Central Hidroelectrica del Ter
Sur le Ter, la « central hidroeléctrica » n’est pas qu’une ligne dans un bilan : c’est une chaîne de barrages et d’ouvrages qui articulent électricité, eau potable et crises climatiques.
À propos de Central Hidroelectrica del Ter
1. Modèle économique
La dénomination Central Hidroeléctrica del Ter recouvre, selon les éléments disponibles, le complexe hydroélectrique en cascade sur le fleuve Ter (notamment les ouvrages de Sau, Susqueda et Pasteral), au cœur d’un système de stockage qui compte environ 400 hm³ cumulés sur le bassin (fiche bassin du Ter). Endesa Generación en est l’exploitant pour l’ouvrage majeur de Susqueda (dossier iAgua). Il n’existe pas, dans la documentation consultable en ligne, de comptes socials ou de chiffre d’affaires isolé pour cette entité comme société à part entière : l’activité est emballée dans la comptabilité d’Endesa et de ses concessions hydrauliques catalanes. Côté investissement direct, le groupe a annoncé 31,6 millions d’euros en 2024 pour l’optimisation et la maintenance de ses centrales hydrauliques en Catalogne (communiqué Endesa), enveloppe qu’il convient de lire comme régionale et non exclusive au seul Ter. Le revenu « modèle » reste classique pour l’hydro de concessions : production vendue sur les marchés de l’électricité, avec une sensibilité forte aux volumes d’eau disponibles et aux ordres de priorité entre usages.
2. Impact réel
L’hydro sur le Ter joue un rôle de réserve stockée et de flexibilité au milieu d’un parc espagnol qui peaufine l’intégration des EnR variable. La référence technique la mieux documentée pour le bloc principal porte sur Susqueda : environ 86,2 MW installés et 180 GWh/an en moyenne indicatives selon la fiche patrimoniale de la vallée (production Susqueda, Ruta del Ter). À l’échelle catalane, la production hydro des bassins internes, dont le Ter, a bondi de 62 % en 2024 par rapport à 2023 au sortir d’une période sévère (article *Ara*) — signal que le bilan carbone de l’électricité locale a été temporairement plus favorable, mais par la météo autant que par la « durabilité » intrinsèque du schéma. Vue depuis la France et la logique PPE3 / flexibilité, ce type d’actif incarne l’ambiguïté contemporaine de l’hydro : bas-carbone, mais rival de l’eau douce dès que la sécheresse s’installe.
3. Innovations / partenariats
Le volet « innovation » visible côté exploitant passe surtout par la modernisation d’équipements : Endesa met en avant, pour 2024, le remplacement de turbines et des aménagements limitant l’usage d’huiles lubrifiantes sur plusieurs sites catalans, avec des gains de rendement attendus (communiqué Endesa). Sur le bassin, le cadre concessionnaire évolue aussi : la presse spécialisée relie la prolongation possible des titres à des durées réservées au pompage-turbinage (analyse *El Triangle*), thème qui concerne davantage le stockage futur que la configuration historique Sau-Susqueda-Pasteral, mais qui redistribue les cartes réglementaires autour des mêmes cours d’eau.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque narratif n’est pas la « pureté » du kilowattheure : c’est la collision d’usages. En 2025, le réservoir de Sau est tombé à 6,5 % de sa capacité dans une opération explicitement liée à la gestion qualitative et quantitative vers Susqueda (environ 40 %) (*La Vanguardia*) — un chiffre qui dit la pression sur la ressource mieux que n’importe quelle plaquette RSE. Sur le débit environnemental du Ter, la phase d’urgence a vu un débit réservé ramené à 0,6 m³/s (600 l/s) alors que des voix locales rappellent un référentiel habituel plus élevé (*El Món*). Parallèlement, l’échéance des concessions crève la surface : la Generalitat a repris la gestion publique de Can Trinxet au 31 juillet 2024 après expiration de la concession sur le même fleuve (note de presse du gouvernement catalan), tandis qu’un travail d’investigation sur l’opérateur historique pointe l’empilement juridique autour de la durée des titres et un volume régional de l’ordre de 2 087 MW et 54 concessions pour Endesa en Catalogne (enquête *El Crític*). Rien de « neutre » : chaque vague de mise à l’échelle du fleuve est un arbitrage politique.
5. Positionnement stratégique
Après la tension extrême sur l’eau, le système Ter–Llobregat affiche une remontée des réserves jusqu’à environ 64 % au 5 avril 2025, avec levée d’urgence pour l’approvisionnement d’environ six millions de personnes (*ABC*) — un signal récent qui rallonge le souffle opérationnel de l’hydro tout en confirmant que la priorité absolue n’est pas l’électricité. Pour Endesa, le levier est double : entretenir un parc vieillissant et défendre un mur réglementaire en mutation (communiqué 2024) ; pour les pouvoirs publics, il s’agit de tenir câble entre sécurité sanitaire et continuité énergétique — un équilibre que la sécheresse structurante rend plus instable qu’un simple cycle prix-volume.
Verdict WattsElse
Ici, le « vert » se mesure au mètre cube autant qu’au gramme de CO₂ évité : tant que le robinet de millions d’habitants prime sur la turbine, la valeur stratégique du Ter est celle d’une assurance sécheresse — pas celle d’une EnR dépolitisée.
Sources : iagua.es · iagua.es · endesa.com · rutadelter.cat · es.ara.cat · eltriangle.eu · lavanguardia.com · elmon.cat · govern.cat · elcritic.cat · abc.es
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