Greenstat ASA
Greenstat ASA n’est pas une start-up anonyme : c’est la vitrine « hydrogène + solaire » que La Française de l’Énergie (FDE) bâtit en Norvège, avec un hub Agder calibré pour le maritime.
À propos de Greenstat ASA
1. Modèle économique
Greenstat vit d’un modèle d’infrastructures bas-carbone (électrolyse, compression, connexion marché maritime/industriel) et de parc solaire, dans un pays où l’État finance massivement les premiers investissements via des dispositifs type Enova ; une enveloppe de 148 millions de couronnes norvégiennes a ainsi été mobilisée pour sécuriser une partie du hub Agder (décision d’investissement et financement annoncé). FDE a consolidé Greenstat + Alltec pour 8,8 M€ de chiffre d’affaires contribuant au groupe sur l’exercice FY2025, avec Greenstat apportant 3,1 M€ et une prise contrôlée à 61,9 % au 30 juin 2025 (rapport financier annuel FDE 2025). L’acquisition d’Alltec (EPC norvégien, 9 M€, effectifs et revenus historiques significatifs) vise à « verrouiller » l’exécution chantier sur l’hydrogène et le solaire (annonces Euronext / FDE). L’activité reste très capex et très dépendante du timing des subventions, des grands contrats équipementiers et de la capacité de la maison mère à absorber les pertes de phase de montée en charge au niveau des filiales publiées en Norvège (voir impact / zones grises).
2. Impact réel
Le projet-phare Agder Hydrogen Hub — avec une phase 1 à 20 MW puis une feuille de route évoquant une extension vers 60 MW au total — vise un apport concret de hydrogène décarboné pour des usages notamment maritimes ; les travaux à Fiskå/Kristiansand s’inscrivent dans cette séquence (démarrage des chantiers annoncé en 2024). Côté électricité renouvelable « durcie », FDE a mis en avant une centrale solaire de 5 MW (Engene) connectée en mars 2025 en Norvège dans ses éléments de communication investisseurs (présentation résultats via MarketScreener / relay FDE). Sur le plan climat, l’effet net dépend du facteur d’émission du mix utilisé pour l’électrolyse, du taux d’utilisation réel des électrolyseurs et de la substitution effective aux carburants fossiles du trafic portuaire : le groupe FDE annonce, côté consolidé, un ordre de grandeur de plus de 3,5 Mt CO₂eq évitées par an « grâce » à ses sources bas-carbone (communiqué de résultats FY2025), chiffre global à ne pas attribuer mécaniquement à Greenstat seule. Pour le lecteur français, le cadre de traçabilité des usages hydrogène renouvelable/bas carbone et leurs gages environnementaux reste celui posé par les autorités et acteurs de la filière (fiches ADEME sur l’hydrogène), en complément des objectifs européens de décarbonation des secteurs durs.
3. Innovations / partenariats
Le contrat d’ITM Power pour quatre électrolyseurs Neptune V de 5 MW (20 M€, commande annoncée en février 2025) ancre techniquement la phase 1 du hub (synthèse projet Agder / équipementiers). L’intégration d’Alltec transforme Greenstat+FDE en acteur capable de monter ses propres chemins de projet EPC en Norvège, au-delà du seul rôle de sponsor (acquisition Alltec). Enfin, l’histoire récente de la gouvernance capitalistique — prise de contrôle par FDE finalisée début 2024 — est documentée dans les communiqués de l’acquisition (clôture de la prise de participation majoritaire).
