Energypac Power Venture Thakurgaon
Energypac Power Venture Thakurgaon Limited (EPVTL) désigne bien la société projet de production indépendante basée dans le district nord de Thakurgaon au Bangladesh : centrale au fuel lourd (HFO), contrat avec l’État, investisseurs bangladais et étrangers.
À propos de Energypac Power Venture Thakurgaon
1. Modèle économique
EPVTL est une IPP dont le chiffre d’affaires repose quasi exclusivement sur un contrat PPA de 15 ans avec le Bangladesh Power Development Board (BPDB), seul acheteur de l’électricité. La centrale annonce 115 MW de capacité brute et 108 MW nets, avec une mise en service commerciale au 1er mars 2022, après des retards liés notamment à la pandémie et aux aléas hydrométéorologiques selon la chronologie retenue par les observatoires d’infrastructure. Le schéma actionnarial public est un joint-venture : 51 % côté véhicule Energypac / entités du groupe et 49 % pour l’investisseur associé EMA Power, configuration documentée par la presse et les profils techniques. Les comptes consolidés de la maison-mère cotée EPGL — à distinguer strictement d’EPVTL — montrent une perte nette de 105 crores de taka sur l’exercice 2024-2025 et 250 crores cumulés sur trois exercices ; les revenus annuels d’EPGL sont donnés autour de 3,09 milliards BDT en FY25 avec, en contrepoint, une chute sévère du chiffre d’affaires trimestriel fin 2025 selon la même base. Un effectif ou un CA ventilé spécifiquement pour le site de Gouripur / Gauripur n’a pas été isolé dans les sources ouvertes consultées.
2. Impact réel
Par conception, l’actif est 100 % fossile : six moteurs MAN 18V48/60TS brûlent du HFO importé. Il n’existe pas, dans les dossiers publics repérés, de mix EnR associé à ce périmètre ni de chiffrage vérifié d’émissions de CO₂ propre à l’installation : l’impact climat se lit donc surtout par la logique (électricité dispatchable à forte intensité carbone) et par le verrou technique sur un combustible lourd. Pour le cadre français, la programmation pluriannuelle de l’énergie ne s’applique évidemment pas à la juridiction bangladaise ; en revanche, elle rappelle l’écart structurel entre ce type d’actif et la trajectoire européenne de réduction des usages des liquides et gaz les plus carbonés. Un article de référence sur les tensions réseau au Bangladesh situe le contexte : sécurité d’approvisionnement et pics de demande, où les centrales thermiques restent des colliers de la pression — au prix environnemental associé.
3. Innovations / partenariats
Sur le plan technologique, l’« innovation » se résume à un package moteurs à haut rendement fourni par MAN Energy Solutions et à l’ingénierie d’exécution via l’écosystème Energypac. Côté financement, le projet a mobilisé un prêt de 16,5 millions USD de l’OPEC Fund pour la construction, au titre de l’électrification du nord du pays, et une couche d’equity internationale : la littérature de suivi cite notamment environ 16 millions USD engagés par Daelim Energy à travers le véhicule EMA Power, selon le profil d’infrastructure recensé par Energy Transition BD. Il s’agit davantage d’un montage classique d’infrastructure IPP que d’un pivot bas-carbone.
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « électrification » ne doit pas occulter la double contrainte liquidité / change. La presse économique bangladaise documente pour Thakurgaon des retards de paiement de la BPDB jusqu’à 165 jours, à comparer aux 30 jours contractuels, ce qui a contraint l’opérateur à ne plus pouvoir ouvrir des lettres de crédit pour l’import de carburant — risque direct d’arrêt de production — et a généré 12 millions USD de pertes de change pour l’investisseur EMA Power (article de janvier 2025). Parallèlement, la dégradation des comptes de l’acheteur public alimente un risque systémique : les pertes de la BPDB auraient bondi, avec un ordre de grandeur publié à 170,21 milliards BDT sur FY24-25 (presse spécialisée). En gouvernance, la cession en 2023 de 51 % à une entité apparentée (Sonargaon Leather) — détaillée aussi par The Daily Star — a été interprétée comme une opération de nettoyage de bilan pour la coquille cotée, ce qui interroge la lisibilité des agrégats « verts » ou « résilients » dans les communications de groupe. Aucun rapport RSE de type CSRD ou déclaration carbone auditée n’a été trouvé pour EPVTL dans les extrants consultés.
