Hidroeléctrica da Cahora Bassa S.A.
** Elles font briller les comptes 2024 : la HCB encaisse bénéfice record et dividendes bien au-delà du smic médian du Zambezi.
À propos de Hidroeléctrica da Cahora Bassa S.A.
1. Modèle économique
La Hidroeléctrica da Cahora Bassa S.A. (HCB) exploite au Mozambique le géant hydro du Zambezi (environ 2 075 MW de capacité nominale avant extension), avec un actionnariat très majoritairement étatique. Les revenus viennent de la vente d’électricité : l’Afrique du Sud (Eskom) reste historiquement le premier acheteur : selon une synthèse de presse cite près des deux tiers des volumes livrés en 2024 sur ce schéma d’écoulement régional (l’électricité acheminée vers l’Afrique du Sud). Pour 2024, plusieurs reportages rapportent des bénéfices nets audités aux alentours de 14,1 milliards de meticais (ordre ~196 M€ au taux alors), avec résultat avant impôts et paiements d’impôts massifs vers le Trésor (résultat record en 2024, exercice 2024 agrégé janvier-septembre). En mai 2025, la société distribue encore des dividendes très élevés (sources presse parlant souvent au-delà de 100 M€ selon devise et mode de citation) dont l’État conserve la plus grosse part opérationnaire (distribution de dividendes). Côtère effectifs, les ordres de grandeur publics gravitent souvent vers quelques centaines de postes directs dans les communications du genre « ~800 », à prendre comme indicateur médian plutôt que texte légal (effectifs et périmètre social). Le contrat multiannuel d’investissement dans la réhabilitation (plan CAPEX Vital 10 Years, contrat avec Andritz pour passer à ≈ 2 165 MW cumulés, + 90 MW) ancre le modèle dans des travaux très charpentés financés hors spéculation boursière locale (communiqué équipementier, chantier chiffré presse (~90 M$), détail + 90 MW ici). Pour le détail financier ligne à ligne — investissements 2024 (~2 083 millions de méticais au rapport annuel, etc.) — voir rapports et comptes 2024 bilingues**.
2. Impact réel
Électricité 100 % hydraulique au sens strict de l’actif régulé : aucun périmètre « charbon mou » comme chez les IPP mixtes européennes. L’impact climat évité par MWh livré peut se situer fonctionnellement sur la tracé carbone très bas comparé au charbon régional, mais aucune grille ADEME ou corpus Connaissance des Énergies / PPE3 européenne ne cible nominativement Cahora Bassa — la comparabilité avec les benchmarks français reste indicative, pas normative officielle (aucune donnée ADEME spécifique identifiée sur cette entité). En revanche, le stress hydrologique est documenté : précipitations en 2025 présentées comme les pires en 43 ans, avec production nationale en nette contraction et baisse forte de la partie hydro, ce qui rabote aussi les flux d’export rémunérés (baisse nationale de production, compression des ventes externes). À l’inverse, la répartition du réservoir géante (citée souvent parmi les plus grandes surfaces aménagées d’Afrique) rappelle l’empreinte barrage + biome très lourdes sur le Zambezi, compensations et risques environnementaux long terme inclus.
3. Innovations / partenariats
La série REABSUL II–type passe par cinq ensembles modernisés (turbines Francis, générateurs, automation) décrits comme porteurs de gain de puissance nominale modeste (~4 %) mais de fiabilité et de durabilité forte dans la communication Andritz (rehabilitation annoncée juillet 2025), recoupée presse généraliste (Bloomberg sur le plan de relèvement de puissance). Dans le projet Mphanda Nkuwa, la HCB figure comme cotraitant avec des groupes industriels européens (écosystème EDF/CDF type cité médiatiquement aux côtés de TotalÉnergies selon dossiers projet) avec part sociale mozambicaine (~15 %) et budget indicatif multi-milliards pour ≈ 1 500 MW nouveau sur fleuve (cadrage projet en aval du barrage historique).
