Groupe Baudelet
Longtemps identifié à la gestion des déchets dans les Hauts-de-France, le Groupe Baudelet tente désormais de raconter autre chose: une plateforme régionale de transition, capable de faire du recyclage, du solaire et du biosourcé sous la même bannière.
À propos de Groupe Baudelet
1. Modèle économique
Le socle reste très clair: Baudelet gagne d’abord sa vie dans la collecte, le traitement et la valorisation des déchets, avec plus d’1 million de tonnes de matières traitées par an dans sa branche environnement site groupe. Le groupe, devenu officiellement “Groupe Baudelet” en 2024, revendique 950 collaborateurs et un chiffre d’affaires consolidé situé entre 180 M€ sur certaines pages corporate et “≈ 200 M€” sur sa page d’accueil et son rapport d’activité 2024, signe d’un périmètre encore en mouvement présentation site groupe. En 2025, Caroline Poissonnier indiquait que l’activité environnement représentait encore 140 M€ sur 180 M€ de chiffre d’affaires, soit l’écrasante majorité du business Challenges. La diversification avance toutefois vite: reprise de 76 % de Recynov, spécialisé dans les déchets du BTP, pour 30 M€ de chiffre d’affaires additionnel et 200 salariés fin 2025 Les Echos. Baudelet reste aussi bien branché sur les marchés publics, de la gestion de déchets hospitaliers à des marchés de déchèteries ou de transport et traitement de déchets ménagers openprocurements.
2. Impact réel
L’impact concret existe, mais il est surtout documenté par indicateurs opérationnels plutôt que par comptabilité carbone consolidée. Baudelet affirme que son site de Blaringhem produit de l’énergie verte via quatre moteurs à gaz pauvre et une Wagabox, et qu’un de ces moteurs lui permet d’être autosuffisant en électricité démarche RSE. Le groupe dit aussi avoir évité 5 250 trajets de camions en 2024 grâce au transport fluvial, tout en réalisant près de 90 % de ses achats dans un rayon de 350 km démarche RSE. Côté énergie, sa filiale Kourbe se positionne sur le solaire en toiture au moment où la PPE3 fixe un cap de 48 GW photovoltaïques en 2030 et 55 à 80 GW en 2035. Côté matériaux, Fiboo s’inscrit dans la logique des guides ADEME sur les matériaux biosourcés. En revanche, aucun bilan public détaillant les tonnes de CO2 évitées à l’échelle du groupe n’a été trouvé.
3. Innovations / partenariats
La diversification n’est pas cosmétique. Kourbe, filiale de tiers-investissement photovoltaïque, a signé en 2024 une dizaine de contrats-cadres représentant plus de 110 MWc potentiels et annonce investir 50 à 100 M€ par an dans des projets solaires en toitures et ombrières communiqué Kourbe GreenUnivers. L’autre pari s’appelle Fiboo: 15 M€ investis dans une première usine d’isolants en fibre de bambou à Blaringhem, avec une capacité annoncée de 100 000 m3 par an Usine Nouvelle Journal des Entreprises. Fiboo a en outre signé un accord-cadre avec Horizom pour sécuriser l’amont agricole. Sur le plan extra-financier, Baudelet Holding a obtenu la certification B Corp en avril 2025 avec un score de 97,6, et Baudelet Environnement revendique aussi une médaille Ecovadis engagements RSE.
4. Greenwashing / zones grises
La promesse “transition” mérite d’être prise au sérieux, mais pas au pied de la lettre. D’abord parce qu’aucun rapport CSRD public détaillé n’a été identifié à date: le groupe publie un rapport d’activité 2024 et des pages RSE, mais pas encore une transparence exhaustive sur ses scopes, ses émissions évitées ou ses arbitrages carbone. Ensuite parce que le coeur de métier reste le déchet, avec du désamiantage, des déchets dangereux, du démantèlement naval et ferroviaire, et désormais une exposition renforcée au BTP via Recynov, alors même que la filière REP PMCB est en pleine refondation réglementaire. Enfin, le pari bambou est prometteur mais pas encore totalement “local”: Fiboo s’approvisionne encore en partie en Italie et l’ADEME rappelle que la biomasse est une ressource limitée, sous tension croissante entre usages énergétiques, matériaux et sols ADEME biomasse.
5. Positionnement stratégique
Baudelet n’est plus seulement un recycleur régional: il essaie de devenir un assembleur de briques de transition, entre économie circulaire, solaire distribué et matériaux bas carbone. Le timing est bon, entre accélération du photovoltaïque dans la PPE3, pression sur la rénovation et montée des filières biosourcées. Le signal stratégique est net: acquisition de Recynov, montée en puissance de Kourbe, usine Fiboo. Reste à transformer ce triptyque en avantage industriel durable, et pas seulement en vitrine.
Verdict WattsElse
Baudelet a une vraie matière industrielle, ce qui le distingue de nombreux faiseurs de transition en PowerPoint. Mais sa crédibilité future dépendra d’une seule chose: démontrer, chiffres climatiques consolidés à l’appui, que la diversification verte pèse vraiment plus lourd que le storytelling.
Sources : groupe-baudelet.fr · baudelet-environnement.fr · groupe-baudelet.fr · challenges.fr · lesechos.fr · fr.openprocurements.com · baudelet-environnement.fr · budget.gouv.fr · librairie.ademe.fr · kourbe.fr · greenunivers.com · usinenouvelle.com · lejournaldesentreprises.com · batirama.com · bcorporation.net · groupe-baudelet.fr · ecologie.gouv.fr · infos.ademe.fr
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