Helsingin Energia
La capitale finlandaise a éteint son dernier bloc charbon au printemps 2025 : pour Helen Oy — ex-Helsingin Energia, né en 1909 — l’épreuve n’est pas seulement industrielle, elle est politique : réconcilier chauffage urbain, prix pour les citoyens et rentabilité dans un marché européen de l’électricité volatil.
À propos de Helsingin Energia
1. Modèle économique
Helen est une société d’énergie détenue par la ville d’Helsinki ; elle monétise surtout la vente d’électricité (y compris au détail sur tout le territoire finlandais), le chauffage et la climatisation urbains à Helsinki, ainsi que des services connexes (réseaux, flexibilité, mobilité électrique selon les filiales). En 2024, le groupe a publié un chiffre d’affaires consolidé de 1 523 millions d’euros et un résultat d’exploitation de 159 millions d’euros, avec des investissements bruts de 600 millions d’euros dont 565 millions orientés vers la transition « propre » selon le groupe (communiqué financier 2024). En 2025, les ventes consolidées reculent de 10 % à 1 373 millions d’euros, mais le résultat d’exploitation grimpe à 189 millions d’euros (communiqué financier 2025). L’effectif du groupe s’est situé autour de 777 personnes en moyenne sur l’exercice 2024 selon la publication annuelle du groupe (Helen in 2024). Une ramification récente du périmètre concerne le commerce de détail après intégration de Väre, présentée comme facteur de leadership sur le marché finlandais de l’électricité au détail en 2025 (communiqué financier 2025).
2. Impact réel
La séquence la plus lisible pour le climat est l’arrêt de la production à base de charbon à Salmisaari le 1ᵉʳ avril 2025, acte relayé par la presse nationale et l’industrie comme une étape-clé pour la Finlande (article Yle, dépêche Reuters). Helen affirme que ses émissions annuelles ont été divisées par deux en 2025 par rapport à 2024 (communiqué financier 2025). Sur le mix « décarboné », le groupe indiquait 63 % de production « neutre en carbone » fin 2024, contre 36 % en 2022 (communiqué financier 2024). Côté renouvelable hors réseau urbain, il revendique plus de 900 MW d’éolien opérationnels en Finlande fin 2025 après achèvement du parc de Niinimäki (communiqué financier 2025). Pour le chauffage urbain, les médias ont mis en avant une baisse des tarifs d’environ 5,8 % en moyenne pour 2025, argumentée par l’électrification (article Yle).
3. Innovations / partenariats
Pour substituer le charbon à Salmisaari, Helen a mis en service une unité à pellets de 153 MW et 100 MW de chaudières électriques début 2025 (annonces Salmisaari). Sur Hanasaari, un programme combine 200 MW de chaudières électriques supplémentaires et 1 000 MWh de stockage thermique pour 2026–2027, et un projet Patola vise 100 MW de pompes à chaleur air-eau complétées par des chaudières électriques sur le même horizon (communiqué financier 2024). La stratégie « post-combustion » inclut aussi la flexibilité par batteries — dont un parc cité parmi les plus importants du pays à Nurmijärvi fin 2025 (communiqué financier 2025) — et un volet nucléaire SMR avec évaluations d’impact environnemental sur trois sites selon le même document (communiqué financier 2025).
4. Greenwashing / zones grises
Le pivot biomasse n’est pas qu’un slogan : Helen annonce explicitement 153 MW neufs à pellets pour tenir le réseau après le charbon (annonces Salmisaari). Ce choix s’inscrit dans une controverse plus large sur la neutralité carbone « comptable » du bois-énergie et sur la pression sur les puits forestiers, documentée au niveau européen par la presse spécialisée et des prises de position d’organisations scientifiques et associatives (Energy Monitor, lettre ouverte scientifiques et ONG). Parallèlement, la fin du charbon pour Helen ne signifie pas la fin du charbon dans la loi nationale du jour au lendemain : la presse internationale rappelle qu’une interdiction totale en production n’interviendra qu’en mai 2029 et que subsistent des usages résiduels ou de réserve (dépêche Reuters). Sur le plan financier, le groupe note lui-même une rentabilité affaiblie de la production d’électricité face aux prix de marché malgré un résultat global en hausse (communiqué financier 2025), ce qui pose la question de la solidité du modèle lors des futures phases d’investissement SMR.
5. Positionnement stratégique
Helen vise à incarner un opérateur urbain intégré : réseaux, renouvelables à grande échelle, électrification du chauffage et pilotage de flexibilité. Dans un pays dont la neutralité carbone est un horizon national à 2035 selon les présentations institutionnelles finlandaises (portail Finlande), le groupe joue la carte du volume bas-carbone et du prix maîtrisé pour les clients à Helsinki, tout en externalisant une partie du risque via les marchés de gros et des paris technologiques longs (SMR). Les documents récents insistent sur la combinaison éolien + stockage + réseau de chaleur, avec une fenêtre d’exécution très dense jusqu’à la fin de la décennie (communiqué financier 2025).
Verdict WattsElse
Helen a franchi un seuil symbolique fort avec Salmisaari, mais sa trajectoire ressemble à un relai par technologies encore contestées (biomasse forestière, nucléaire modulaire) dans un contexte où la valeur ajoutée se joue autant sur la géopolitique du prix de l’électricité que sur les slogans climatiques.
Sources : helen.fi · helen.fi · helen.fi · yle.fi · reuters.com · helen.fi · energymonitor.ai · forestdefenders.org · finland.fi
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