Suomen Voima Oy
Entre actionnaires municipaux et portefeuille nordique de plus de 1,5 TWh, Suomen Voima incarne un modèle finlandais à la fois sobre en effectifs et lourd en actifs.
À propos de Suomen Voima Oy
1. Modèle économique
Suomen Voima est une société de production d’électricité au service d’actionnaires — 17 propriétaires municipaux et privés selon la présentation corporate — selon le principe *Mankala* : l’électricité est produite essentiellement au coût pour les membres, ce qui structure revenus et comptabilité autour des flux d’énergie et des variations de marché plutôt que d’un modèle « pure retail ». Le groupe annonce un portefeuille supérieur à 1,5 TWh (site corporate).
Sur la base de comptes accessibles en ligne (agrégateur finlandais), le chiffre d’affaires 2024 ressort à environ 109 M€ (-16,4 % vs 2023), pour un résultat net d’environ 1,2 M€ et un effectif de 7 salariés (taloustiedot Asiakastieto) — un levier humain minimal pour un volume énergétique important. Le 1er janvier 2025, Äänekosken Energia est entré au capital comme 17e actionnaire (communiqué). Côté contrats longs, un PPA de 15 ans a été annoncé autour du parc Isoneva (126 MW, ~330 GWh/an) (site du projet).
2. Impact réel
Le mix public de Suomen Voima n’est pas réductible à une courbe « 100 % renouvelable » au sens marketing : au 28 mars 2025, la société a porté ses parts dans Olkiluoto 1 et 2 à 41 MW au total après l’achat de 20 MW supplémentaires, soit ≈160 GWh/an de production de socle, qualifiée de « clean baseload » par la direction (annonce Olkiluoto). En parallèle, le groupe est exposé aux EnR : 26 % des parcs Keso et Kaukanen (90 MW, 15 éoliennes Vestas, >250 GWh/an commercialisés depuis mars 2023 (news 2023).
Sur les STEP, le projet Kapusta à Kemijärvi vise une centrale 100 MW de pompage-turbinage dans le cadre du programme plus large « Noste » ; le programme d’EIA a été rendu public en avril 2025 (communiqué), avec dossier officiel suivant également sur le portail d’impact environnemental finlandais (fiche projet YVA). Ces éléments vont dans le sens d’une flexibilisation du système ; un pourcentage de réduction des émissions attribuable spécifiquement à Suomen Voima n’a pas été trouvé dans les sources utilisées pour cette fiche.
3. Innovations / partenariat
Au-delà du PPA Isoneva (site projet) et du réseau d’actionnaires élargi en 2025 (communiqué Äänekoski), le signal technique le plus net est l’avancement du stockage : Noste est présenté comme un programme de flexibilité pour le réseau finlandais, avec Kapusta comme brique 100 MW et tunnel jusqu’à 3,7 km (communiqué EIA). L’acquisition Olkiluoto complète une stratégie de couverture par électricité bas-carbone pilotable.
4. Greenwashing / zones grises
Le positionnement « EnR » (cache sectoriel) écrase la réalité d’un actif nucléaire croissant (41 MW, ~160 GWh/an en 2025, annonce) : ce n’est pas du greenwashing documenté en soi, mais un écart entre étiquette et profil technologique.
En Laponie, la Ligue finlandaise pour la conservation de la nature (section Lapland) a publié une prise de position sur le programme YVA de Kapusta en 2025, pointant des lacunes sur la biodiversité, le cadre eau et l’évaluation des effets cumulés avec plusieurs STEP sur la même zone (article SLL Lappi).
Côté gouvernance systémique, Rosatom a engagé des poursuites liées à l’arrêt du projet Hanhikivi-1, avec une réclamation très élevée en mai 2025 — Reuters rapporte 227,8 Md de roubles, soit ~2,8 Md $ contre des groupes finlandais cités (Fortum, Outokumpu) (Reuters) ; Suomen Voima n’est pas nommée dans ce communiqué, mais plusieurs de ses actionnaires ont historiquement été partie prenante de l’écosystème Fennovoima selon les relations actionnariales publiques finlandaises (synthèse NucNet) — surveillance utile sans amalgame juridique infondé.
