DEPA
Fournisseur national de gaz devenu filiale majoritairement publique, DEPA capitalise sur le solaire et les corridors de GNL tout en recousant des filières russes et thermiques héritées.
À propos de DEPA
1. Modèle économique
Le groupe Public Gas Corporation of Greece (DEPA), socle de l’approvisionnement gazier hellénique, structure son activité autour du négoce et de la distribution de gaz naturel (importations, contrats long terme, vente aux industriels et aux fournisseurs de détail), avec une rampe d’investissement croissante dans l’électricité renouvelable via notamment DEPA Commercial S.M.S.A. — entité au cœur des grands financements solaires et des accords commerciaux récents. Pour l’exercice clos au 31 décembre 2024, les comptes publiés par la société font état d’un chiffre d’affaires d’environ 1,44 Md€ et d’une perte nette d’environ 85 M€, après un résultat déjà négatif en 2023 (environ –6,9 M€), dans un contexte de recul du CA d’environ 19 % par rapport à 2023 (1,78 Md€) — indicateurs cohérents avec l’exposition au TTF et à la volatilité des achats (rapport financier 2024). La gouvernance fait figure d’interface entre l’État (via le HRADF et les participations publiques) et les partenaires privés : fin 2024, la cession par HelleniQ Energy à HRADF des 35 % restants de DEPA Commercial, sur une base de 208 M€ (valeur comptable nette au 31.12.2023, avec mécanismes d’ajustement), a concentré le capital de la filiale commerciale entre les mains de l’État (annonce de clôture HelleniQ). L’effectif consolidé précis n’est pas retenu dans les synthèses publiques citées ici.
2. Impact réel
Côté climat, le bilan direct d’un acteur dont le cœur de métier reste le gaz fossile (et l’amont GNL / gazoducs) ne se lit pas en « tonnes de CO₂ évitées » corporate publiées de manière isolée dans les extraits disponibles : l’impact principal passe par la structure du mix grec (part du gaz dans la production et le chauffage) et par les projets d’EnR portés par le groupe. Le programme photovoltaïque financé par la BEI vise à injecter environ 800 MW de solaire sur le réseau, dans des régions de cohésion, avec un investissement total plafonné à environ 521 M€ dont 75 % couverts par un prêt de 390 M€ — chiffrage et calibrage alignés sur le REPowerEU européen plutôt que sur le PPE français, sans équivalence directe avec les trajectoires nationales françaises (communiqué BEI, Reuters). À l’inverse, la modernisation et l’extension de capacités thermiques au gaz (participation à des centrales à cycle combiné, dont des unités de grande taille autour d’Alexandroupolis) tirent la balance vers des actifs fossiles verrouillés sur des décennies, ce que la littérature sur la transition juste en Europe met en tension avec les objectifs de neutralité carbone 2050 — sans chiffrage d’émissions spécifique à DEPA dans les sources citées.
3. Innovations / partenariats
En juillet 2024, la BEI et DEPA Commercial ont scellé le financement-cadre PV (signature à Athènes le 23 juillet) pour une montée en puissance sur quatre ans, avec des retombées affichées en équivalent foyers pour le discours public (communiqué BEI). En juillet 2025, un accord transactionnel avec Gazprom Export clôt un contentieux sur des volumes et prix, avec des reports de dette liés au take-or-pay et des conditions tarifaires pour 2025-2026 (Reuters). En novembre 2025, DEPA Commercial et Naftogaz signent une lettre d’intention pour des flux de GNL (notamment américains) vers l’Ukraine sur l’hiver 2025-2026, via le corridor Nord–Sud — signal géopolitique et logistique autant que commercial (communiqué DEPA). Par ailleurs, les communiqués du groupe mettent en avant biométhane et hydrogène (ex. GREENH2ORN) comme chantiers d’expérimentation sur le réseau et les mobilités (espace presse DEPA).
4. Greenwashing / zones grises
La tension documentée la plus nette est chiffrée et datée : en juillet 2025, le règlement avec Gazprom efface une créance d’environ 400 M€ liée au take-or-pay tout en prolongeant une logique d’achat indexée sur des références de marché — ce qui recolle le discours de « transition » à une dépendance structurale à un fournisseur russe dans les livraisons contractées jusqu’à la fin de la décennie, au moment où l’UE poursuit la dépendance au gaz russe comme risque stratégique (Reuters, écho sectoriel EnergyPress). Sur le volet GNL américain long terme, la presse spécialisée et des commentaires grecs ont interrogé la profil de risque de contrats multi-annuels avec des producteurs US exposés à la volatilité financière — débat public plutôt que jugement judiciaire, mais ancré dans des analyses de fonds (Paron.gr). Enfin, le même groupe capte des financements verts européens pour le solaire tout en portant des actifs thermiques gaziers de grande taille : distance structurelle entre image « green » et empreinte réelle, sans qu’un ratio « vert / gris » public auditable soit fourni dans les extraits consultés.
5. Positionnement stratégique
DEPA se positionne comme pivot Balkanique : GNL, interconnexions, coentreprises type Atlantic–SEE et accords Naftogaz servent la narration d’une Grèce hub entre USA, Mer Noire et Europe du Sud-Est, dans un marché UE où le prix du carbone et la régulation gaz ( Reform ETS / Methane EU) redessinent les marges. La décision d’investissement attendue autour de la centrale de Larissa (ordre de grandeur ~792 MW évoqué dans la presse économique pour 2026) montrera si le pays verrouille la flexibilité thermique ou accélère le stockage et l’EnR (synthèse OT.gr 2026). Côté actionnaires, la collecte des 35 % par le HRADF renforce l’outil étatique à l’heure où les comptes 2024 appellent des recapitalisations ou des garanties** implicites.
Verdict WattsElse
DEPA incarne le contradictoire de la transition UE : solaire financé par Bruxelles, gaz russe renégocié à Athènes, GNL américain emprunté aux tempêtes géopolitiques. Formule : « Hub balkanique, cas comptable européen.»
Sources : depa.gr · helleniqenergy.gr · eib.org · reuters.com · reuters.com · depa.gr · depa.gr · energypress.eu · paron.gr · ot.gr
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q4036874
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