Elogen
** Filiale de GTT, Elogen incarne la promesse française des électrolyseurs PEM — jusqu’au clash de 2024-2025 entre ambition industrielle et marché qui peine à décoller.
À propos de Elogen
1. Modèle économique
Elogen vend des électrolyseurs à membrane échangeuse de protons (PEM) pour produire de l’hydrogène, en ciblant projets industriels, intégrateurs et opérateurs d’actifs (site corporate). Rachetée par GTT en 2020, l’entreprise — héritière d’un socle Areva H2Gen rappelé dans la presse spécialisée (GreenUnivers) — dépend structurellement de la capacité de sa maison mère à financer la montée en charge et de la visibilité des commandes sur un marché encore en phase d’amorçage.
Le 10 février 2025, GTT indique qu’Elogen n’a pas obtenu de commandes significatives en 2024 et publie un EBITDA de −33 M€ sur l’exercice 2024, chiffre non audité (communiqué GTT). Dans la foulée, le groupe annonce un projet de réorganisation pouvant aller jusqu’à 110 suppressions de postes (PSE, phase volontaire en premier temps), la suspension du chantier d’usine de Vendôme et, « à terme », un recentrage sur la R&D après exécution des commandes en cours (même source). Aucun chiffre d’affaires publié spécifiquement pour Elogen n’a été trouvé dans ces documents : l’agrégat pertinent livré par la maison mère est avant tout cette perte d’exploitation.
2. Impact réel
L’impact climat d’un électrolyseur n’est pas « dans la boîte » : il se joue au mix électrique qui alimente la stack et à l’usage aval (mobilité lourde, industrie, stockage). Quand il est couplé à du renouvelable, le PEM peut mutualiser les surplus et lisser la production : Elogen met en avant une livraison 2,5 MW pour le hub éolien offshore de CrossWind aux Pays-Bas (communiqué GTT). À l’échelle nationale, la programmation pluriannuelle et la stratégie bas-carbone fixent le cadre dans lequel ces équipements sont censés scaler — sans garantir, pour autant, un déploiement linéaire (présentation PPE 3).
Pour le « réel » opérationnel des écosystèmes H₂, les retours d’expérience publiés par l’ADEME insistent sur les verrous techniques, économiques et d’intégration : utile pour capter l’écart entre discours et déploiement mesuré. Un panorama de filière, hébergé chez Connaissance des Énergies, situe les solutions hydrogène dans un paysage européen concurrentiel — là où Elogen doit démontrer coût, fiabilité et cadence industrielle.
3. Innovations / partenariats
Sur l’innovation « dure », Elogen s’appuie sur une R&D stacks PEM et a structuré un laboratoire commun avec le CNRS et l’Université Paris-Saclay (annonce de novembre 2023) pour matériaux et procédés (Université Paris-Saclay).
Côté financement public majeur, le projet « gigafactory » et le renforcement de R&D ont été notifiés dans le PIIEC Hydrogène avec un soutien français jusqu’à 86 M€ de subventions maximales, via convention à venir avec Bpifrance (communiqué GTT). En 2025, l’entreprise continue de tisser des accords avec des intégrateurs — par exemple coopération annoncée avec Rockfin (Elogen) puis avec Fores Engineering sur l’électrolyse PEM (Elogen) — signaux commerciaux et d’ingénierie alors que le groupe revoit la voie industrielle.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas le slogan : c’est le découplage entre subventions massives et trajectoire industrielle. Un enveloppe PIIEC à 86 M€ maximal (communiqué GTT) coexiste avec une pause du site de Vendôme et un recentrage R&D (revue stratégique) : la question publique, légitime, est celle du rendement societal des aides lorsque le carnet d’ordres tarde.
Second angle : l’hydrogène « vert » peut servir de passe-partout communicationnel tant que la provenance de l’électricité et le rendement global chaîne ne sont pas traçables projet par projet — les travaux de synthèse et retours de terrain (ADEME, panorama filière) rappellent que la démonstration à l’échelle reste le juge de paix. Enfin, aucun rapport RSE ou déclaration CSRD autonome « Elogen » n’a été repéré dans cet échantillon : la transparence ESG est vraisemblablement absorbée par GTT, ce qui complique la lecture pour un observateur focalisé sur la filiale.
5. Positionnement stratégique
Après 2024, Elogen bascule d’une narration gigafactory à une narration savoir-faire + exécution des backlog — avec un choc de gouvernance en amont : la démission du DG de GTT est rapportée dans la presse financière comme liée aux difficultés de la filiale (Les Echos Investir). Dans ce décor, la tech PEM reste un levier souverain dans un marché dominé par des acteurs internationaux, mais la fenêtre d’ordres décidera si la France tient un champion équipementier ou un centre de R&D sous pavillon coté.
Verdict WattsElse : Elogen est l’illustration brutale du cycle hype / réalité de l’hydrogène : l’outil peut décarboner, mais l’entreprise qui le vend meurt ou vit du carnet — et quand l’État a parié gros, la suite se lit autant en comptes consolidés qu’en tonnes H₂ produites.
Sources : elogenh2.com · greenunivers.com · gtt.fr · gtt.fr · info.gouv.fr · librairie.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · universite-paris-saclay.fr · gtt.fr · elogenh2.com · elogenh2.com · investir.lesechos.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
2CRSi
Serveurs haute performance, low energy, et une pincée de mondialisation sous contraintes écolo – la recette d’un French Tech qui ne dort jamais.
Voir la fiche360 Smart Connect
Intégrateur high-tech qui promet une "révolution numérique" en boostant la connectivité des entreprises… pour un monde toujours plus connecté, à défaut d'être toujours plus simple.
Voir la fiche8.2 France
Anciennement 8.2 France, la structure a vécu une dislocation marquante : le gros de l’activité d’audit technique (éolien, solaire) a rejoint Socotec Power Services en juin 2025, tandis que le conseil et l’ingénierie d’accompagnement cherchent un second souffle sous la raison sociale 8.2 Advisory, aujourd’hui ancrée à Bordeaux.
Voir la ficheABB (Canada)
Une filiale suisse cotée Zurich qui enfonce le clou dans l’Ontario nucléaire, consolide le sud de Montréal en usine géante et vend des briques climat aussi bien au gaz naturel qu’aux réseaux bas carbone — sans publier un chiffre d’affaires propre au Canada consolidé ligne à ligne dans les rapports monde.
Voir la ficheABB (Germany)
L’ABB présente au Sud de l’Allemagne n’est pas une start-up lithium : le groupe Zurich y déploie l’échelle du conglomérat (automatisme, forte électrification, automatisation industrielle).
Voir la ficheABB (Japan)
Le archipel pousse le Green Transformation à un rythme industriel élevé : ABB y vend surtout de l’électrification, des moteurs/variateurs et des solutions portuaires/maritimes.
Voir la ficheABB Ltd
ABB avance sur la bonne ligne de fracture de la transition: électrifier, automatiser, rendre l’industrie moins gourmande.
Voir la ficheABB (Norway)
Derrière le logo suisse, l’entité qu’il faut regarder ici est bien l’empreinte norvégienne d’ABB: une organisation pays multi-activités, dont les comptes publics les plus nets remontent à ABB Electrification Norway AS, tandis que les grands contrats climat passent par ABB in Norway au sens large.
Voir la fiche