américaine et une réalité opérationnelle profondément indienne.
Voir la ficheSinochem Group
Conglomérat public chinois né de la fusion avec ChemChina, Sinochem incarne à la fois la montée en puissance de la chimie nationale et ses fractures : finances qui plombent les filiales cotées, stratégie « verte » contrastée avec une exposition massive au pétrole, et désormais un bras de fer européen autour de Pirelli où Rome joue les garde-fous face à…
Voir la ficheNippon Paper Mega Solar Komatsushima LLC
Un petit opérateur photovoltaïque à la géographie impeccabilisée — l’île de Shikoku — est surtout un chapitre de la stratégie « terre + revenus récurrents » d’un géant de la cellulos…
Voir la ficheM2 Solar
Derrière « M2 Solar », pas de grand groupe coté ni de bilan consolidé public : vous croisez plutôt un calque marketing australien, des installateurs français qui jouent au judo avec l’annuaire RGE, et une gamme de modules fabriquée en Asie.
Voir la ficheSolgrid
Pays non précisé dans votre brief : en réalité, c’est la Norvège (et la Suède voisine) qui porte le dossier Solgrid : développeur de parcs PV au sol avec un portefeuille annoncé au-delà du gigawatt, alors que les autorisations de l’agence hydraulique nationale et les conflits fonciers tordent la courbe locale.
Voir la ficheHIDROPALOMA S.A.
Mini-centrale dans une Coquimbo assoiffée, filiale d’un groupe italien rodé au « water to wire » : Hidropaloma incarne l’hydro au Chili comme promesse techniquement propre, politiquement tendue, et thermomètre direct des stocks du Limarí.
Voir la ficheFreja Agri AB
Sous ce nom exact, vous attendez peut‑être une licorne de la transition ; vous tombez sur une fiche d’annuaire près de Lidköping.
Voir la ficheRödjans Lantbruks AB
Le fichier WattsMonde dit « énergies renouvelables », mais ni registre ni réseau ne livrent une Rödjans Lantbruks AB crédible : vous êtes face à une étiquette sans corps juridique stable et à une constellation de « Rödjans » agricoles qui ne tiennent pas le même langage que les fermes investissant des millions en biogaz ou PV.
Voir la ficheTechnipFMC
TechnipFMC capitalise à fond sur les investissements pétrogaziers sous-marins tandis qu’elle présente CCS et éolien flottant comme un second socle.
Voir la ficheimproveHeat
Dans l’industrie, la chaleur se dissipe souvent en silence, puis en facture.
Voir la ficheTechnopôle de l'Environnement Arbois-Méditerranée
Le technopôle de l’environnement Arbois-Méditerranée n’est pas une « vitrine verte » : c’est une infrastructure métropolitaine qui tente de faire tenir ensemble recherche, startups et foncier public sur un seul campus, au prix de tensions réelles — budgétaires, de mobilité, et parfois de légitimité entre filières.
Voir la fiche