4. Greenwashing / zones grises
Hydraulique ≠ sans conflits : Mphanda Nkuwa fait l’objet de littératures ONG (International Rivers) sur population déplacée et régimes de débit en aval — problématique sociale non réductible aux graphiques CO₂ même si l’État défend une « transition nationale ». Répartition de l’eau ↔ répartition de l’électricité, donc jeu politique frontal avec Eskom et Mozal : tout discours purement « vert » sans négociation contractuelle régionale trompe (Mozal / échéance 2026 rapportée comme tension, lecture à comparer offre Eskom alternatives). Le stress climatique qui dégrade les années 2024–2025 neutralise aussi toute narration de « plenitude garantie » du grand hydro sans stockage saisonnier ad hoc.
5. Positionnement stratégique
Maputo parie sur souveraineté énergétique accrue d’ici la fin de la décennie en redirigeant le courant vers l’industrie domestique plutôt que l’export rentier historique — plan souvent qualifié de repatriation dans la presse sud-africaine (stratégie rapatriement / dépendance Eskom), parallèlement au choc de recettes d’export déjà mesuré sur 2025 (chiffres de trésorerie externe). Objectif long terme multiplié par deux la capacité (ordre 4 000 MW vers 2034 dans certains plans sectoriels publiés) pour HCB Nord évoqué dans la presse spécialisée locale (ambition d’extension). Le pari est industriel-diplomatique autant que technico-financier.
Verdict WattsElse
À Temane comme à Johannesburg, le courant Cahora Bassa ne sera plus distribué au mérite pur du mérite vert, mais aux priorités géopolitiques de l’eau et du cuivre — où la turbine la plus brillante peut rester à sec.
Sources : 360mozambique.com · clubofmozambique.com · mznews.co.mz · clubofmozambique.com · andritz.com · mozambiqueminingjournal.com · clubofmozambique.com · hcbadm.mzbusiness.com · clubofmozambique.com · 360mozambique.com · bloomberg.com · en.wikipedia.org · moz24h.co.mz · dailymaverick.co.za
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Dala Vind AB
Dala Vind AB ne fait pas dans la start-up scandinave flamboyante : c’est un exploitant et développeur éolien terrestre ancré à Falun, avec un parc déjà en rotation et un pipe-line annoncé qui compte en térawattheures — en même temps qu’une série de arrêts, reculs et décisions juridiques qui rappellent qu’en Suède, l’EnR se gagne au détail du droit de…
Voir la ficheDS Automobiles
La marque premium tricolore a parié sur le 100 % électrique et un renouvellement de gamme (N°8, N°4) pour donner du sens à son positionnement « art de voyager ».
Voir la ficheTüpraş
** Première capitalisation industrielle de Turquie, Tüpraş incarne la tension brutale entre cash-flow pétrolier et narrative « bas carbone ».
Voir la ficheElgen Solar
Une micro-société en production renouvelable dépasse les 71 millions de couronnes de chiffre d’affaires sans décoller ; elle capitalise comme une mid-cap alors que le nombre de salariés reste sous le seuil de la photographie statistique la plus petite.
Voir la ficheVTT
Le VTT n’est pas une start-up : c’est une société à responsabilité limitée non lucrative, contrôlée par l’État, qui transforme la commande publique en brevets, startups et infrastructures d’essai.
Voir la ficheNOKIAN TYRES PLC
Le fabricant finlandais de pneus joue gros sur la crédibilité « climat » après l’arrachement à la Russie et une vague d’investissements.
Voir la ficheEOS Instruments
EOS Instruments (EOS Srl) n’a rien à voir avec les mastodontes américains qui portent le même trigramme.
Voir la ficheAustrianSolar Chile Uno SpA
AustrianSolar Chile Uno SpA est la société chilienne derrière le parc photovoltaïque Sol de Los Andes, dans le désert d’Atacama — un terrain où l’électricité solaire a longtemps été la star du récit, et où la vigilance environnementale, y compris sur la pollution lumineuse, peut coûter cher en réputation.