4. Greenwashing / zones grises
La première tension n’est pas rhétorique, elle est comptable : selon les agrégats mis à disposition pour Greenstat AS, la structure affiche une perte avant impôts 2025 de −11,9 MNOK avec un bilan total précisé à 307,8 MNOK dans la base utilisée (fiche d’entreprise Proff.no) ; la filiale Greenstat Solar est, elle aussi, en perte (−8,3 MNOK en 2025) avec un chiffre d’affaires très modeste (1,9 MNOK) au même horizon (comptes publics agrégés). Deuxièmement, l’intégration dans FDE se paie cash côté compte de résultat consolidé : le groupe reconnaît 1,4 M€ de frais administratifs additionnels liés spécifiquement à la consolidation de Greenstat (et 1,5 M€ pour Alltec), au 30 juin 2025 (résultats annuels FY2025). Troisièmement, le positionnement discours « carbon negative / bas-carbone » de FDE cohabite avec un socle métier français où le gaz de mine et la valorisation énergétique associée jouent un rôle structurel : le risque de contamination narrative — faire porter à l’hydrogène norvégien une légitimité climatique héritée d’un mix énergétique plus large — est réel tant que la communication agrège les métiers (même communiqué de résultats).
5. Positionnement stratégique
Pour FDE, Greenstat est un levier géographique : sécuriser un premier producteur sur un marché nordique sous-doté en hydrogène tout en industrialisant la chaîne RNG / hydrogène / solaire avec des jalons opérationnels explicites — 8 tonnes d’hydrogène décarboné par jour visées fin 2026 pour Agder (résultats FY2025). La séquence 2025–2027 est celle où les EPCI, les électrolyseurs et les premiers flux de revenus doivent prouver que le modèle passe du pipeline à la marge, alors que les prix de l’électricité sont restés volatils (cadrage marché dans le même document).
Verdict WattsElse
Greenstat ASA est le pari industriel norvégien de FDE sur l’hydrogène « maritime-ready », mais les comptes locaux crient encore la phase d’investissement ; le vrai test, ce n’est pas le communiqué, c’est 2026–2027 au compteur des tonnes livrées — et la capacité du groupe à ne pas noyer cette story dans le gaz de mine.
Sources : concertation-orchyde.eu · chemxplore.com · francaisedelenergie.fr · live.euronext.com · offshore-energy.biz · marketscreener.com · actusnews.com · agirpourlatransition.ademe.fr · offshore-energy.biz · francaisedelenergie.fr · proff.no · regnskapstall.no
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Storugns III AB
Une SPV sous le milliardaire Orrön n’est pas un « producteur », c’est un éclairage juridique : zéro chiffre d’affaires, zéros salariés, et pourtant dix palettes Vestas sous le même ciel que la géopolitique de la Défense suédoise.
Voir la ficheSolarco Company Limited
Le nom évoque un start-up américain qui lève en Series B ; ici il s'agit du bloc photovoltaïque domesticable d'EGCO Group en Thaïlande, figé pour l'essentiel dans un schéma d'offtake et de tarifs régulés.
Voir la ficheNareva Holding/Engie
Nareva et Engie dessinent une Afrique « bas carbone » autour du vent, du dessalement et de l’hydrogène.
Voir la ficheEnea Wytwarzanie
Filiale polonaise de production du groupe Enea, Enea Wytwarzanie** tient l’un des plus gros sites thermiques du pays — Kozienice — alors que le charbon perd son lustre économique et réglementaire.
Voir la ficheParque Solar Villa Seca
Ce n’est pas une « grande » centrale : environ 3 MW, au pied du mur du réseau chilien en journée.
Voir la ficheTaga Electric Power
** Née en 2022 dans l’ombre des usines Toyota, TAGA incarne une réponse industrielle au défi du 100 % renouvelable…
Voir la ficheEólicas El Coscojar, SL
Deux années de chute brutale du chiffre d’affaires, une absorption dans une holding qui fusionne quatorze filiales, et un parc opérationnel de 50 MW à Valdejalón : Eólicas El Coscojar incarne le paradoxe d’un actif vert dont les signaux comptables ressemblent à une alerte rouge.
Voir la ficheKOLSTRUP BOLIGFORENING
À Aabenraa, une « boligforening » (organisation de logement social) multiplie les chantiers sur la chaleur distribuée, l’eau et l’assainissement.
