Climeworks
Climeworks vend une promesse puissante: retirer du CO2 déjà présent dans l’atmosphère, pas seulement éviter d’en émettre demain.
À propos de Climeworks
1. Modèle économique
Fondée en 2009 à Zurich, Climeworks commercialise un service de retrait permanent du CO2 via le direct air capture (DAC): elle capte le CO2 dans l’air, puis le fait stocker dans le sous-sol basaltique islandais avec Carbfix. Son revenu ne vient donc pas d’un équipement vendu en masse, mais d’un double moteur plus fragile: des contrats d’enlèvement carbone à long terme signés avec de grands acheteurs corporate et des appuis publics pour financer le passage à l’échelle. Parmi les contrats structurants, Climeworks a signé 80 000 tonnes avec BCG, 40 000 tonnes avec Morgan Stanley jusqu’en 2037, et 10 000 tonnes avec Microsoft. Côté effectifs, l’entreprise comptait 397 salariés fin 2023 selon son rapport de durabilité 2023, puis 483 avant une vague de 106 suppressions de postes en 2025, soit 22% des effectifs, d’après SWI swissinfo. Le chiffre d’affaires n’est pas publiquement disponible dans les sources consultées, et le capex détaillé de Mammoth n’a pas été trouvé.
2. Impact réel
L’impact climatique de Climeworks dépend moins de sa communication que de trois paramètres très concrets: l’énergie utilisée, le taux de captage réel et la permanence du stockage. Sur ce terrain, l’entreprise marque des points: Mammoth, en Islande, est alimentée par énergie géothermique et vise une capacité nominale de 36 000 tonnes de CO2 par an, avec stockage minéralisé via Carbfix ; le site Orca visait 4 000 tonnes par an selon Connaissance des Énergies. Climeworks affirme vendre uniquement des retraits “nets”, après soustraction des émissions grises, et maintenir un objectif de 100% d’énergie renouvelable pour ses sites et bureaux. Mais l’écart entre capacité théorique et performance réelle reste le nœud du dossier: selon SWI swissinfo, Orca n’a jamais dépassé 1 000 tonnes captées sur une année depuis 2021. Autrement dit, l’impact existe, mais il reste minuscule à l’échelle du climat: Connaissance des Énergies rappelle que le DAC mondial est encore sous 0,01 Mt par an, quand les besoins 2050 se chiffrent en centaines de millions de tonnes.
3. Innovations / partenariats
Climeworks fait partie des rares acteurs du DAC à avoir dépassé le stade du pilote, avec deux vitrines industrielles en Islande: Orca puis Mammoth, entré en phase opérationnelle en mai 2024 avec une architecture modulaire de 72 collecteurs à terme, dont 12 installés au démarrage selon Climeworks. Le partenariat avec Carbfix reste sa botte secrète: il transforme le CO2 injecté en roche en environ deux ans, selon Connaissance des Énergies. Sur le front public, Climeworks est aussi partenaire technologique du hub américain Project Cypress en Louisiane, qui a reçu une première tranche de plus de 50 millions de dollars du DOE en mars 2024 pour la phase initiale. Cela donne un signal fort: Climeworks n’est plus seulement une start-up de laboratoire, mais un candidat crédible à l’industrialisation lourde.
4. Greenwashing / zones grises
C’est ici que le vernis se craquelle. D’abord, le DAC reste une technologie énergivore et chère: l’AIE, citée par Connaissance des Énergies, estime le coût des grandes installations actuelles entre 125 et 335 dollars par tonne, tandis que les projets de R&D soutenus par l’ADEME visent encore <200-400 dollars par tonne pour le DAC. Ensuite, Climeworks reste très dépendante d’un nombre limité de grands acheteurs volontaires et de politiques publiques mouvantes: la société elle-même a dû se restructurer lorsque l’environnement américain s’est durci, toujours selon SWI swissinfo. Enfin, le risque principal est narratif: vendre du retrait carbone à des entreprises peut servir de caution haut de gamme à des trajectoires de réduction insuffisantes. L’AIE, relayée par Connaissance des Énergies, le dit clairement: le DAC n’est pas une alternative à la baisse des émissions.
5. Positionnement stratégique
Climeworks occupe une place singulière: probablement l’un des acteurs les plus avancés du DAC mondial, mais aussi l’un de ceux dont les fragilités sont les plus visibles. Son ambition, mégatonne d’ici 2030 et gigatonne d’ici 2050, reste technologiquement stimulante, mais économiquement suspendue à la baisse des coûts, à la montée d’un vrai marché du retrait carbone et à la stabilité réglementaire. Dans un secteur où tout le monde parle d’échelle, Climeworks a pour lui les usines; il lui manque encore la preuve qu’une usine peut devenir un business robuste.
Verdict WattsElse
Climeworks a déjà réussi une chose rare: rendre le captage direct dans l’air tangible. Mais l’entreprise vend aujourd’hui davantage une trajectoire industrielle qu’un impact massif déjà démontré.
Sources : climeworks.com · climeworks.com · climeworks.com · climeworks.com · climeworks.com · swissinfo.ch · connaissancedesenergies.org · climeworks.com · connaissancedesenergies.org · climeworks.com · connaissancedesenergies.org · energy.gov · recherche.ademe.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Ratchaburi Electric Generating Company
Elle porte un nom de « holding » électrique, mais son métier, au sol, c’est le gigawatt thermique.