5. Positionnement stratégique
Jusqu’au 28 février 2037 selon le calendrier PPA, l’actif reste économiquement indexé sur la capacité de l’État à honorer ses factures et sur la stabilité du taka face à une facture carburant en devises. La maison-mère recommande malgré tout un dividende cash de 2 % pour FY25, signe d’une tension entre message actionnarial et séquence de pertes. À l’échelle du réseau, EPVTL demeure un levier court terme pour le nord — utile en pointe — mais stratégiquement exposé au débat national sur la dette du secteur électrique et sur le coût social des importations fossiles.
Verdict WattsElse
EPVTL incarne le paradoxe d’une infrastructure présentée comme vitale pour le réseau, mais tenue en pilotage automatique fossile et cassée financièrement par son unique client. Tant que l’argent de l’État tarde au-delà du calendrier contractuel, même la meilleure turbine reste un otage du carburant qu’elle n’achète pas — et du climat qu’elle confirme quinze années durant jusqu’à 2037.
Sources : energytransitionbd.org · connaissancedesenergies.org · gem.wiki · en.bonikbarta.com · epvl.com.bd · tbsnews.net · stockanalysis.com · ecologie.gouv.fr · opecfund.org · thefinancialexpress.com.bd · tbsnews.net · thedailystar.net
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q111265758
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
UZHNU UZHHOROD NATIONAL UNIVERSITY STATE HIGHER EDUCATIONAL INSTITUTION
Face à la guerre et aux coupures, l’Université nationale d’Oujhorod ne « fait pas de la transition » comme un campus occidental : elle enchaîne prêts nordiques, enveloppes NRFU et dons britanniques, tout en s’appuyant sur un diesel de secours.
Voir la ficheAiteo
Le groupe nigérian Aiteo incarne la montée en puissance des acteurs « indigènes » dans l’énergie fossile africaine : amont à grande échelle, aval, stockage, et ambitions raffineries à l’export du sous-continent.
Voir la ficheUNIVERSITE TOULOUSE III - Paul Sabatier
Une université géante accro au réseau de chaleur et à l’électricité, sous injonction de sobriété : le cas Rangeuil illustre le décalage entre la transition affichée et un bâti des années 1960 sous-financé.
Voir la ficheIndo Synthetics ltd
Le nom « Indo Synthetics ltd » ne correspond à aucune personne morale pétrolière et gazière clairement identifiée dans les registres et corpus ouverts consultés ; en revanche, il résonne fortement avec Indo Rama Synthetics et autres fabricants de polymères — le champ Indo Rama Synthetics (India) Ltd est textile/polyester, pas exploration‑production.
Voir la ficheSociedad GNL Mejillones S.A.
Elle a été dessinée pour sécuriser le nord minier chilien quand le gaz manquait : aujourd’hui, Sociedad GNL Mejillones S.A.
Voir la ficheDS Smith Paper Deutschland GmbH
Filiale industrielle historiquement ancrée à Aschaffenburg, DS Smith Paper Deutschland GmbH incarne à la fois une filière carton recyclé très énergivore et un laboratoire de valorisation énergétique des résidus.
Voir la ficheCampbellford-Seymour Electric Generation Inc
Deux centrales au fil de l’eau sur la Trent, une licence provinciale jusqu’en 2043, un barrage qui n’appartient pas à l’opérateur : Campbellford/Seymour Electric Generation Inc.
Voir la ficheBeta Power
Beta Power n’est pas une start-up anonyme : derrière ce nom se cache une société locale qui tire ses revenus de l’électricité vendue à un acheteur unique, dans un pays où chaque contrat à plusieurs centaines de millions devient arène électorale.
Voir la ficheSistemas Energéticos Cabezo Negro, S.A.
Cabezo Negro n’est ni un indie ni un pari startup : c’est une filiale à guichet unique du groupe Siemens Gamesa, ancrée à Zaragoza, dont la vocation affichée est d’opérer et de porter des actifs éoliens, au premier rang un site d’essai près de Jaulín qu’on présente comme I + D.
