Jimah East Power Sdn Bhd
Jimah East Power Sdn Bhd — derrière la centrale Tuanku Muhriz, à Port Dickson (Negeri Sembilan, Malaisie) — illustre à la fois la solidité d’un producteur sous contrat long avec Tenaga Nasional Berhad et la fragilité d’un actif 100 % fossile lorsque l’État avance le calendrier national de sortie du charbon.
À propos de Jimah East Power Sdn Bhd
1. Modèle économique
Le cœur du métier est la vente d’électricité à un acheteur régulé via un PPA sur 25 ans avec TNB, assorti des mécanismes classiques de paiements d’énergie et de capacité qui sécurisent la trésorerie du projet 2 × 1 000 MW. Selon MARC Ratings, Jimah East Power a enregistré en 2023 un chiffre d’affaires de 4,51 milliards MYR (+2,4 %), soit un ordre de grandeur situé autour de la zone ~950 M€ selon les parités habituellement observées — sans figer ici un cours précis du ringgit. La structure de capitaux repose aussi sur des Sukuk Murabahah : MARC indique 7,97 milliards MYR d’encours au 27 octobre 2025, avec maintien de la note AA-IS. L’actionnariat fait l’objet d’un consensus documentaire : environ 70 % TNB, 15 % Mitsui, 15 % Chugoku Electric — la recomposition entre Mitsui et Chugoku remonte à une prise de participation formalisée en 2016. Les indicateurs sociaux très granulaires (effectif exact en temps réel) ne sont pas stabilisés dans les sources publiques gratuites consultées ; en revanche, la publication BIX confirme une perte avant impôts de 141,3 millions MYR en 2023 contre un bénéfice de 127,4 millions MYR en 2022, rupture qui dit le caractère cyclique et technique du résultat malgré la hausse du chiffre d’affaires.
2. Impact réel
Jimah East fonctionne comme une unité physiquement massive de production à base charbon, sans diversification EnR intrinsèque dans la synthèse GEM — ce qui fixe l’ordre de grandeur des émissions annuelles à une échelle nettement incompatible avec une neutralité carbone sectorielle, même si la technologie ultra-supercritique améliore le rendement par rapport au charbon « classique ». Pour un lecteur français, l’écart structurel avec la trajectoire européenne est parlant : la Connaissance des énergies décrit un mix UE où le charbon recule fortement au profit des renouvelables ; ce repère peut être rapproché, sans confusion institutionnelle, des programmations pluriannuelles pilotées par la France — alors que la Malaisie, elle, verrouille désormais une sortie du charbon à l’horizon 2044, également relayée par The Edge Malaysia. Un scénario de conversion (solérien/éolien/stockage) est quant à lui chiffré de manière exploratoire par SwitchCoal — utile pour comprendre l’ampleur du problème (« combien de millions de tonnes » évitées si autre trajectoire), pas pour présenter un plan corporate arrêté.
3. Innovations / partenariats
Sur ce dossier, « innovation » veut surtout dire maturation d’un grand équipement thermique et arbitrages industriels entre sponsors internationaux : la note Mitsui de 2016 rappelle la taille du projet (environ 12 milliards MYR à l’époque), le montage BOO et le PPA avec TNB sur 25 ans. Plus récemment, la communication TNB de février 2026 confirme la pleine mise en service du schéma 2 000 MW et la signature d’un PPA complémentaire sur 25 ans — signal fort : la maison mère consolide le cadre contractuel alors même que le pays desserre la vis climatique à l’échelle nationale.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier piège du discours « propre » sur les centrales USC est là : mieux brûler le charbon ne supprime pas le charbon. Ensuite, les tensions sont chiffrées et contractuelles. La publication BIX et les lectures agences de notation détaillent que 2023 a été pénalisée par une réduction d’environ 90,1 millions MYR des paiements de capacité — soit environ 8,5 % sous le budget CP — en lien avec des indisponibilités non planifiées de l’unité 1 dépassant les seuils du PPA ; une fuite de tube de réchauffeur en octobre 2023 et des travaux de remplacement majeur jusqu’à une fenêtre avril 2025 sont explicitement cités dans la chaîne documentaire MARC/BIX. MARC relie aussi la marge à une sous-performance de « heat rate » et à une variance combustible défavorable lors des phases de bas cours du charbon — autant de fuites de valeur que le tarif ne reprend pas mécaniquement. Enfin, l’alignement narratif avec les ambitions Net Zero du groupe TNB (_réduction ciblée de l’intensité carbone à −35 % d’ici 2035 au niveau groupe_) crée un tensionnement réputationnel pour un actif dont le cœur métier reste le charbon.