Voir la ficheVaisala Oyj
Vaisala Oyj joue aux deux bouts du spectre climat‑énergie : capteurs et logiciels très utiles au pilotage systémique du risque météo, mais exposée au calme brutal des financements mesure‑éolien et aux retournements géopolitiques du commerce.
Voir la ficheBerkshire Hathaway
Le bras « utilities » du groupe de Warren Buffett accélère réseaux et renouvelables à l’échelle nord-américaine et britannique, mais une filiale majeure, PacifiCorp, piétine dans la crise des incendies de l’Ouest — avec une notation qui frôle le « junk » et des milliards encore en jeu.
Voir la ficheScouller Energy
** Après huit ans et un PPA avec Ergon Energy, la ferme de Normanton s’est éteinte le 1er octobre 2025 : tarifs de rachat négatifs, surcoûts mensuels assumés par l’exploitant, et une ville isolée privée d’un pilier d’électricité renouvelable local.
Voir la ficheNam Tien Lao Cai JSC.
En mai 2024, la Nam Tien Lao Cai des registres vietnamiens a pris le nom de GreenSpark Group au moment même où l’actualité énergie la cite encore comme vendeuse d’un morceau majeur d’hydro au nord du pays.
Voir la ficheJohn Wood Group plc (Wood)
Multinationale écossaise jonglant entre dette colossale et contrats énergétiques, Wood Group reste fidèle à sa stratégie : survivre en beauté la tempête financière.
Voir la ficheEnel Distribición Chile
Pendant des jours, la capitale chilienne a collectionné les coupures : ce n’est pas une « anecdote météo », c’est le test ultime d’un monopole régulé.
Voir la ficheChina Power International Development Limited
Filiale de generation cotée à la Bourse de Hong Kong, China Power International Development Limited (souvent abrégée « China Power ») incarne la bascule industrielle du groupe public State Power Investment Corporation (SPIC) vers l’électricité « propre », sans avoir encore refermé le livre du thermique.
Voir la ficheİÇDAŞ Elektrik
Filiale turque d’un conglomérat acier-énergie, İÇDAŞ Elektrik Enerjisi Üretim ve Yatırım A.Ş.
Voir la ficheGuangdong Yudean Group Company Limited
Le nom d’immatriculation Guangdong Yudean Group Company Limited recouvre aujourd’hui le Guangdong Energy Group : premier arc électrique de la Chine méridionale, coincé entre d’ambitieux plis gaz–EnR et des centrales thermiques qui continuent de grossir.
Voir la ficheMaster Wind Energy (Pvt.) Ltd
De l’extérieur, c’est un actif éolien « classique » : turbines sur le corridor de Jhimpir, tarif encadré, promesse de revenus réguliers.
Voir la ficheGRUPO ZARAGOZÁ
Chantiers XXL en Castille, Valence et Murcie, pipeline qui s’empile…
Voir la ficheUnited Energy
Ce n’est pas le distributeur australien que Google associe souvent à ce nom : United Energy, a.s., c’est la cogénération de Komořany, au pied du bassin ligéritique de la République tchèque, filiale d’EPH.
Voir la ficheValle de Los Vientos
Dans le désert le plus sec du monde, quatre-vingt-dix mégawatts éoliens servent de colonne vertébrale au premier grand jeu hybride vent–solaire–batterie du Chili.
Voir la ficheJodhpur Vidyut Vitran Nigam Limited
Le distributeur public qui dessert une partie du Rajasthan s’est hissé au premier rang national du programme solaire PM‑KUSUM.
Voir la ficheElectrica
Leader coté de la distribution et de la fourniture d’électricité en Roumanie, Societatea Energetica Electrica S.A.
Voir la ficheFlock Labs AG
Jeune société bernoise inscrite dans les services informatiques plus que dans la production d’énergie, Flock Labs AG vend de l’aide à la décision pour des réseaux de transport et de logistique décarbonés — et s’est glissée dans le grand consortium MOVEO financé par Horizon Europe.
Voir la ficheIberdrola Energías Renovables de Galicia
La filiale opère le parc galicien d’une des premières européennes de l’éolien ; les comptes de la fenêtre juridique Iberdrola Renovables Galicia SA reflètent un cyclique du vent et une justice administrative sans merci qui suspend des parcs alors que Madrid et Bruxelles plaident déjà une autre logique réglementaire.
Voir la ficheClimacy
Jeune pousse vaudoise du photovoltaïque intégré au bâtiment, Climacy promet toitures et façades à la fois productrices et architecturales — avec des fiches techniques flatteuses et une fabrication déléguée à l’Asie que la communication « durable » ne dilue pas entièrement.
Voir la ficheMVV Energie AG
MVV Energie AG n’est pas un producteur pétrolier offshore : c’est un groupe allemand intégré (électricité, gaz, eau, chauffage urbain, services), coté et piloté depuis Mannheim.
Voir la ficheHengtong Group
Filiale cotée d’un géant chinois des télécoms et de l’énergie, Hengtong Optic-Electric alimente la transition par des kilomètres de verre et de cuivre — mais les comptes 2025 disent autre chose que le seul conte des capacités : plus de chiffre d’affaires, moins de marge sur le bénéfice, et un bilan carbone qui peine à rattraper le storytelling ESG.
Voir la ficheUOXF
Une marque domestique peut basculer vite du dossier prudentiel au classement réputationnel : sous le patronyme Outfox Energy (anciennement Outfox the Market), la société Foxglove Energy Supply Ltd incarne cet arc au Royaume-Uni.
Voir la fiche