Element Power/Blackrock
** Il y a dix ans, BlackRock absorbait déjà des pipelines éoliens via ses fonds dédiés ; aujourd’hui, le géant de l’asset management est à la fois bâtisseur d’infrastructures vertes et cible de plaintes pour « durabilité » surfacturée.
À propos de Element Power/Blackrock
1. Modèle économique
Element Power n’est plus, selon les éléments publics disponibles en 2026, une société cotée ou un opérateur isolé facilement chiffrable : c’était un développeur d’éolien (sphère Hudson Clean Energy), qui a cédé des projets irlandais à un fonds BlackRock NTR Renewable Power dès 2013, selon la presse économique irlandaise (Independent.ie). La logique : construire, agréer, puis transférer l’actif vers un véhicule de titrisation/gestion longue — revenus pour BlackRock issus de frais de gestion, de carried interest et de la valorisation du portefeuille, pas d’un « chiffre d’affaires Element » consolidé publiquement.
Sur le volet européen actuel, la filiale Renner Energies (ex-Windvision, renommée en 2023) incarne un modèle développeur + co-investissement citoyin sur de l’éolien, du solaire et de l’agrivoltaïsme, avec une équipe d’une centaine de personnes annoncée sur son site (à propos de Renner) et un plan de 500 M€ d’investissement en France visant 5 GW d’ici 2027 (L’Energeek). BlackRock est entré au capital via le fonds Global Renewable Power III en 2020, toujours selon les contenus corporate de Renner — sans fusion juridique avec l’ancienne coque Element Power.
Parallèlement, BlackRock industrialise l’échelle mondiale : rachat de Global Infrastructure Partners bouclé à 12,5 Md$ en octobre 2024 (Windpower Monthly), prise de 20 % dans Recurrent Energy pour 500 M$ la même année (11 GW opérationnels, 26 GWp de pipeline fin 2024) (communiqué Recurrent), refinancement 3 Md$ pour Atlas Renewable Energy en Amérique latine (ESG Today), et deals solaire + stockage aux États-Unis (portefeuille 89 MWc depuis Excelsior) (ESG Today). Données non trouvables publiquement pour un bilan consolidé « Element Power » après absorption : tout chiffrage opérationnel pertinent se lit au niveau BlackRock Infrastructure & Private Markets ou des sociétés portfolio.
2. Impact réel
Le parc Barranafaddock (Waterford), profilé à 34,2 MW et développé par Element Power selon la base sectorielle (Power Technology), illustre l’impact local d’une EnR terrestre : électricité bas-carbone injectée sur le réseau, mais avec empreinte paysagère et conflits d’usage (voir ci-dessous). Les annonces Renner sur 5 GW cibles en France vont dans le sens des objectifs PPE (accélération EnR), sans qu’un bilan carbone certifié consolidé Element/BlackRock EnR soit cité ici : donnée non retrouvée dans les sources ouvertes consultées pour ce volet précis.
À l’échelle globale, les GW injectés via Recurrent, Atlas ou les actifs latino-américains réduisent l’intensité carbone du mix électrique là où ils remplacent du thermique ; l’effet net dépend toutefois du contenu carbone résiduel du portefeuille global BlackRock (ci-dessous).
3. Innovations / partenariats
Le closing GIP–BlackRock intègre notamment Clearway Energy, renforçant une plateforme utility-scale États-Unis (Windpower Monthly). Recurrent Energy capitalise sur un pipeline solaire massif (26 GWp fin 2024) (communiqué Recurrent). En Mexique, la presse régionale décrit une plateforme de 4 510 MW issue de la combinaison Saavi Energia / Grupo México, avec présence BlackRock dans l’écosystème Saavi (Rio Times) — signal d’intégration verticale Sud + Nord. En Europe, Renner met l’accent sur participation locale et agrivoltaïsme (site Renner – éolien) : innovation organisationnelle autant que technologique.
4. Greenwashing / zones grises
Plainte AMF (France) : en octobre 2024, ClientEarth dépose une plainte pour greenwashing visant BlackRock et 18 fonds classés durables (articles 8 et 9 SFDR), au motif d’expositions fossiles incompatibles avec le discours (dossier PDF ClientEarth). Chiffrage ONG : le rapport Reclaim Finance (mars 2024) estime à 227 Md$ l’exposition cumulée de BlackRock et de quatre autres géants à des entreprises productrices ou développeurs de combustibles fossiles via fonds indiciels « durables » (rapport Reclaim Finance) — tension quantifiée entre marketing ESG et poids réel du secteur fossile dans l’indexation passive.
Comptabilité des fonds EnR : le fonds phare Global Renewable Power III affiche une IRR nette de −0,3 % en 2024 après dépréciations (échecs batteries type Northvolt, stress sur certains actifs), avec remaniement de la gouvernance du pôle (Bloomberg Law) : le vert ne garantit ni rendement ni réputation. Enfin, le livre blanc Energy Pragmatism (2024) assume un pragmatisme assumé : financer EnR et fossiles selon les « besoins du système » (politique énergétique BlackRock), ce qui alimente le risque de dichotomie entre discours climatique et allocations réelles.
Contestation locale : la Cour suprême irlandaise a rejeté en 2024 le pourvoi de riverains estimant que l’éolien Barranafaddock serait hors autorisations (dont l’épisode des pales élargies 90 m → 103 m) (Irish Examiner, The Avondhu) — rappel que l’acceptabilité reste un facteur réglementaire majeur même pour les actifs amortis financièrement.
Cession Renner : BlackRock aurait mandaté des banques pour céder Renner, dans un marché développeurs tendu (GreenUnivers – veille mars 2026, brève décembre 2025) ; incertitude sur valorisation et continuité des promesses GW France non résolue publiquement.
5. Positionnement stratégique
BlackRock joue la titane des infrastructures bas-carbone (GIP, Recurrent, Atlas) tout en gardant une Jambe passive géante sur les fossiles, et en corrigeant par écritures ses fonds alternatifs lorsque la valorisation du risque techno saute (GRP III). L’architecture Mexico + USA + Europe reflète une diversification géopolitique des pipelines EnR alors que les États-Unis et UE divergent sur subsides et contentieux ESG.
Verdict WattsElse
BlackRock ne « fait pas » la transition comme un développeur pur : il la capitalise, la provisionne, et parfois la revend — et c’est précisément là que se joue son authenticité climatique, entre GW sur le terrain et Md$ encore indexés sur l’ancien monde.
Sources : independent.ie · renner-energies.com · lenergeek.com · windpowermonthly.com · prnewswire.com · esgtoday.com · esgtoday.com · power-technology.com · riotimesonline.com · renner-energies.com · clientearth.org · reclaimfinance.org · news.bloomberglaw.com · blackrock.com · irishexaminer.com · avondhupress.ie · greenunivers.com · greenunivers.com
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