Dhaka Northern Power Generations Limited
Une centrale au fioul lourd peut nourrir un groupe coté à Dhaka — et en même temps l’exposer aux retards de paiement d’un acheteur unique, la BPDB.
À propos de Dhaka Northern Power Generations Limited
1. Modèle économique
Vous êtes face à un producteur indépendant d’électricité (IPP) qui vend presque exclusivement à la Bangladesh Power Development Board (BPDB) en vertu d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) sur 15 ans, avec une date de mise en service commerciale au 17 août 2016 et une fin d’engagement prévue le 16 août 2031 selon le suivi des infrastructures (Energy Transition Bangladesh, Global Energy Monitor_power_station)). La capacité nette est de 55 MW (55,66 MW installés) sur la base de moteurs alternatifs au fioul lourd (HFO) (Energy Transition Bangladesh, GEM_power_station)).
Le groupe mère est coté à la bourse de Dhaka (DOREENPWR ; fiche société Dhaka Stock Exchange) ; les résultats consolidés cités en presse financière pour le six mois clos en décembre 2025 parlent d’un chiffre d’affaires d’environ 7 166,6 millions BDT et d’un résultat net d’environ 552,42 millions BDT, en forte hausse sur un an (MarketScreener). Pour l’unité Dhaka Northern elle-même, la presse économique a relayé une vise de revenus annuels de l’ordre de 313 crores BDT agréée dans le cadre du PPA (The Daily Star). Effectif, capex détaillé et bilans publiés spécifiquement au nom juridique « Dhaka Northern Power Generations Limited » : non retrouvés dans les sources consultées au-delà de ces agrégats groupe / filiale via la maison mère et la presse.
2. Impact réel
L’actif est 100 % fossile : HFO, carburant liquide lourd, dans une filière où chaque MWh produit solidifie la dépendance aux importations pétrolières et à la forte intensité carbone typique des centrales fioul (ordre de grandeur sectoriel : pas de facteur d’émissions vérifié publiquement pour cette unité précise dans les sources utilisées ici). Pour un lecteur français, l’écart avec une trajectoire PPE-compatible au sens européen est structurel : ce type d’équipement n’est pas un levier de pilotage climatique au sens où l’entend ADEME ou la Programmation pluriannuelle de l’énergie en France ( cadre PPE3 : Légifrance – décret-cadre PPE ), mais un actif de déséquilibre offre-demande dans un réseau en tension.
Pourcentage d’énergies renouvelables, CO₂ évité, rapport RSE ou déclaration CSRD au niveau DNPGL : aucune publication identifiée dans les pages corporate du groupe (Doreen Power) ni dans les flux presse examinés pour cette filiale précise ; pas de lignée ADEME / Connaissance des Énergies trouvée sur l’entreprise nominal.
3. Innovations / partenariats
Le modèle est celui, classique, de l’IPP sous PPA avec l’État acheteur ; les sources disponibles décrivent trois unités moteur et une géolocalisation précise (GEM_power_station)), sans annonce de brevet, de levée de fonds récente, ou de coopération technologique spécifique à DNPGL. Le lien capitalistique principal documenté est la dépendance au groupe Doreen (parts détenues par la côtée Doreen Power, ordre de 98,5–99,4 % selon les publications citées, The Daily Star, GEM_power_station)).
4. Greenwashing / zones grises
Il ne s’agit pas tant de greenwashing affiché que d’exposition à un système de paiements publics tardifs : en avril 2026, le ministre de l’Énergie a indiqué à la Jatiya Sangsad des arriérés d’environ 52 300 crores BDT sur l’ensemble du secteur électrique, avec une volet IPP fioul et gaz chiffré séparément (environ 17 358 crores BDT) dans la communication parlementaire relayée par la presse (The Business Standard). En 2024, la même rédaction documentait des retards de paiement de six à neuf mois par la BPDB conjugués à des pénalités pour manque d’approvisionnement imposées aux producteurs (The Business Standard). Sur le plan politique-contractuel, un journal économique a rapporté en mars 2025 l’annulation d’accords touchant d’autres centrales du groupe Doreen après le changement de régime de 2024 (The Financial Express) : signal pour tout actionnaire de ce panier de PPAs, Dhaka Northern comprise dans la lecture de risque de portefeuille.
