Team for the Planet
Holding « à but non lucratif » née du crowdfunding citoyen, Team for the Planet a bâti un récit rare : 100 innovations mondiales, licence ouverte, « dividendes climat ».
À propos de Team for the Planet
1. Modèle économique
Société en commandite par actions (SCA), siège historique à Lyon, la structure investit entre 500 k€ et 5 M€ par solution, en prenant en général le contrôle de filiales qu’elle fait grandir. Les ressources viennent des apports d’actionnaires (citoyens et entreprises) et, depuis 2024, d’un apport d’État : en mai 2024, l’entrée d’ADEME Investissement à hauteur de 5 millions d’euros s’inscrit dans un tour de table de 10 millions d’euros (effet de levier public « un euro pour un euro », dixit le communiqué de l’époque). Sur son site, le groupe indique aujourd’hui 37 millions d’euros levés en cinq ans et 130 000 actionnaires — ordre de grandeur cohérent avec les effectifs d’actionnaires privés (≈120 000) et d’entreprises (≈18 000) mentionnés en presse spécialisée au printemps 2024. Le chiffre d’affaires consolidé de la holding et l’effectif exact de la tête de groupe ne sont pas retrouvés dans les extraits publics vérifiés ici (comptes détaillés : à consulter via les documents légaux de la structure). Un un milliard d’euros levés d’ici 2030 reste l’ambition chiffrée affichée depuis les débuts.
2. Impact réel
L’entité se rémunère d’abord en « dividendes climat » : unités liées aux tonnes de GES évitées, dans une logique d’information extra‑financière que le ministre de l’époque mettait en avant. Le site revendique 83 554 tonnes de CO₂ évitées certifiées depuis 2023 (équivalences d’ordre pédagogique proposées en visuel) et compte aujourd’hui 14 innovations déployées pour un objectif de 100. Rien ne permet, dans les sources consultées, de rattacher ces volumes à un périmètre PPE3 ou à une trajectoire nationale précise : l’impact se lit au niveau de chaque filiale (refroidissement sans HFC, réduction d’aidage maritime, toitures réfléchissantes, etc.), plutôt qu’en pourcentage d’EnR national. C’est cohérent avec un rôle d’accélérateur de démonstrateurs, pas d’opérateur d’infrastructure régulé comme un producteur d’électricité.
3. Innovations / partenariats
Le portefeuille public mêle noms déjà visibles : Beyond the Sea (kite de traction navale), Seaturns (houle), Monomeris, Leviathan Dynamics (froid à l’eau), Cool Roof — détaillés côté presse et encyclopédie. Côté banque et épargne, le site annonce aujourd’hui une offre Crédit Coopératif (« Bank for the Planet ») et une assurance-vie avec Goodvest, signe d’une distributique de produits d’épargre labellisés autour de la marque. Le gouvernement, via 5 M€ d’ADEME Investissement en 2024, agit comme co-investisseur de référence auprès d’un écosystème d’innovation à déploiement long. Côté médiation technique, la presse d’ingénierie a déjà suivi tôt l’accélération de dossiers (à l’époque « Time for the Planet »).
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, la gouvernance de marque : l’ancien nom « Time for the Planet » a conduit à une condamnation en appel (2021) pour proximité avec la marque Time to Planet — épisode de litige plus que de greenwashing, mais qui pèse sur la crédibilité d’un discours « on est différents des autres». Ensuite, le cœur de la promesse — brevets ouverts + reprise massive = déploiement planétaire accéléré — heurte la prudence sectorielle : chaque filiale reste exposée à la démonstration industrielle (délai, coût, règles du jeu du shipping ou du BTP). Tiers point : en 2025–2026, l’introduction d’un marché secondaire et la cotation plus « financière » du titre, après un prix figé à 1 € (site corporate), reconfigurent l’incentive : la frontière se brouille entre rémunération carbone et thésaurisation boursière, avec un risque de communication où l’on vend à la fois urgence planétaire et rationalité d’actif — un terrain fertile aux critiques anti‑climat comme aux débats d’honnêteté d’intention, même si l’« impact counter » cherche à cadrer l’impact. Rapport CSRD ou document unique PPE3 au nom de la holding : non identifiés dans les recherches menées ici (transparence plutôt à la carte d’entité à entité, selon les exigences futures des filiales).
5. Positionnement stratégique
Team for the Planet occupe un créneau français encore minoritaire : la start-up d’infrastructure climat financée par une mégabase actionnariale et adossée à un partenaire public en capital risque (article de mai 2024). Le pari est d’industrialiser vite des briques de décarbonation — réfrigération, surfaces réfléchissantes, traction marine — en captant l’attention d’un réseau social massif. Le signal récent le plus clair côté marché est l’hybridation du modèle de retour (dividendes carbone + liquidité) : elle dit la pression des actionnaires, mais aussi l’alignement avec un marché du capital‑impact qui cesse d’accepter l’illiquide pur.
Verdict WattsElse
Team for the Planet a réussi l’exploit d’échouer l’espace entre finance participative, holding industrielle et narrative climat ; la suite se joue à l’épreuve des unités : tonnes évitées dans la feuille de route 2030, pas dans le nombre de vues. L’histoire, ce n’est plus seulement le million de manifestes, c’est le prochain GWh ou million de tonnes réellement déplacé.
Sources : ademe-investissement.fr · lesechos.fr · fr.wikipedia.org · lesechos.fr · team-planet.com · team-planet.com · techniques-ingenieur.fr
Données clés
- Fondée
- 2019
- Siège
- Paris, France ↗
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