5. Positionnement stratégique
Jimah East Power est stratégiquement coincée entre deux temporalités : d’un côté, un PPA long qui prolonge la prévisibilité des flux via TNB ; de l’autre, une transition nationale qui anticipe la fermeture du parc charbon vers 2044, selon la presse et Eco-Business. Dans ce décor, la perspective SwitchCoal ne fait pas office de feuille de route officielle, mais elle traduit la pression intellectuelle sur les utilities pour penser après-charbon sur les emplacements les plus carbone-intensifs.
Verdict WattsElse
Jimah East Power, ce n’est pas une « transition » au sens startup — c’est un contrat et une turbine qui encadrent encore la transition, jusqu’à ce que le calendrier politique parle plus fort que la paperasse financière. Dans cette fenêtre, le risque n’est pas seulement climatique : il est opérationnel (capacité, rendement thermique, variance charbon) — et il se lit déjà dans les comptes 2023.
Sources : tnb.com.my · marc.com.my · gem.wiki · mitsui.com · bixmalaysia.com · nsenergybusiness.com · connaissancedesenergies.org · developpement-durable.gouv.fr · eco-business.com · theedgemalaysia.com · switchcoal.org · tnb.com.my
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Ultramar plc
Ce nom revêt deux réalités n’honneur a rien d’un socle unique.
Voir la ficheLångmarken Wind AB
Le nom évoque une coquille juridique nordique plus qu’une « marque » à vitrine : derrière Långmarken Wind AB, dans les classements EnR, se cache surtout un parc terrestre entré dans la cour des fonds d’infrastructures matures.
Voir la ficheLLC "Investment and Development Company"
Le nom anglais « Investment and Development Company » évoque un fonds ou un promoteur ; ici, c’est une société à responsabilité limitée russe qui tient les manettes d’un patrimoine industriel centenaire.
Voir la ficheDITF
Le « DITF » n’est pas une start-up énergétique : c’est le plus grand centre européen de recherche textile, à Denkendorf (Bade-Wurtemberg), qui injecte fibres, tissus et chimie dans la transition — du solaire sur bâtiments à la fin de vie des pales.
Voir la ficheTransCanada
** Derrière le nom historique TransCanada se cache TC Énergie — TC Energy — l’un des plus grands opérateurs d’infrastructures gazières d’Amérique du Nord.
Voir la ficheALTEO
Avertissement dès l’entête : il ne s’agit pas du matériel roulant francilien ni, juridiquement, du même groupe que l’aluminerie de Gardanne.
Voir la ficheCENTRE FOR ADVANCED MATERIALS APPLICATION SVOVAK ACADEMY OF SCIENCES
Le Centre for Advanced Materials Application de l’Académie slovaque des sciences (CEMEA), créé comme centre d’excellence à Bratislava, incarne cette montée en puissance européenne de la R&D sur les accumulateurs où la recherche doit courir plus vite que l’empreinte carbone du parc mondial sans se brûler aux appels à projets.
Voir la ficheEVM Energía
C’est l’une des plus grosses cartes gaz du centre du Mexique : un parc détenu par le générateur privé Valia après une acquisition qui a fait grandir le groupe jusqu’à environ 3,2 GW d’actifs au gaz.
Voir la ficheUkrteplo
Ukrteplo avance là où beaucoup d’acteurs européens hésiteraient à investir: la chaleur urbaine, la biomasse et la cogénération dans un pays en guerre.
