Confidence Power Rangpur Limited
** Centrale thermique « privée » accrochée au réseau bangladais, Confidence Power Rangpur Limited encaisse les effets cumulés d’un contrat d’achat étatique et d’un combustible importé.
À propos de Confidence Power Rangpur Limited
1. Modèle économique
Confidence Power Rangpur Limited (CPRL) opère une centrale IPP de 113 MW en puissance nette — gazoles lourds (HFO), 16 moteurs Bergen et deux turbines MAN selon le portefeuille du groupe — installée à Pairaband (Mithapukur, division de Rangpur). La production est vendue au Bangladesh Power Development Board (BPDB) dans le cadre d’un contrat qu’Energy Transition BD situe sur 15 ans, avec une mise en service commerciale au 12 août 2019 et une fin de période contractuelle le 11 août 2034. L’entreprise s’inscrit dans Confidence Power Holdings, lui-même au sein d’un conglomérat dont la branche « power » revendique une capacité d’environ 393,6 MW en HFO pour l’ensemble des actifs thermiques opérés. Chiffre d’affaires ou marge spécifiques à CPRL : non publiés de manère aisément isolable dans les extraits consultés ; en revanche, le groupe ciment tire parti de la filière énergie pour diversifier, pendant que la maison mère Confidence Cement a annoncé un bénéfice net de 75,33 crore de taka pour l’exercice clos en juin 2024 et une manœuvre de cession de participation sur son cimentier de Dacca à hauteur d’environ 1,41 milliard de taka (septembre 2025) pour soulager un bilan tendu.
2. Impact réel
Le site est un producteur quasi exclusivement fossile au fioul lourd : son bilan carbone se lit au niveau du pays, où l’électricité reste dominée par les énergies fossiles. À l’échelle du Bangladesh, la part des combustibles fossiles dans la production d’électricité demeure massive (ordre de grandeur documenté par les institutions internationales : profil énergétique du Bangladesh). Il n’existe pas, selon les éléments publics rassemblés, de « quota » EnR ou de séquestration carbone propre à CPRL : l’usine injecte dans un réseau où la décarbonation annoncée par les plans nationaux reste un chantier de moyen terme — sans équivalence directe avec la Programmation pluriennuelle de l’énergie (PPE) en France, mais avec le même enjeu : retarder la sortie du fossile coûte cher en CO₂ et en devises.
3. Innovations / partenariats
Le « package » technique est celui des grandes centrales à moteurs alternatifs haut rendement (Bergen, avec chaîne décrite par le portefeuille CPHL) complétée par de la récupération sur turbine, plutôt qu’une rupture technologique bas-carbone. Les partenariats décisifs sont contractuels : PPA avec l’État, achats de combustible importé, financement bancaire — la structure relève du montage IPP classique en Asie du Sud, où le risque de contrepartie publique structure les marges autant que le prix du baril indirectly via le HFO.
4. Greenwashing / zones grises
La principale zone grise n’est pas le vocabulaire RSE : c’est la contradiction étatique entre impayés récurrents et pénalités imposées aux producteurs. D’après la presse spécialisée, le BPDB aurait retenu environ 2,49 milliards de taka de « dommages-intérêts liquidés » sur plusieurs centrales entre 2021 et 2024, thématique sur laquelle The Business Standard détaille des prélèvements contestés au motif d’arrêts liés aux manques de carburant — manques que les IPP imputent aux retards de paiement du BPDB (retards évoqués en ordre de 6 à 7 mois, créances sectorielles très élevées). Le même courant médiatique cite explicitement Confidence Power Bogura et Confidence Power Rangpur parmi les installateurs lourdement exposés aux créances publiques. Ce n’est pas du greenwashing de surface : c’est un risque de crédit climatique — la planète ne « négocie » pas les PPAs, mais les producteurs thermiques subissent une double dépendance : carbone et souveraineté de paiement.
5. Positionnement stratégique
D’ici 2034, la centrale vit sa maturité de contrat dans un pays qui cherche à verdir le mix tout en subissant la volatilité des importations fossiles. Pour CPRL, l’horizon stratégique se confond avec celui du groupe : dette court terme importante côté ciment, marché des capitaux bousculé (projet d’augmentation de capital rejeté par la BSEC en 2024), et besoin de liquider des actifs non stratégiques. La « transition » pour cette filiale, ce n’est pas un switch technologique annoncé : c’est la survie du modèle IPP bangladais tant que le BPDB paie — ou pas.
Verdict WattsElse
CPRL illustre la transition énergétique par l’arrière-plan : une machine à cash fossile prise en étau entre créances souveraines et dette privée. Tant que le fioul finance la stabilisation du réseau, le bilan carbone du pays ne tournera pas — et tant que l’État tarde à régler ses factures, les machines à Rangpur ne sont qu’un symbole de puissance sans marge de manœuvre climatique.
Sources : cphlbd.com · energytransitionbd.org · thefinancialexpress.com.bd · cphlbd.com · cpeplc.com · tbsnews.net · thefinancialexpress.com.bd · iea.org · entreprises.gouv.fr · today.thefinancialexpress.com.bd · tbsnews.net · bmirror.net
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