Voir la ficheSociété nationale d'électricité du Sénégal (Senelec)
L’électricien public sénégalais qui jongle entre centrales solaires et lignes haute tension, pour électrifier un pays tout en restant sous perfusion étatique.
Voir la ficheForestalia - Repsol
L’alliance Forestalia–Repsol vise un des plus gros « paquets » d’Espagne autour d’Escatrón : éolien massif, cycle combiné au gaz et raccordements pensés pour l’industrie lourde du numérique.
Voir la ficheEnel Distribución Perú
Réseaux de distribution régulés sous les tropiques : peu de métier plus « infra » pourtant aussi politique.
Voir la ficheEuroil
Sous l’étiquette « pétrole et gaz » se cache ici moins un producteur qu’un maillon discret de la chaîne de valeur pétrolière : bureaux d’études, maîtrise d’œuvre, projets clés en main et commerce international.
Voir la ficheAsiaGreen Energy Corporation
IDENTITÉ À CLARIFIER : le corpus public ne donne aucune correspondance française et fiable à la dénomination exacte « AsiaGreen Energy Corporation ».
Voir la ficheThüringer Energie AG
L’un des grands visages de la transition allemande côté réseaux passe aussi par une dose de réalité comptable : en Thuringe, la TEAG affiche un exercice 2025 solide, porté par un rebond du gaz et des investissements massifs dans les infrastructures — tout en conservant une empreinte fossile lourde dans la confection locale de son bilan carbone.
Voir la ficheEraring Energy
Eraring Energy désigne l’ancienne société publique de production électrique de Nouvelle-Galles du Sud (Australie), intégrée à Origin Energy en 2013 : aujourd’hui, le nom circule surtout comme étiquette d’exploitation du site d’Eraring, où se joue un double pari — stockage massif en batteries et prolongation de la plus grande centrale à charbon du pays…
Voir la ficheShri Vedganga ssk
Coopérative sucrière du Maharashtra, Shree Dudhganga Vedganga Sahakari Sakhar Karkhana (souvent raccourcie en « Vedganga » ou « Bidri Sugar ») ne vend pas une marque de mode ni une start-up : usine de broyage, sucre, mélasse, cogénération bagasse et éthanol, ancrée à Bidri (district de Kolhapur).
Voir la ficheTata Power Solar Systems Limited (TPREL)
Au moment où la fabrication de modules peut valoir géopolitique d’investissement, une zone grise disparaît peu : TPREL, ce n’est pas le nom légal ancien « Tata Power Solar Systems Limited » — deux entités différentes, dont la seconde a été fondu dans la première depuis octobre 2024 (schéma de fusion TPREL / filiales).
Voir la ficheAela Eólica Sarco SpA
Région d’Atacama, PPA et câbles : Aela Eólica Sarco SpA (Chili) n’est pas un « réseau » au sens de transport ou de distribution électrique, mais une société de production éolienne dont la trésorerie est indexée sur des acheteurs distributeurs.
Voir la ficheSaline Water Conversion Corp Corp
Sous une appellation qui ressemble à une coquille (« Corp » en double), se cache l’ancienne Saline Water Conversion Corporation (SWCC) — aujourd’hui le cœur opérationnel du dessalement dans la sphère Saudi Water Authority (SWA).
Voir la ficheSWE Energie GmbH
À Erfurt, la SWE Energie GmbH incarne le bras « énergie » d’un service municipal en mutation : des comptes 2024 en trombe, mais un mix encore très accroché au thermique et un virage climat qui passe par des leviers lourds — hydrogène, géothermie, subventions — encore partiellement dans les cartons.
Voir la ficheGUARANTEED
** Née en 2019 au carrefour de la sidérurgie et du numérique, Guaranteed promet de réparer des pièces métalliques massives là où l’industrie abandonnait.
Voir la ficheUNIVERSITE MOHAMMED 6 POLYTECHNIQUE
L’université Mohammed VI Polytechnique n’est pas une fac comme les autres : elle relie cours, pilotes industriels et start-ups sous la même bannière que la stratégie phosphate–hydrogène du groupe OCP.
Voir la fichePan American Energy
Le deuxième jeu d’un géant gazier-pétrolier régional qui affiche turbines au Nordeste et schiste à la Patagonie.
Voir la fiche