Eurus S. A. P. I. De C. V.
Mexico (pays précisé par les sources sur la SPV, non par l’entrée brute.)
À propos de Eurus S. A. P. I. De C. V.
Une SPV créée sous le nom Eurus S.A.P.I. de C.V. porte depuis près de vingt ans l’un des projets-phares de l’auto‑approvisionnement (*self‑supply*) mexicain, verrouillé entre un producteur européen d’EnR et un géant mondial du ciment. À la veille des remous juridiques de 2024‑2026, ce parc peut autant faire figure de vitrine climat pour Cemex qu’être redistribué dans un panier mexicain d’« actifs stratégiques » par Acciona Energía.
1. Modèle économique
Selon les éléments publics compilés pour le financement multilatéral, Eurus S.A.P.I. de C.V. est une véhicule ad hoc créé dans les années 2000 pour développer et exploiter le parc situé dans l’isthme de Tehuantepec (État d’Oaxaca): la cascade capitalistique rapportée est 94 % détenues par Acciona Energía México contre 6 % pour Cemex México. Le modèle combinait investissement dans la SPV et contrat bilatéral de long terme, PPA vendeur‑acheteur de l’électricité sur vingt ans au profit du cimentier, dans le régime mexicain d’auto‑consommération industrielle. Une part du risque projet a été apportée par la SFI, jusqu’à 75 millions USD de dette approve (senior + subordonnée). Les recettes reposent ainsi quasi exclusivement sur le débit physique des 167 turbines et sur la solvabilité contractuelle du client CEMEX plutôt que sur un cours de marché marginal transparent. À ce jour nous n’avons pas trouvé de compte séparé publié pour cette SPV (chiffre d’affaires consolidé intra‑Mexique traité sous le parapluie d’ACCIONA / CEMEX), ni d’effectif dédié chiffré publiquement: répartition capitalistique IFC + PPA : voir révélation IFC Eurus. L’investissement initial annoncé côté ciment était de l’ordre de 550 millions USD pour la mise en chantier inaugurée sous mandat présidentiel en 2009, signalant l’échelle industrielle avant même la mise en ligne complète (communiqué d’investissement précoce).
2. Impact réel
La fiche projet Mexique‑Acciona Met mise à jour en 2024 retient désormais 250,5 MW nominaux livrant en moyenne 989 GWh d’« électricité propre » injectée par an (capacités et production projet). Côté acheteur, CEMEX affirme que cette électricité évite quelque 600 000 t de CO₂ chaque année et couvre désormais la fraction significative suivante : jusqu’à un quart du courant utilisé dans les usines mexicaines du groupe (chiffres reprises également par la communication Acciona projet). Ce type de projet ne remplace toutefois pas une valorisation exhaustive du cycle de vie carbone du ciment (scope 1 très énergivore : combustion des fours ; le parc amortit avant tout le facteur mix réseau des opérations locatives mexicaines pour le compte du cimentier, pas une neutralité absolue de la matière elle‑même). La comparaison directe avec la programmation française PPE 3 ou les fiches outils ADEME fournit peu de sens sectoriel : le site est américain ; nous ne forçons aucun extrapolation chiffrée « France‑Mexique ».
3. Innovations / partenariats
Sur le papier métier ce n’est pas une techno de rupture mais un parc de série à base d’éoliennes Acciona Windpower AW 70 / 1 500 kW — la nouveauté tenait davantage au premier très grand pacte self‑supply industrielle mexicaine reliant un producteur européen d’EnR et un cimentier en captif long qu’aux brevets de machine. Au‑delà de l’alliance actionnariale, le triple verrou IFC‑Acciona‑Cemex a structuré l’apport IFC en dette jusqu’à 75 millions USD, marquant une finance climat développemental très tôt dans les années 2000 pour un corridor éolien d’Afrique américaine très venteux (finance climat développemental). Aujourd’hui l’accent public se déporte vers la stratégie de portfolio management groupe Acciona : EBITDA ACCIONA Energía groupe rapporté à 1,123 mds € en 2024 dans l’ensemble annuel intégré Acciona 2025, soit un signal que la rentabilité brute des fermes amorties est désormais moins médias que la valorisation financière lors de rotation d’actifs.
4. Greenwashing / zones grises
(i) Conflits territoriaux chiffrés: la presse spécialisée climat rappelle qu’à l’échelle mega‑parc de l’isthme, au moins 15 personnes sont mortes dans la communauté autochtone San Mateo del Mar lors d’un épisode de violences « 2020 » dans un contexte d’hostilité cumulative aux développements éoliens de masse (tensions corridor éolien 2024); il n’apparaît pas de condamnation judiciaire spécifique reliant nommément la SPV Eurus‑éoliennes à cet événement, mais situer géographiquement Eurus tout près du foyer Juchitan/La Venta implique une exposition réputation forte (« même écosystème de plainte » foncières, consultation, militarisation‑criminalité : voir médias cités.). (ii) Risque discours industriels: le groupe ciment utilise volontiers le parc comme bouclier média bas‑carbone pendant que la cimenterie industrielle hors site reste structurellement émettrice fossilifère. (iii) Droits énergétiques: après la série de blocages contre EDF / autres développeurs, et la décision officielle d’accorder un permis 25 ans sur le marché de gros à San Carlos (198 MW) fin 2026, ACCIONA cherche aussi à rejouer les anciens périmètres « captifs » face à la loi industrielle mars 2025 — pression défavorable au mécanisme d’origine de Eurus et à la valeur résiduelle contractuelle (recadre marché mexicain 2026). (iv) Sortie de portefeuille?: Energy Magazine (août 2025) mentionne l’hypothèse d’explorer la cession d’un panier jusqu’à ~1 500 MW mexicains, ce qui métamorphoserait encore le pricing de garantie acheteuse envisagée par CEMEX après un éventuel repreneur : exposition à la fois politique‑réglementaire et M&A.
5. Positionnement stratégique
En mai 2026 Eurus incarne encore le pilier physique mexicain d’une alliance Spain‑cimenterie mondiale. Mais le triple front — protectionnisme CFE / nouvelle réglementation 2025, pressions géopolitiques autochtones documentées médiairement, rotation d’actifs Acciona — peut bouleverser le sens stratégique de ce bloc éolien: d’instrument de valorisation verte fournisseur → véhicule financier amorti coté Iberian utility. Dans la boîte noire géopolitique post‑Trump et post‑réformes électriques, les investisseurs en obligataires infra devront arbitrer valeur résiduelle vs coupon politique.
Verdict WattsElse
Megaparc « captif » au sommet nord‑ américain climat : electricité très bas carbone acheminée jusqu’aux fours industriels très carbonés, désormais prise en étau entre capitalisme vert financier européen et Mexique qui resserre la vis du self‑supply — tant que la ligne CFE‑présidence ne fait pas machine arrière : vous n’avez plus un projet éolien, vous avez une clause de goulet juridico‑politique.
Sources : disclosures.ifc.org · cemex.com · acciona-mx.com · cemex.com · acciona.com · climatechangenews.com · bnamericas.com · energymagazine.mx
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