EVTronic
Légal : Léognan, pas Courbevoie — après la liquidation d’EVBox, la manufacture historique des bornes rapides retrouve la famille avec une montagne de comptes et des créances clients qui tirent la langue.
À propos de EVTronic
1. Modèle économique
EVTRONIC est une SAS française (SIREN 500494984), avec pour nom commercial « EVBOX » selon les données registrales, implantée au siège social déclaré au 34 rue Denis Papin à Léognan (Gironde) — conformément aux registres consultés via une agrégation de données légales que reflète aussi une vue métier comme la base RubyPayeur. Si votre fichier géographique indiquait Courbevoie, faites la mise au point : rien dans ces registres n’ancre la société en ville ligne‑Paris ; le rattachement Courbevoie peut être une confusion (typiquement avec une donnée tiers — par exemple réseau mandataires/advisors — sans lien avec le siège lui‑même). Le socle industriel est la conception‑fabrication de bornes de recharge rapide en courant continu au périmètre repris depuis la tourmente EVBox/Engie. Au closing du 31 décembre 2024, les comptes agrégés sur RubyPayeur font état d’un chiffre d’affaires de 30 039 416 € (+ 14 %), mais d’un résultat net de − 5 036 498 €, alors que la marge brute recule fortement (− 22 % à ~ 20,8 M€), signature d’un modèle sous tension tarifaire et industrielle en même temps qu’un marché qui croît encore à la pompe. L’actionnaire‑président affiché en janvier 2025 est La Financière de Pessac, avec recapitalisation en ligne avec les mentions greffe évoquées par RubyPayeur (capital ~ 44,97 M€). Du côté humain, l’offre de reprise portée par Éric Stempin via cette holding visait à conserver 134 collèges, dont 100 au site bordelais et des fonctions transverses (ventes, SAV, R&D, innovation), comme FrenchWeb l’a précisé le 16 octobre 2024 au lendemain de discussions avec les représentants du personnel — boucle confirmée dans les grandes lignes par une analyse infra comme CFNEWS INFRA au printemps 2025. Les revenus reposent donc sur équipements DC et écosystème logiciel‑services associés aux réseaux de recharge ; la dépendance est manifeste au financement des déploiements par les opérateurs (Ionity, utilities, collectivités, flottes) et à la capacité à transformer les carnets de commandes en cash malgré la taille du besoin en fonds de roulement.
2. Impact réel
Les bornes rapides sont un maillon indispensable pour décarboner les trajets routiers lorsque le réseau et les usages accompagnent ; elles ne « font » pas le climat à elles seules : l’impact dépend du mix électrique au moment de la charge et des externalités matière/construction. Ce que mesurent mal les bilans unitaires publics d’EVTronic est précisément une photographie life‑cycle ou « CO₂ évité » consolidée — données non retrouvées dans les sources consultées pour cette fiche. En revanche, le cadre européen impose désormais une cadence et une qualité de service sur les corridors routiers ; la doctrine peut être lue dans le règlement AFIR qui structure les objectifs d’infrastructure charge pour les TEN‑T et au‑delà — les industriels comme EVTronic vivent de cette obligation juridique transformée en marché. À l’échelle française, la « bonne » histoire climat reste donc indirecte : fournir du matériel capable de livrer de la puissance sans fragmenter le réseau urbain (formats compacts pour parkings souterrains, voire modularité). Les gains d’efficacité énergétique annoncés sur certains modules DC (un média pro cite 97,5 % pour la famille Troniq Compact Modular) sont un levier technique réel mais à relativiser : ce sont des performances déclarées en documentation/communication fabricant/relai média, pas un audit français ADEME retrouvé ici.
3. Innovations / partenariats
Le produit phare identifié dans les communications récentes est la plateforme Troniq Modular / Compact Modular, pouvant monter en puissance par paliers selon les fiches techniques EVBox et les tests terrain décrits par les médias spécialisés ; la version compacte (~ 1,92 m de hauteur) cible explicitement les contraintes d’intégration en sous‑sol (article Auto‑Infos). Côté mise en service récente, un média spécialisé recharge mentionne une première installation à Monaco avec SMEG, mise en service le 29 septembre 2025, avec puissance modulable annoncée entre 40 et 200 kW (Réseaux‑Recharge voiture électrique). Le communiqué médiatique y cite une collaboration plus ancienne entre EVBox et SMEG ; utile comme vitrine européenne urbaine, même si la suite industrielle dépendra du soutien financier post‑reprise. Les angles « modulaire », « upgrade » et « AFIR » figurent aussi dans la documentation constructeur publique sur les chargeurs DC évolutifs (EVBox Troniq Modular).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier signal qui empêche tout storytelling « startup verte irrésistible » est comptable : au 31/12/2024, RubyPayeur calcule un DSO de 517 jours (contre 486 jours un an plus tôt), soit plus d’un an et demi de créances clients en équivalent jours de CA — révélateur de tensions clients‑contrats ou de structure contractuelle qui dilue la visibilité cash. Ajoutez la perte nette de − 5 M€ sur la même année où le CA repart (+ 14 %), et vous obtenez une photographie de fragilité résiduelle après tourmente capitalistique, incompatible avec un narratif de pure transition sans friction. Le deuxième angle « gris » est organisationnel : à l’automne 2024, FrenchWeb détaille une scission fonctionnelle des responsabilités entre DC repris par EVTronic et parc AC orienté vers une filiale néerlandaise montée par Engie, avec exclusion des activités USA du périmètre — configuration qui peut fragiliser les clients aux installations mixtes AC/DC du point de vue de la simplicité contractuelle et du service long terme. Aucun rapport CSRD/RSE spécifique EVTronic n’a été isolé dans ces sources ; ce silence documentaire lui‑même est une zone grise pour un équipementier censé incarner la mobilité bas carbone : sans données publiées de cycle de vie ou d’empreinte fabrication, les arguments « verts » restent surtout qualitatifs.
5. Positionnement stratégique
La stratégie affichée est celle d’un retour à la « maison » industrielle via La Financière de Pessac et Éric Stempin — fondateur historique — pour sauver le savoir‑faire DC français lorsque Engie coupa la cordelière à EVBox (CFNEWS INFRA). Les conseils M&A en rangées comme Translink CF ont cadré la narration « emplois sauvegardés » et continuité industrielle. À défaut de levées de fonds spectaculaires publiques récentes, l’« innovation » WattMonde repose ici sur produits modulaires et densification urbaine compatible corridor européen — le marché global reste hyper concurrentiel (fabricants asiatiques et européens intégrés, modèles Tesla verticaux). La consolidation capital‑social élevée peut amortir certaines tempêtes mais ne remplace pas un cash‑conversion cycle sain.
Verdict WattsElse
EVTronic incarne la fragile noblesse du « hardtech » français : utile au climat par la fonction, brutal au bilan tant que 517 jours de DSO racontent une guerre des balances clients plus qu’une romance électrique — la transition passe aussi par qui paie à temps.
Sources : rubypayeur.com · frenchweb.fr · cfnewsinfra.net · eur-lex.europa.eu · auto-infos.fr · reseaux-recharge-voiture-electrique.com · evbox.com · translinkcf.fr
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