5. Positionnement stratégique
Jusqu’à 2031, DNPGL reste tributaire d’un acheteur unique, d’un combustible importé et d’un contexte judiciaire-présidentiel sur la durée des contrats. Pour Doreen cotée, la liquidité de marché et la capacité à distribuer (dividendes évoqués dans la presse financière sur périodes antérieures, à distinguer des flux de la filiale) contrastent avec la fragilité systémique du secteur bangladais tel que décrit par des cabinets d’analyse juridique sur les risques de trésorerie des producteurs (Chambers and Partners). Ambition « transition » pour cette unité : non documentée ; l’enjeu stratégique est survie du cash-flow et non remise en cause du PPA, plutôt que pivot bas-carbone.
Verdict WattsElse
Vous avez là une machine à cash en fioul dans un système électrique sous perfusion de créance publique : tant que la BPDB verse, c’est une rente ; quand elle retient les paiements, c’est un risque de liquidité brut, chiffré au niveau étatique en dizaines de milliers de crores (The Business Standard).
Sources : energytransitionbd.org · gem.wiki · dsebd.org · marketscreener.com · thedailystar.net · ademe.fr · legifrance.gouv.fr · doreenpower.com · tbsnews.net · tbsnews.net · today.thefinancialexpress.com.bd · practiceguides.chambers.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
ARMORINE
Négoce de carburants, lubrifiants, dépôts pétroliers : Armorine incarne encore la France des flux hydrocarbures.
Voir la ficheMOLINOS DEL EBRO S.A.
** Producteur éolien né sur l’Ébre mais incorporé à la vitrine industrielle saragosse du SAMCA, Molinos del Ebro enchaîne les watts au sol — et les contre-courants : chute brutale de facturation en 2024, parcs documentés en centaines de mégawatts, et ligne de front biodiversité-réglementation sur les projets vertsfield.
Voir la ficheKON CHEMICAL SOLUTIONS E.U.
Cabinet autrichien de génie chimique et des procédés, KON Chemical Solutions e.U.
Voir la ficheEnergy JSC Holding
Le libellé « Energy JSC Holding » ne renvoie pas, tel quel, à une personne morale unique documentée dans les déclarations récentes du secteur renouvelable.
Voir la ficheScatec Solar Company & GigaWatt Global Cooperatief
Ce duo réunit une plate-forme norvégienne cotée qui engrange les gigawatts dans les marchés à forte croissance et une coopérative néerlandaise qui a fait ses armes sur les premières centrales « utiles » en Afrique subsaharienne.
Voir la ficheMini Green Power
Convertir des déchets en mini-centrales vertes, ou comment faire d'une poubelle une oasis énergétique, avec un soupçon de feu de cheminée pas prévu au menu.
Voir la ficheMSU
Le sigle « MSU » prête à confusion : ici, il ne s’agit ni de l’université moscovite ni d’un pétrolier classique, mais d’un producteur d’électricité argentin qui a bâti sa rentabilité sur trois cycles combinés gaz puis achète à l’État un géant hydroélectrique.
Voir la ficheSörgårdsvind AB
* La graphie « Sörgårdsvind AB » évoque, à première lecture, une société suédoise de projet éolien — le suffixe AB (aktiebolag) et l’association gård + vind sont typiques du marché nordique.
Voir la ficheJiangsu Sheyanggang Power Generation Co Ltd
Au bord de la mer de Chine orientale, Jiangsu Sheyanggang Power Generation (江苏国信集团射阳港发电有限责任公司) incarne le paradoxe d’un pays qui enchaîne les records d’EnR tout en cimentant des gigawatts charbon « propres sur le papier ».
