North Atlantic Refining
* Sous l’étiquette historique North Atlantic Refining* se tisse un arc Atlantique-Nord pétro ET vert : l’usine de Come By Chance, convertie en diesel renouvelable, a vacillé en 2025 quand le bonus fiscal américain a sauté — avant qu’un chèque provincial ne recolle les morceaux.
À propos de North Atlantic Refining
1. Modèle économique
*North Atlantic Refining* désigne, côté Terre-Neuve-et-Labrador, la continuité légale d’une emprise pétrolière atlantique ; le site de Come By Chance est aujourd’hui opéré commercialement sous la bannière Braya Renewable Fuels — raffinerie pétrolière d’origine reconvertie pour produire jusqu’à environ 18 000 barils par jour de diesel renouvelable, selon le gouvernement provincial (chiffre aligné sur la mise en service commerciale de février 2024). Le gouvernement de TNL a explicitement l’équation capitalistique : actionnaires Cresta, North Atlantic Refining Corp. (géré par Silverpeak) et Energy Capital Partners — l’investissement d’environ 300 M$ en actions privilégiées par ECP en 2023 a servi la conversion. Revenu : carburant bas-carbone vendu surtout sous la contrainte des incitations fédérales canadiennes (programme *Clean Fuels*) et, massivement, de la marge négociée sur les crédits fiscaux américains — d’où l’arrêt temporaire du 6 janvier au relèvement en juin 2025 lié, selon l’exécutif, à l’expiration en décembre 2024 du crédit d’impôt fédéral U.S. sur le diesel renouvelable. Chiffre d’affaires consolidé *publiquement* introuvable pour l’entité seule : à ce stade, l’histoire se lit par les flux de trésorerie d’urgence — notamment le prêt remboursable de 25 M$ (CAD) sur cinq ans annoncé en septembre 2025 pour financer le maintien d’environ 240 employés et des coûts d’infrastructure, avec couverture médiatique sur le timing politique. Horizontalement, le *North Atlantic Group* a franchi l’Atlantique : le communiqué de groupe acte la reprise, fin novembre 2025, d’intérêts majoritaires dans l’amont français d’Exxon et la presse locale avance une enveloppe d’environ 700 M$ pour l’opération, avec une raffinerie de l’ordre de 230 000 b/j d’alimentation pétro — autre modèle, autre choc de sens climat.
2. Impact réel
La production de HVO (hydrotraitement) fournit, sur le plan technique, un « drop-in » proche du gasoil fossile — bénéfice d’exploitation routière et logistique, sans magie sur l’inventaire carbone *global* : l’enjeu, c’est l’arbitrage matières premières, déboisement indirect, émissions amont de l’agriculture des huiles d’import type soja, que les cadres canadiens d’aide fédérale acceptent d’inscrire parce qu’ils verrouillent l’hydroconversion (pas la simple addition d’FAME). Côté lectorat hexagonal, l’encadrement des biocarburants (traçabilité, durabilité) et, plus largement, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) posent le même doute sain : baisse de la conso, électrification, mix — pas le *seul* rôle des liquides. Les 35 000 t/an d’hydrogène vert annoncés via un partenariat éolien (ABO Wind) en 2023 doivent être tenus à distance des tonnes déjà *produites* côté Come By Chance : selon les éléments publics, le signal massif, en 2025, reste le fossile fiscal américain — pas l’H₂.
3. Innovations / partenariats
La conversion 2021-2024 a mobilisé des capex privés massifs (dont ~300 M$ ECP), l’appui fédéral *Clean Fuels* et, sur le plan industriel, des fournisseurs de procédé type Haldor Topsoe (couverture spécialisée 2024) autour de l’hydrotraitement opérationnel « à capacité ». Côté export de projet, l’annonce 2023 d’un couple parc éolien / hydrogène cherche un verrou d’intégration verticale — au même moment où, en France, l’acquisition de l’actif d’Esso/Exxon à Gravenchon (processus 2025) ouvre d’autres leviers : raffinage pétro classique, emploi massif, décarbonation à démontrer. La Régie canadienne de l’énergie dresse, au Canada, l’émergence des ateliers *renewable diesel* : Braya/NA y figure comme cas d’école, pas anecdotique.
4. Greenwashing / zones grises
Dépendance fiscale transfrontalière : l’arrêt 2025 a rendu *visible* l’hypersensibilité au *Blender’s Tax Credit* US — un site « vert » qui s’éteint quand Washington change de feuille d’impôt, ce n’est pas du bas-carbone *structurel* ; c’est de la *commodity* téléguidée par la *policy*. Bilan réel de la ressource : concentrer l’HVO sur des cultures ou huiles d’import alimente la critique indirecte (SBTi des sols) que la fiche technique d’aide fédérale ne règle pas *per se*, même si l’Ottawa a payé l’hydrotraitement *come-by-chance*. Gouvernance : l’offre d’AIDE provinciale 2025 s’accompagne, selon l’exécutif, d’une réduction de l’exposition de l’État en vertu d’un accord environnemental — bref, la transition est négociée *contre* des garanties d’arrière-plan : la promesse d’un « leader mondial de la transition » (site Braya 2024-2025) côtoie un plan de retour d’eau bénit par le fisc de St. John’s. Europe : faire reposer la crédibilité bas-carbone d’un groupe sur une *plateforme* de Gravenchon 230 kb/d pétro évoquée par la presse fragilise le récit d’*oil-to-chemicals* ; Connaissance des Énergies rappelle utilement d’où vient, pour l’Hexagone, l’*addiction* au brut — utile *benchmark* de lecture, sans équivalence d’inventaire site par site. Pour l’HVO, la sous-filière *HVO 100* est catégorisée dans la doc *Base Carbone* (ADEME) : utile, pas une *carte de vertu* de Come By Chance.
5. Positionnement stratégique
L’ambition affichée est celle d’un fournisseur atlantique global (Canada ➔ Europe), avec l’H₂ et l’éolien en arrière-fond. La réalité 2024-2025 : sécurisation provinciale d’un actif d’emploi (240 postes) et d’indemnisation environnementale limitée, tandis que l’horizon 2026+ parle d’extension capacité, SAF, hydrogène — le tout dans un marché canadien où l’*LCFS* et les carburants propres tordent l’*off* sans abolir l’*oil*. En France, l’entrée à Gravenchon place le groupe au cœur du raffinage de l’Ouest : opportunité industrielle, choc d’image climat si la trajectoire reste pétro-first.
Verdict WattsElse
North Atlantic ne vend pas seulement du « pétrole & gaz » : il conditionne, au Moyen-Atlantique, des marges vertes nées sous perfusion fiscale — un pari *policy-driven* devenu défense des emplois dès que Washington ferme le robinet. La formule qui résume l’histoire : même bateau, double sillage — carburant renouvelable à l’ouest, pétrole raffiné en Normandie ; le climat, lui, n’a qu’un seul bilan.
Sources : brayafuels.com · gov.nl.ca · reuters.com · crestafunds.com · silverpeak.com · ecpgp.com · search.open.canada.ca · cbc.ca · northatlantic.ca · saltwire.com · ecologie.gouv.fr · ecologie.gouv.fr · globalrenewablenews.com · biodieselmagazine.com · corporate.exxonmobil.com · cer-rec.gc.ca · northatlantic.ca · connaissancedesenergies.org · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr
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