Voir la ficheChambre Franco-Allemande de Commerce et d'Industrie (AHK Frankreich)
Le couple Paris–Berlin ne se conjugue pas qu’aux sommets : il passe aussi par une porte d’entreprise à plusieurs centaines de mètres de la Seine.
Voir la ficheKruger
Kruger n’est pas un patronyme à l’écran : ici, il s’agit de Kruger Energy, bras renouvelable d’une Kruger Inc.
Voir la ficheHelen Oy
En un an, Helen a divisé par deux ses émissions directes après l’arrêt du charbon à Salmisaari, tout en engageant un programme nucléaire SMR chiffré en milliards.
Voir la ficheLesotho Electricity Generation Company
Installée au cœur du projet solaire de Ramarothole, la Lesotho Electricity Generation Company (LEGCO) incarne à la fois la promesse d’une souveraineté énergétique « verte » et les dysfonctions d’un système où le producteur dépend d’un distributeur à genoux et où les financements stratégiques embrochent géopolitique, audits et commissions parlementaires.
Voir la ficheEli Lilly (Singapore)
À Singapour, « Eli Lilly » ne dessine pas des stratégies énergie : elle y déploie l’IA et la santé numérique pour le géant américain Lilly.
Voir la ficheTERMOELECTRICA COLMITO
** Au Chili, une turbine de 58 MW joue les pompiers du réseau dans une baie industrielle sous loupe réglementaire.
Voir la ficheSysol Maroc
Installateur historique du nord du Royaume, Sysol Maroc vend la promesse classique du PV résidentiel et industriel — avec un argument financier frontal et des extensions « tech » qui tirent la marque vers l’innovation distribuée.
Voir la ficheJubera Wind Farm
** Onze géants de Nordex sous le ciel de La Rioja, promesse climat pour SSE…
Voir la ficheDLR
Le Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt n’est pas une start-up ni un producteur : c’est le bras R&D aéronautique, spatial, énergétique et mobilité de Berlin, accrédité pour embarquer des milliards d’euros de budget fédéral et de financements tiers.
Voir la fiche9REN
Le 9REN Group n’est pas le Groupe EREN : le premier est un développeur exploitant d’actifs renouvelables (solaire thermique, photovoltaïque, vent), avec un ancrage public Madrid et des opérations en Europe et au Moyen-Orient ; le second, basé au Luxembourg et très médiatisé en France, poursuit une trajectoire capitalistique et sectorielle différente.
Voir la ficheTomakomai Solar Power Station
Le nom anglais peut évoquer une centrale unitaire ; en réalité, Tomakomai (préfecture de Hokkaidō, au Japon) concentre des parcours industriels différents — du géant voisin historique SoftBank jusqu’aux projets portuaires pilotés avec JAPEX — qu’il faut garder bien séparés pour ne pas mélanger mégawatts ni promesses locales.
Voir la ficheKongsberg Gruppen
Le géant norvégien de la tech « océan–espace–défense » vient d’enfanter une cotation séparée pour son pôle maritime, alors que le carnet de commandes explose et que les affaires russes, comme la prise dans Nammo, collent encore à la réputation.
Voir la ficheNEU-JKF DELTA NEU
Dans l’industrie, la décarbonation ne passe pas toujours par un parc solaire sur le toit.
Voir la fichePalisade Integrated Management Services
De Melbourne à Adélaïde, une filiale d’infra gère vents, lignes gaz et désormais gros accumulateurs : elle incarne à la fois l’investissement mature dans l’éolien‑solaire et la persistance réseaux fossiles où les fonds recherchent des rendements stables.
Voir la ficheFuerzas Energéticas del Sur de Europa VII, SL
On la croirait taillée sur mesure pour le gigantisme aragonais — le slot Las Majas VII —, mais Fuerzas Energéticas del Sur de Europa VII est avant tout une coquille juridique madrilène dans la série « Fuerzas…
Voir la fiche