Voir la fichePt Newmont Nusa Tenggara
Le référentiel WattsMonde vous classe en « production électrique » : en réalité, PT Newmont Nusa Tenggara est d’abord une légende d’exploitant minier indonésien — aujourd’hui PT Amman Mineral Nusa Tenggara (AMNT) sur Wikidata comme sur le terrain — dont la « transition » se lit MW par MW : charbon en retrait, 450 MW au gaz en construction, 26,8 MW de…
Voir la ficheBIZKAIA ENERGIA S.L.U.
Sur le polígono de Boroa, une CCGT de 786 MW alimente encore l’essentiel des comptes ; à ses pieds, un projet d’électrolyse annonce la « transition ».
Voir la ficheGull Petroleum
** La marque Gull fait le lien entre une filière australienne aujourd’hui dans l’orbite de Chevron et un distributeur néo-zélandais bousculé par la concurrence et la régulation.
Voir la ficheKSK Energy Ventures Ltd
** Icôté de l’Inde, une holding cotée symbolise l’épopée boursière d’un promoteur d’électricité thermique à bout de souffle — avant qu’un mastodonte industriel ne transforme son joyau charbonnier en actif de recompetition.
Voir la ficheReverion GmbH
Des centrales électriques réversibles à bilan carbone négatif, ou comment transformer le biogaz en super-héros énergétique sans cape.
Voir la ficheConfidence Power Rangpur Limited
** Centrale thermique « privée » accrochée au réseau bangladais, Confidence Power Rangpur Limited encaisse les effets cumulés d’un contrat d’achat étatique et d’un combustible importé.
Voir la ficheTek İmaş
Le groupe turc Tek-İmaş n’est pas un « pure player » européen du vent : c’est un contractant de gros travaux qui a greffé l’hydro domestique, puis une filiale solaire agressive, sur un socle BTP et projets d’ingénierie à l’international.
Voir la ficheHYmpulsion
HYmpulsion pilote le plus grand réseau régional de stations hydrogène en France ; en 2025, le calendrier d’ouvertures et les partenariats fournisseurs s’affichent comme un sprint.
Voir la ficheDongying Huatai Chemical Group
Le segment « production électrique » ici, ce n’est pas un producteur indépendant : c’est une tuyauterie industrielle — vapeur, chaleur, électricité — rivée à une chimie lourde et à une papeterie géante.
Voir la ficheGH2
Le développeur français GH2 avait fait d’Ambès un laboratoire à ciel ouvert de la chimie décarbonée : ammoniac, e-carburants, emplois annoncés sur la presqu’île bordelaise.
Voir la ficheNINA
Nina Energy Limited, ce n’est ni un prénom sur Wikidata ni un jargon de crédit immobilier américain : c’est une jeune structure qui mise sur la pyrolyse de biomasse résiduelle pour produire du biochar, récupérer de la chaleur et monétiser la suppression de CO₂ dans un marché volontaire encore mouvant.
Voir la ficheSaltos del Ega
La petite hydraulique est censée incarner l’électricité « propre » de proximité ; chez Saltos del Ega, l’histoire se lit aussi sur une courbe de chiffre d’affaires qui dégringole et sur un fleuve, l’Ega, de plus en plus politisé.
Voir la ficheUni Oldenburg
Ce n’est pas une scale-up de LCOE : c’est une université d’État qui fait office de hub R&D pour la transition allemande, avec des enveloppes à deux chiffres de millions en projets structurants — pendant que le ferme à gaz du chauffage et la lourdeur du parc bâti continuent de peser sur le bilan carbone.
Voir la ficheGreenstat ASA
Greenstat ASA n’est pas une start-up anonyme : c’est la vitrine « hydrogène + solaire » que La Française de l’Énergie (FDE) bâtit en Norvège, avec un hub Agder calibré pour le maritime.
Voir la ficheAlteo Zrt.
Hongroise, cotée à Budapest sous le ticker ALTEO, cette ALTEO Energiaszolgáltató Nyrt.
Voir la ficheMcGill University
Créée en 1821, l’Université McGill incarne au centre-ville de Montréal (Québec, Canada) une institution de recherche-masse dont le siège géographique classe mal l’endettement climat dans les manuels industriels : elle le vit surtout par ses bâtiments, ses déplacements et surtout les choix du McGill Investment Pool (MIP).
Voir la fiche