Sur le financial, une capitalisation équité élevée (~67 % en 2024 selon la même fiche que le CA) coexiste avec une volatilité marquée du chiffre d’affaires sur la série 2022–2024 (Asiakastieto).
5. Positionnement stratégique
Suomen Voima joue la carte nordique (>1,5 TWh annoncés, site) en empilant éolien, nucléaire de socle et hydroélectricité de stockage. Dans un marché européen sous pression de décarbonation et de besoin de flexibilité, le couple OL1/OL2 + STEP ressemble à une stratégie de résilience pour des clients municipaux exposés aux prix spot. Le contexte réglementaire finlandais sur les YVA et l’amenée cumulée en Laponie peut ralentir ou durcir les capex et calendriers.
Verdict WattsElse
Suomen Voima n’est pas une pure player EnR : c’est un opérateur de système finlandais qui mélange éolien, nucléaire et STEP — avec, en 2025, une contestation environnementale qui teste la légitimité des grands ouvrages hydrauliques dans un territoire déjà saturé de projets similaires. Formule : *Mankala léger en têtes, lourd en mégawatts ; la transition se lit aussi dans les procédures YVA.*
Sources : suomenvoima.fi · asiakastieto.fi · suomenvoima.fi · isonevantuulipuisto.fi · suomenvoima.fi · suomenvoima.fi · suomenvoima.fi · ymparisto.fi · sll.fi · reuters.com · nucnet.org
Données clés
- Forme
- osakeyhtiö
- Siège
- Porvoo, Finland ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q113465479
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Taaleri Energia Oy
Coût du capital, pipelines géants et promesse climatique : Taaleri Energia Oy est la colonne vertébrale « énergie renouvelable » du groupe financier finlandais Taaleri — gestionnaire de fonds d’infrastructure (vent, solaire, parfois stockage), pas un opérateur réseau classique.
Voir la ficheSEERAJ Energy
Futur ambitieux de l’énergie solaire tunisienne, entre ingénierie et rêves photovoltaïques bien encadrés.
Voir la ficheAvenir Énergies
Spécialiste guadeloupéen du soleil, Avenir Énergies transforme les rayons en électricité et en eau chaude, histoire de chauffer la planète… mais pas trop.
Voir la ficheCorso Solar SpA
Le suffixe SpA évoque tout de suite l’Italie — et le photovoltaïque l’écologie de pacotille qu’on colle par défaut aux opérateurs « solaire ».
Voir la ficheGreen Capital Development 68, SLU
Green Capital Development 68, SLU n’est pas un « grand nom » du grand public : c’est une coquille espagnole typique des promoteurs d’EnR, accrochée à un groupe en pleine tempête financière et réglementaire.
Voir la ficheGlobal Facility
Une société pragoise qui engrange croissance et contrats dans le facility management tout en élargissant ses statuts à la « production d’électricité » : la transition énergétique apparaît autant comme levier réglementaire que comme ligne éditoriale corporate.
Voir la ficheCegelec
Cegelec ne vend pas une promesse verte en kit: il vend des chantiers, des automatismes, du CVC, de la sûreté, de la maintenance et des infrastructures critiques.
Voir la ficheGlimminge Vindsamfällighetsförening
Quand la coopérative Glimminge Vindsamfällighetsförening naît dans le registre du sud de la Suède, l’Europe apprivoise encore lentement ses premiers MW d’éolien terrestre.
Voir la ficheCombitherm
Pionnier danois des couvertures thermiques, Combitherm allie économie d’énergie et protection industrielle, histoire de garder le chaud à l'intérieur sans faire fondre la planète.
Voir la ficheSafran Seats
Le long-courier repart : la division Aircraft Interiors du groupe Safran — qui porte notamment l’activité sièges — affiche un résultat opérationnel récurrent de 108 millions d’euros en 2025 pour une marge de 3,2 %, après un 27 millions d’euros en 2024 (résultats annuels 2025).