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Đồng Nai 5
Centrale de 150 MW sur le bassin du Đồng Nai, cette filiale de l’empire charbonnier TKV incarne le paradoxe d’une « EnR » étatique très rentable sur le marché spot, désormais prise dans une tempête politique et judiciaire après des vidanges qui ont inondé des centaines de foyers en novembre 2025.
Voir la ficheTariş
À ne pas confondre avec une « pure player » des EnR ni avec le fonds français Taranis : Tariş désigne en Turquie une union de coopératives agricoles (olive, raisin, etc.) qui commercialise des produits alimentaires et industrialise des filières à très forte intensité énergétique.
Voir la ficheThree Gorges Third Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limited
** À Jhimpir, à une centaine de kilomètres de Karachi, une coquille juridique au nom baroque — Three Gorges Third Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limited — incarne l’économie réelle des IPP sous CPEC : des turbines Goldwind dans un corridor à fort potentiel, prise dans une machine à créances entre producteurs, CPPA-G et distributeurs.
Voir la ficheCông ty CP Phát triển Điện lực Việt Nam
Elle enchaîne des records financiers tirés du cycle hydrologique, promet jusqu’à 16 % puis un plan de distribuable « au moins » 10 % jusqu’à 2030…
Voir la ficheJSC Norilsk-Taimyr Energy Company (JSC NTEK)
Au cœur de l’Arctique russe, NTEK fait tourner mines et villes avec deux géants de barrages — et une part d’électricité « verte » qui masque une addiction au gaz pour la chaleur.
Voir la ficheToyota
Toyota vit une contradiction brutalement profitable : la transition énergétique lui rapporte des marges record sur les ventes « électrifiées », tout en laissant ouverte la question du décarbonage réel des kilomètres parcourus.
Voir la ficheUludağ Elektrik A.Ş.
Le distributeur qui alimente Bursa, Balıkesir, Çanakkale et Yalova enfonce l’accélérateur des investissements réseau en 2025, sous un actionnariat qui vient encore de changer de mains.
Voir la ficheIncubAlliance
** IncubAlliance n’est pas une vitrine startup générique : c’est l’incubateur mutualisé du plateau de Paris-Saclay, calibré pour faire passer la recherche publique au marché, avec une part de greentech dans un portefeuille dominé par la deeptech « dure ».
Voir la ficheJazlah Water Desalination Company
Une usine géante à Jubail, un record affiché d’efficacité au mètre cube, et un marketing « première intégration solaire à grande échelle » qui masque une vérité moins photographiable : quatre électrons sur cinq sont encore tirés du réseau électrique national.
Voir la ficheSGN
Le distributeur gazier britannique SGN engrange des milliards en actifs régulés et martèle la « transition » ; en parallèle, une plainte pour greenwashing cible son storytelling sur l’hydrogène domestique.
Voir la ficheOWN Power Projects AB
OWN Power Projects AB n’est pas un simple nom de SPV : c’est l’une des faces opérationnelles du groupe IOWN (marque IOWN Energy / site renewables), qui a basculé l’essentiel de son pipeline éolien dans l’orbite d’un industriel intégré.
Voir la ficheZhejiang Zheneng Taizhou No.2 Power Generation Co Ltd
À Sanmen, la filiale de production d’Zhejiang Zheneng Electric Power boucle l’ère des deux tranches d’1 GW en ultra-supercritique à double réchauffage : l’investissement se justifie par la sécurité d’approvisionnement de la province, mais le bilan carbone reste celui d’un actif charbon massif, décoré d’EnR et de stockage à l’échelle du site.
Voir la ficheAltawest
Le spécialiste français qui joue les équilibristes entre nucléaire, déchets et biomasse, tout en vendant une image verte bien huilée.
Voir la ficheDeloitte Netherlands
Deloitte aux Pays-Bas vend de la transformation : données, IA, climat, conformité.
Voir la fiche