Autres énergies

Caisse des Dépôts

La Caisse des dépôts et consignations n’est pas une « entreprise énergie » au sens étroit : c’est le bras financier de l’État actionnaire, tisseur de Banque des Territoires, CDC Habitat, épargne réglementée et gestion d’actifs à l’échelle continentale.

« Banquier publique du long terme sous le feu des pourcentages climat »

À propos de Caisse des Dépôts

1. Modèle économique

L’institution, fondée en 1816, mutualise l’épargne confiée par la loi, finance les collectivités, le logement social et les infrastructures longues, et pilote un groupe dont les résultats consolidés font l’objet d’une présentation officielle 2024 : on y lit notamment un chiffre d’affaires de 34,6 milliards d’euros (+1,5 % sur 2023) et un bilan agrégé de 1 388 milliards d’euros. Côté emploi direct en France, le bilan social 2024 compte 27 329 salariés du groupe (Transdev inclus). Les revenus viennent de la banque, de l’assurance, de la gestion d’actifs et des métiers territoriaux ; la contrepartie politique est constante : servir des priorités nationales (logement, territoires, transition) tout en préservant la solidité comptable.

2. Impact réel

Sur le volet climat, le groupe publie des agrégats lourds : dans l’extrait « Plan de transition » du rapport de durabilité 2024, 27,9 milliards d’euros ont été « mobilisés pour la transformation écologique » au 31 décembre 2024, avec 75 % d’énergies renouvelables dans la consommation propre du groupe (objectif avancé d’un an). Les émissions financiées en scopes 1 et 2 des contreparties sont comptabilisées à 59,3 MtCO₂e en 2024 contre 45,6 Mt en 2023 — le document invoque un élargissement du périmètre de mesure pour expliquer la hausse. L’Rapport investisseur responsable 2024 indique 1 264 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 54 % jugés alignés avec l’accord de Paris, 10,7 milliards d’euros de flux fléchés vers la transition par les entités financières, et une empreinte scope 3 des contreparties estimée à 179 MtCO₂e avec un taux de couverture de 34 % seulement : la photographie « réelle » reste donc pixelisée sur près des deux tiers des encours.

3. Innovations / partenariats

Le rapport d’activité 2024 accessible met en avant 516 millions d’euros pour le programme EduRénov et 3 600 bâtiments scolaires financés, 39 000 logements sociaux rénovés via la Banque des Territoires, et une ambition 900 MW d’EnR en trois ans via une plateforme d’investissement avec Reden. Sur le photovoltaïque, la filiale Solarhona (CNR / Banque des Territoires) a annoncé un accord bancaire pour financer jusqu’à un millier de centrales d’ici 2034, levée typiquement présentée autour de 100 millions d’euros pour accélérer le déploiement en France.

4. Greenwashing / zones grises

La critique la plus structurante est étrangère au vocabulaire vague : en avril 2025, Reclaim Finance pointe l’opacité sur les lignes de portefeuille et les votes en assemblées, thème repris par la presse et le décryptage RSE Magazine. L’ONG avance une exposition fossile de l’ordre de 10 milliards d’euros ; la CDC réplique via une réponse publique dédiée et plaide une exposition inférieure à 5 milliards selon ses propres définitions. Côté indicateurs « verts », l’RIR 2024 affiche 1,63 % des encours dans des entreprises fossiles (pondération chiffre d’affaires) et 0,01 % résiduels sur le charbon thermique en gestion d’actifs — chiffres qui paraissent modestes en pourcentage mais s’inscrivent dans un total d’encours gigantesque, donc matériel en euros absolus. Enfin, la hausse des émissions financées scopes 1 & 2 et le scope 3 partiellement couvert nourrissent le risque de lecture paradoxale : communication d’alignement Paris massif d’un côté, trajectoire comptable encore floue de l’autre.

5. Positionnement stratégique

Le groupe capitalise sur son rôle d’investisseur systémique dans la rénovation, les EnR et les territoires, calé sur les trajectoires nationales de décarbonation dont les jalons sectoriels (PPE, stratégie bâtiment, finance durable) fixent le tempo réglementaire et les attentes des Financements verts. La cible affichée de 60 % d’actifs alignés Accord de Paris d’ici 2028 — rappelée sur la fiche stratégie climat du site groupe — sert de boussole publique, tandis que la polémique Reclaim / CDC d’avril 2025 (synthèse dans *Le Monde*) rappelle que la bataille se gagne (ou se perd) sur la granularité des données autant que sur les montants annoncés.

Verdict WattsElse

La CDC incarne le paradoxe français de la transition : des volumes impressionnants côté béton renouvelé et bâtiments, une stratégie climat affichée en pourcentages d’alignement — et une guerre des définitions sur les fossiles tant que les portefeuilles ne sont pas lisibles ligne par ligne. Tant que 10 ou moins de 5 milliards resteront des armes de communication mutuelles, l’épargne citoyenne ne saura pas laquelle des deux vérités comptables est la sienne.

Sources : fr.wikipedia.org · caissedesdepots.fr · caissedesdepots.fr · caissedesdepots.fr · caissedesdepots.fr · caissedesdepots.fr · caissedesdepots.fr · rse-magazine.com · caissedesdepots.fr · lemonde.fr

"Chez Watts Else?, nous analysons les acteurs de l'énergie avec un regard critique et pédagogique. Notre objectif est de vous aider à comprendre qui fait quoi dans la transition énergétique."

Analyse IA

Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.

Voir toutes les entreprises

Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition

Autres acteurs de l'écosystème