Voir la ficheHOKKAIDO ELECTRIC POWER CO INC
HEPCO (Hokkaido Electric Power Co., Inc.) n’est pas un pure player EnR issu d’une fintech solaire : c’est l’opérateur historique du réseau nord-japonais, avec des milliards de yens de chiffre d’affaires et un destin politique coincé entre un surplus d’électricité renouvelable sur Hokkaido, un goulet d’étranglement interrégional jusqu’en 2028 et un pari…
Voir la ficheEclipse Flow
Stocker l'énergie pour mieux la libérer, voilà le pari d’Eclipse Flow, la batterie réseau qui veut devenir rentable sans vider votre compteur d’espoir.
Voir la ficheErganeo
La SATT francilienne ne « produit » ni électricité ni mobilité : elle cristallise, avec près de 47,3 M€ d’investissements cumulés depuis 2012, le passage des travaux de recherche à des licences, des start-up et des contrats.
Voir la ficheHiraco Renewable Energy Private Limited (HREPL)
SPV indienne au nom trompeur, Hiraco Renewable Energy Private Limited incarne la face cachée de l’infrastructure solaire : un actif unique de 20 MW, une acquisition record au sein d’un paquet Macquarie, et un sigle « HREPL » que d’autres acteurs portent déjà sur d’autres contrats.
Voir la ficheTHE ENERGY SAVING TRUST LIMITED
Pivotal mais peu visible depuis Paris, The Energy Saving Trust Limited — pièce maîtresse juridique du groupe Energy Saving Trust — orchestre au Royaume-Uni une part massive de l’argent public « climat » : efficacité dans les foyers, bornes locales, ré-affectation d’amendes réglementaires.
Voir la ficheEléctrica Moka SpA
Eléctrica Moka SpA n’est pas une holding européenne tombée par erreur dans une base « Production électrique » : le registre et les codes d’activité pointent vers une société anonyme chilienne enracinée entre Santiago et l’Atacama.
Voir la ficheMarubeni Corporation
Parmi les géants du négoce nippon, Marubeni tire encore une partie substantielle de sa valeur du pétrole, du gaz et du GNL — tout en publiant des records de profit et des volumes « verts » qui font grimper les attentes des investisseurs…
Voir la ficheEavor Technologies Inc.
Pionnier canadien des boucles géothermiques fermées, qui promet une énergie toujours chaude, même quand le soleil se fait la malle.
Voir la fichePMBSNU
Le code « PMBSNU » ne correspond pas à une raison sociale lisible dans l’open data standard ; aligné sur votre brief « Autres énergies » et les flux Reuters PMSB.MM, il recoupe quasi sûrement la PAO « Permenergosbyt » (Пермэнергосбыт), géant régional de la vente d’électricité dans l’Oural.
Voir la ficheConflux Infratech Private Limited
** Conflux Infratech Private Limited est une coquille administrative qui vit encore du souvenir d’un actif solaire de 1 MW au désert du Rajasthan — avec des comptes qui tiennent debout sur le papier, mais une histoire opérationnelle déjà marquée par le sous-performance documentée et une classification sociétale qui dit « construction », pas « pure player »…
Voir la ficheINDUSTRIAS LACTEAS ASTURIANAS S.A.
** Industrias Lácteas Asturianas (ILAS), enseigne Reny Picot, incarne le paradoxe d’un champion agroalimentaire riche mais vulnérable sur la chaleur industrielle : après avoir décroché une aide PERTE pour quitter le fuel au profit de la biomasse à Anleo, le groupe a rendu l’argent fin 2024.
Voir la ficheINTERNATIONAL ROAD FEDERATION
Une fédération routière, à Genève depuis 1948, ne peut pas se contenter d’empiler des kilomètres : l’heure est aux données, aux normes, et à la bataille d’influence autour du transport durable.
Voir la fiche