Innovation

Eco Wave Power

Côté comptes, 2025 a été une année rouge.

« Pilote qui parle comptes qui taisent — la houle pas l’industrie »

À propos de Eco Wave Power

1. Modèle économique

Eco Wave Power vend et pilote de la conversion houlomotrice, en s’appuyant sur des structures côtières existantes (digue, brise-lames) plutôt que sur de grands champs en pleine mer : logique d’amortissement d’infrastructure et d’autorisation. Les revenus 2025 s’établissent à 38 000 $ — essentiellement liés à l’étude de faisabilité en Afrique du Sud (potentiel de l’ordre de 8,3 MW portuaires identifié) — contre 168 000 $ en 2024, premier exercice marqué par du chiffre d’affaires (travail autour d’un site à Taïwan). La société publie un résultat net déficitaire d’environ 3,7 M$ en 2025 (contre 2,1 M$ l’année précédente) et se dit dotée d’environ 6,3 M$ de trésorerie en fin 2025, tout en affichant un pipeline de projets évalué à 404,7 MW à l’échelle groupée. En clair : le cœur du métier n’est pas encore la vente d’électricité de série, mais l’arbitrage R&D, études, pilotes, et levées périodiques. L’augmentation des dépenses d’exploitation (+28 % en 2025, avec une poussée des dépenses de R&D autour de pilotes US et Portugal) traduit l’agenda « démonstrateur ». Nombre d’équivalents temps plein : chiffre non retenu ici faute d’extraction reproductible sur les extraits vérifiés ; l’historique boursier et les rapports U.S. du groupe indiquent une structure d’ingénierie, pas d’OEM lourd.

2. Impact réel

Le potentiel d’évitement de GES d’une houle câblée à quai tient moins à des millions de tonnes annoncées aujourd’hui qu’à l’encadrement scientifique de la houlomotrice : ressource prévisible, mais empreinte d’infrastructure, matériaux, et impacts locaux côtiers à documenter. La production de plus de 1 200 kWh en mars 2026 au port de Jaffa (pilote EWP-EDF One) donne l’ordre de grandeur d’un pilote, pas d’un parc : utile en démonstrateur, dérisoire en contribution au bilan carbone d’un territoire. Côté France, l’écosystème d’innovation sur les houlomoteurs et le débat PPE3 / feuille de route 2035 placent surtout l’éolien en mer et, plus largement, les énergies marines, avec une part encore marginale pour la houle seule. Pour situer l’ordre de coût LCOE de la houlomotrice (centaines d’euros le MWh en phase de filière, selon les synthèses sectorielles) : c’est moins l’injonction PPE3 que la compétitivité future vs autres EnR qui fera l’« impact » à l’échelle du système.

3. Innovations / partenariats

La société a finalisé en mars 2026 un « Pilot Test Agreement » avec Shell, après essais, et met en avant des objectifs techniques atteints. Le chantier 1 MW à Porto, annoncé pour une mise en service de principe fin 2026, vise l’industrialisation côté Europe. Aux États-Unis, l’actualité a croisé l’expérimentation d’un pilote à Los Angeles avec les questions de permis fédéral et de soutiens publics. L’Inde se lit via un MoU (100 kW) autour d’un partenaire pétrolier d’état, Bharat Petroleum, à Mumbai (signal à interpréter côté alignement bas-carbone). Côté documentation financière, l’historique 20-F évoquait un horizon multi-centaines de mégawatts à long terme sur le site de Su’ao, à côté d’un pilote ciblé 20 MW : ambition narrative plus que livrable court terme.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque tient moins à un slogan qu’au décalage entre « pipeline 404,7 MW » et l’électricité facturée : on facture l’ingénierie, pas l’MWh. Partenariats pétroliers : ils peuvent s’inscrire en « diversification » pour un Shell ou un BPCL, et en dépendance stratégique pour un pure player EnR, selon l’asymétrie d’agenda. Le dossier subventions U.S. lié à l’Inflation Reduction Act (gel des crédits mentionné dans le rapport sur risque fiscal 2025) rappelle que la houlomotrice, même « verte », n’échappe pas à la tempête politique de Washington. Côté image « IA côtière » (communiqué Jaffa) : relier 1,2 MWh/mois et les fermes de calcul est du storytelling ; utile en narrative d’infrastructure, insondable en comptabilité carbone sans chiffrage indépendant. Aucun rapport CSRD / DPEF « grand format » n’a été identifié dans les canaux d’information consultés ici, ce qui n’est pas anormal pour une filiale U.S. d’un petit émetteur nordique : la transparence climat se lit surtout via les 20-F et communiqués.

5. Positionnement stratégique

L’enjeu, pour Eco Wave Power, n’est plus seulement de prouver le principe physique — les pilotes 2025-2026 vont en ce sens — mais de croiser l’échelle mégawatt (Porto) avec un modèle reproductible, là où d’autres vagues s’enlisent. La bourse, dans ce segment, sert d’accélérateur de R&D en attendant des contrats d’achat d’électricité durables, pas de coupon stable. Avec 6,3 M$ de cash et 3,7 M$ de perte nette annuelle (illustration, pas d’advice) : l’horloge d’arbitrage entre financement et burn reste l’indicateur non dits des marchés, au-delà des slides « pipeline 400 MW+ ».

Verdict WattsElse

Eco Wave Power cristallise l’aporie de toute houlomotrice boursière : l’eau a enfin prouvé qu’elle tourne le compteur, le dollar lui demande encore s’il verra l’MWh de série avant la prochaine table de financement. Houle prometteuse, cash qui grésille — c’est toute l’arithmeticité d’une transition accrochée aux brise-lames.

Sources : ecowavepower.com · sec.gov · sec.gov · ecowavepower.com · connaissancedesenergies.org · thewhig.com · france-energies-marines.org · connaissancedesenergies.org · bigmedia.bpifrance.fr · ademe.fr · api.newsfilecorp.com · marketscreener.com · connaissancedesenergies.org · stockhouse.com

"Chez Watts Else?, nous analysons les acteurs de l'énergie avec un regard critique et pédagogique. Notre objectif est de vous aider à comprendre qui fait quoi dans la transition énergétique."

Données clés

Fondée
2011
Siège
Tel Aviv, Israel

Analyse IA

Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.

Voir toutes les entreprises

Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition

Autres acteurs de l'écosystème