EY (Ernst & Young)
London capte bien l’institution traitée ici : vous parlez du réseau mondial EY (anciennement Ernst & Young), membre du Big Four, structuré autour d’Ernst & Young Global Limited au Royaume-Uni, et non d’une homonyme locale.
À propos de EY (Ernst & Young)
1. Modèle économique
EY vend de la confiance (audit), de la transformation (conseil, tech, IA) et de l’optimisation fiscale, adossée à des mandats de stratégie et transactions sous la marque EY‑Parthenon. Sur l’exercice clos en juin 2025, le réseau annonce un chiffre d’affaires mondial de 53,2 milliards de dollars (+4 % en monnaie locale), avec en particulier 17,9 Md$ d’assurance, 16,4 Md$ de conseil, 12,7 Md$ de fiscalité et 6,2 Md$ pour EY‑Parthenon, la croissance de cette dernière ligne étant plate sur la période (communiqué CA FY25). L’effectif avoisine 400 000 professionnels dans plus de 150 pays (même source). La dépendance aux grands comptes énergie et infrastructures reste structurelle : c’est à la fois un moteur de mandats en transition et un point d’achoppement quand l’indépendance d’audit est contestée (voir section 4).
2. Impact réel
Côté empreinte opérationnelle du réseau, EY met en avant une baisse de 54 % de l’intensité d’émissions (par dollar de revenu) et de 52 % par personne par rapport à 2019, avec une troisième année consécutive de réduction sur la plupart des opérations cœur scopes 1 et 2 (communiqué FY25). Sur le climat côté clients, le cabinet indique que près de 30 000 professionnels ont été mobilisés sur plus de 25 000 missions de durabilité en FY25, et que 300 000 formations liées à la durabilité ont été dispensées en interne (même source). Le baromètre climat 2025 publié par EY note, pour le secteur énergie, que seuls 59 % des entreprises suivies affichent une cible net‑zéro et 24 % un plan de transition jugé robuste (Climate Action Barometer 2025) : autant d’indicateurs diagnostiques sur la filière, pas un bilan carbone d’EY elle‑même. Aucune fiche ADEME, PPE3 ou Connaissance des Énergies centrée sur EY n’est ressortie dans cette recherche ; l’ancrage français public le plus net est plutôt le baromètre de filière (voir section 5).
3. Innovations / partenariats
La stratégie « All in » se traduit par une hausse de 30 % du chiffre d’affaires lié à l’IA en FY25 et un investissement annoncé de plus d’un milliard de dollars par an dans des produits et plateformes « AI‑first », dont la plateforme EY.ai, avec des coopérations NVIDIA (lancement de l’EY.ai Agentic Platform en mars 2025) et IBM watsonx pour la fiscalité (communiqué FY25). Sur les transactions bas carbone, EY a pris des rôles de conseil avérifiés dans des opérations d’éolien en mer, par exemple un deal de 405 MW impliquant European Energy et TotalEnergies au Danemark (communication EY DK). En France, la nouvelle vague du baromètre EY/EVOLEN 2025 croise données comptables de 799 entreprises et retours qualitatifs (105 membres EVOLEN), élargissant le volet marché‑emploi à 8 995 sociétés hors distributeurs carburants (Panorama France 2025).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier paradoxe est économique et déontologique : aux États-Unis et au Royaume-Uni, Shell a révélé en juillet 2025 que EY avait franchi les durées de rotation des associés responsables, ce qui déclenche une procédure formelle du Financial Reporting Council annoncée le 15 décembre 2025 sur l’audit des comptes 2024 de Shell (Reuters), dans la foulée des légers réajustements réglementaires US alors que les états financiers ne changent pas selon Reuters. La perte du mandat fait l’objet d’articles de presse évoquant une valorisation annuelle autour de 66 millions de dollars pour l’audit de Shell (European Business Magazine), chiffre journalistique, non repris tel quel dans le communiqué financier mondial FY25 cité plus haut.
Un second front touche à la crédibilité des modélisations climat. En Australie, des ONG accusent EY d’avoir conforté une communication pro‑gaz commanditée par le lobby Australian Energy Producers, avec plainte réglementaire évolutive documentée dans la presse généraliste et spécialisée (ABC News, Accounting Times). Enfin, le régulateur britannique a déjà sanctionné Ernst & Young LLP en avril 2025 pour avoir conservé trop longtemps l’audit d’une filière Veolia au Royaume-Uni, avec une sanction financière maximale de 500 000 £ ramenée à 325 000 £ après coopération (FRC UK). Ces trois dossiers donnent une mesure tangible du risque qu’un cabinet à la fois « consultant climat » et auditeur de majors soit pris dans des questions d’alignement.
5. Positionnement stratégique
EY mise sur une triple rampe de croissance : alliances tech, boutique stratégique EY‑Parthenon et services climat‑durabilité massifiés alors que les clients énergie peinent encore à industrialiser leur trajectoire bas carbone (59 % avec objectif net‑zéro, 24 % avec plan robuste, baromètre climat interne). À l’échelle française, les signaux de marché restent mitigés malgré une croissance de 4 % des acteurs énergétiques en 2024 et 61 % d’entreprises confiantes sur 12 mois, avec un climat de financement plus tendu (indice de confiance à 56 %) et 91 % des répondants intégrant un objectif ESG à leur feuille de route (Panorama France 2025). Le signal politique réglementaire des mois précédents, via le dossier Shell puis les sanctions rotation, peut tarifer très concrètement la promesse « trust » lorsque les réformes européennes (CSRD, assurance de durabilité) élèvent encore le niveau d’exigence.
Verdict WattsElse
EY incarne le conseil indispensable à une transition qui peine encore à se financier elle‑même, mais facture désormais en public l’illusion d’une gouvernance d’audit intouchable lorsque majors et rotation se croisent : même machine, deux vitesses à tenir sous les projecteurs régulateurs — sans quoi les baromètres clients ne sont que du marketing pour la prochaine enquête en cours.
Sources : ey.com · ey.com · ey.com · ey.com · reuters.com · europeanbusinessmagazine.com · abc.net.au · accountingtimes.com.au · frc.org.uk
Données clés
- Fondée
- 1989
- Siège
- London, United Kingdom ↗
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