Voir la ficheMedcem Çimento
Cimentier intégré sur la côte méditerranéenne, Medcem sort des cartes « transition » pour une raison très matérielle : l’électricité qu’il produit ou maîtrise, et le CO₂ qu’il évite en récupérant la chaleur de ses fours, deviennent des variables de P&L dès lors que l’Europe taxe le carbone à la frontière.
Voir la ficheMEPSO
Face à un mix encore très carboné et à une demande électrique qui tire, le gestionnaire public de transport météorise l'électricité entre prêts européens massifs et une fragilité réseau déjà jugée au carré par Bruxelles.
Voir la ficheMott MacDonald
Mott MacDonald vend moins des mégawatts que de la capacité à faire tenir ensemble réseaux, nucléaire, stockage, hydrogène et grands chantiers publics.
Voir la ficheAUTEL Energy
Autel Energy avance vite, très vite: née en 2021 dans le sillage d’Autel, spécialiste coté des outils de diagnostic automobile, la marque veut prendre sa part de la ruée mondiale vers la recharge électrique.
Voir la ficheKvarkenvinden 1 Kooperativ ek för
Pionnière de l’éolien citoyen autour d’Umeå, Kvarkenvinden 1 Kooperativ ek.
Voir la ficheÜçyol Dayanıklı Tüketim Malları Tekstil ve Dış Ticaret A.Ş
Le nom sonne industriel, la mention « energies renouvelables » dans un classement fait rêver de parcs ou de toitures photovoltaïques.
Voir la ficheOMRT BV
OMRT BV n’est ni un producteur ni un fournisseur d’électricité : elle vend une plateforme de conception paramétrique pour accélérer des programmes immobiliers « plus durables » au sens des normes et des usages du marché résidentiel hollandais.
Voir la ficheDonau-Wasserkraft
Derrière un nom opaque se cache une société allemande de financement sans personnel, propriétaire d’un bloc hydro stratégique pour le rail : cinq centrales au fil de l’eau et une STEP sur le Danube, synchronisées sur le courant de traction de la Deutsche Bahn.
Voir la fichePremium Energies (Cabinet de conseil, Paris)
Expert en bonnes affaires énergétiques pour entreprises, ou comment réduire sa facture sans se brûler les ailes.
Voir la ficheElectric Power Development Co Ltd
Le deuxième acteur électrique coté de Tokyo tient un rôle systémique : grossiste, exploitant et transporteur.
Voir la ficheVibe Energy Pty Ltd
Fondée en 2009, Vibe Energy Pty Ltd incarne l’hydridation brutale du marché australien : des licences de génération et des groupes mobiles au distillat pour l’industrie et le réseau, cousus avec un parc solaire–batterie** de 6,5 MW mis sous tension en mars 2025 à Nhill (Victoria).
Voir la ficheDenbury Resources
Le nom « Denbury » a quitté le Nasdaq : racheté 4,9 milliards de dollars en novembre 2023 par ExxonMobil, l’héritier du schiste et de l’EOR américain sert aujourd’hui d’épine dorsale à la stratégie bas carbone du groupe — avec des fuites, des confinements et des procédures fédérales au tableau de bord, pas seulement des tonnes de CO2 sur le papier.
Voir la ficheARBIOM
Arbiom ne vend pas de courant : elle veut industrialiser des ingrédients protéiques à partir de biomasse lignocellulosique et de coproduits, avec une première usine française censée monter à 10 000 tonnes par an.
Voir la ficheLUMS
Le Lahore University of Management Sciences (LUMS) n’est ni un producteur d’électricité ni un développeur d’EnR au sens boursier : c’est une université privée fondée en 1984 à Lahore qui, via son LUMS Energy Institute, est devenue un hub de modélisation et de conseil sur la transition.
Voir la fichePVM
Quand on cherche « PVM » dans un annuaire climat, les moteurs peuvent renvoyer au mauvais animal : le média retenu ici, ce n’est pas un acronyme geek, c’est l’enseigne historique du courtage pétrolier au sein de TP ICAP.
Voir la fiche