Công ty CP Thủy điện Sông Tranh 3
Centrale modeste sur le papier, dossier lourd sur le terrain : au Quảng Nam, la Công ty CP Thủy điện Sông Tranh 3 incarne l’hydraulique « vert » dans le giron d’un groupe pétrogazier, pendant que des ménages dénoncent encore l’opacité des indemnisations riveraines.
À propos de Công ty CP Thủy điện Sông Tranh 3
1. Modèle économique
La société est identifiée comme filiale de PV Power (l’électricien pétrogazier de PetroVietnam) et consacre son cœur de métier à la production hydroélectrique sur la rivière Sông Tranh, avec deux groupes et une puissance installée de 62 MW selon la fiche groupe PV Power. La recette repose classiquement sur la vente d’électricité au réseau national, sous contraintes de dispatch et de prix administrés — logique standard des IPP/centrales intégrées au Viet Nam. Le profil fiscal public repère le numéro d’entreprise 4000491820 et un ancrage administratif entre huyện Hiệp Đức et huyện Tiên Phước (fiche d’identification fiscale). Chiffre d’affaires consolidé, marge et effectif de cette filiale précise : non retrouvés dans les extraits corporate ou presse consultés pour la rédaction ; un rapprochement macro avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) ou les fiches sectorielles type ADEME n’apporte pas de lecteur chiffré direct sur ce site vietnamien.
2. Impact réel
En production, l’hydraulique offre un contenu carbone direct très faible par kWh par rapport au charbon ou au cycle combiné gazier — argument massif pour le bilan climatique local de l’électricité injectée. L’ampleur annuelle servie au réseau par cette seule filiale n’est toutefois pas isolée dans les documents PV Power analysés ici, alors que d’autres communiqués portent sur la « Công ty Thủy điện Sông Tranh » (périmètre Sông Tranh 2 côté site EVNGENCO1) : on y lit par exemple 543 millions de kWh atteints au 1er décembre 2024 avec un débit réservoir moyen sur onze mois de 96,3 m³/s (note interne du site « Công ty Thủy điện Sông Tranh ») — signal utile sur la sécheresse relative 2024, mais non reportable sans preuve supplémentaire à la centrale ST3 de PV Power. Côté fiabilité, une recension de presse sur le bilan 2024 de « Công ty Thủy điện Sông Tranh » cite un taux d’arrêts accidentels à 0,00 % pour l’exercice (synthèse Thương hiệu & Công luận) ; là encore, ne pas fusionner aveuglément avec la filiale Sông Tranh 3 revient à respecter la comptabilité des entités.
3. Innovations / partenariats
Les annonces de digitalisation de la maintenance (RCM, logiciels de planification type PMIS) qui circulent sur l’écosystème médiatique « Sông Tranh » — par exemple via le portail officiel tourné vers Sông Tranh 2 — illustrent la modernisation des opérateurs EVN, mais ne constituent pas, dans l’état des liens vérifiés, un partenariat documenté au nom propre de Công ty CP Thủy điện Sông Tranh 3. Côté cadre réglementaire du projet, un courrier gouvernemental a porté la mise à jour du schéma directeur électrique pour intégrer explicitement Sông Tranh 3 au Plan électricité VI (texte sur le portail des actes), ce qui fixe le sort industriel de l’actif dans la planification nationale plutôt que dans un « start-up pitch » de cleantech.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque critique est structurel : une centrale présentée comme 100 % renouvelable prend sens climat au bus électrique, mais pas au sens Scope 3 ou finance verte européenne, car elle est captée dans PV Power, lui-même ancré dans l’architecture PetroVietnam encore dominée gaz–charbon en amont (fiche de filiale). Ensuite viennent les empreintes sociales–foncières : la presse régionale rapporte encore, pour le projet Sông Tranh 3, 56 foyers à Bắc Trà My concernés par indemnisations contestées ainsi que des paiements agrégés déjà supérieurs à 12 milliards de dôngs tout en décrivant des blocages susceptibles de gêner l’optimisation du niveau de retenue (article *Công an Đà Nẵng* / CADN). Le traitement médiatique a aussi interrogé frontalement l’opacité des barèmes de compensation (enquête *Tiền Phong*). Enfin, l’Inspection d’État a programmé des travaux liés aux investissements des projets Sông Tranh 3 et 4 (dépêche *Môi trường & Xây dựng*), rappelant que le risque réglementaire n’est pas résorbé par un slogan « renouvelable ».
### Précision presse volumétrique — piège à confondre les entités
Le titre de *Tuổi Trẻ* sur « Sông Tranh 2 » et 315 millions de kWh sur cinq mois en 2025 concerne explicitement l’autre centrale, pas PV Power-ST3 (article *Tuổi Trẻ*). Les portraits « groupe Sông Tranh » édités sous l’œil du Parti peuvent amalgamer les lignes narratives (tribune *Nhân Dân* « développement durable ») sans substituer à une ventilation publique introuvable ici — garder cette garde-fou évite un green narrative involontaire.
5. Positionnement stratégique
Pour PV Power, Sông Tranh 3 fonctionne comme un titrefixe hydro, utile dans un portefeuille où le gaz reste stratégiquement dominant. Pour le système vietnamien, l’actif soutient l’approvisionnement régional, mais sous tension hydrologique et sociale comme l’attestent simultanément la référence gouvernementale au Plan VI (portail officiel) et les irrégularités foncières encore évoquées en 2024 (*CADN*). Vu depuis l’Europe, l’entreprise est un instrument de souveraineté énergétique nationale ; vu depuis les villages de Trà My, c’est encore un chantier éthique incomplet.
Verdict WattsElse
PV Power mise sur quelques dizaines de mégawatts verts ; la transition, elle, attend encore pour ces terres.
Sources : pvpower.vn · masothue.com · ademe.fr · songtranh.com.vn · thuonghieucongluan.com.vn · songtranh.com.vn · vanban.chinhphu.vn · cadn.com.vn · tienphong.vn · moitruongxaydungvn.vn · tuoitre.vn · nhandan.vn
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