Nova Power
Le nom « Nova Power » est un aimant à homonymies : côté transition affichée, c’est surtout Nova Power & Gas, bras énergétique du groupe roumain E-INFRA, qui capitalise sur l’hydro et un stockage record — tout en enchaînant cycles combinés gaz et projets nucléaires SMR.
À propos de Nova Power
1. Modèle économique
Nova Power & Gas se présente comme un opérateur intégré : production, approvisionnement, stockage et infrastructures, avec un dispatching via son centre opérationnel. L’activité production est massée sur plus de 550 GWh/an, dont plus de 350 GWh d’origine renouvelable — le reste complétant un mix orienté flexibilité. Sur le marché du stockage, l’entreprise revendique un rôle de leader national avec 240 MWh déjà en service avant l’entrée en exploitation commerciale du site de Florești (site corporate Nova, communiqué E-INFRA). L’investissement combiné des projets batteries + CCGT dépasse 350 millions d’euros, avec Banca Transilvania comme partenaire bancaire récurrent sur ces dossiers (communiqué E-INFRA). À l’échelle du groupe, les dirigeants évoquent un cap d’environ 800 millions d’euros d’actifs propres visés fin 2026 et un effectif groupe porté vers 1 700 salariés (Business24). Les agrégats comptables publics les plus récents accessibles en profil payant signalent une pression sur les revenus nets en 2024 (baisse de l’ordre de 7 % selon indicateurs préliminaires — à prendre avec la granularité des bases commerciales) (fiche EMIS).
2. Impact réel
Le bilan « climat » de Nova Power & Gas est contradictoire au sens strict du mot : environ les deux tiers de la production électrique déclarée est renouvelable, ce qui aide mécaniquement l’intégration d’EnR sur un réseau encore en tension (communiqué E-INFRA). Le 400 MWh de Florești (200 MW) et la perspective de 600 MW / 1 200 MWh de stockage additionnel annoncés pour 2028 vont dans le sens d’une désaturation des courbes et d’une réduction du fossile marginale côté court terme — à condition que les services système ne restent pas captés majoritairement par des actifs thermiques du même groupe (Energy World). Raccorder ce profil au PPE français ou à des fiches type ADEME serait un contresens géographique : l’entreprise est roumaine ; l’intelligence européenne utile ici tic à REMIT (intégrité du marché de gros) et aux instruments de flexibilité nationale, pas aux trajectoires nationales françaises.
3. Innovations / partenariats
Le jalon technique visible est l’inauguration fin 2025 du plus grand parc batteries du pays à Florești (communiqué E-INFRA). Côté thermique, le CCGT 160 MW de Câmpia Turzii accélère après la livraison des turbines annoncée en avril 2026, avec une mise en service attendue fin 2026 pour partie de la capacité (Energy World). Parallèlement, le groupe pousse sur le nucléaire « petits réacteurs » via la coentreprise RoPower Nuclear avec Nuclearelectrica sur le site de Doicești — dossier politiquement sensible, déjà gratté par la presse locale et le ministère (Gazeta de Bistrița, E-INFRA sur Doicești). Nova Clean Energy (États-Unis) illustre la ramification « autre adresse, autre continent » : sécurisation d’environ 1 GW d’éolien au Texas et narration d’un pipeline multi-états (près de 7 GW de projets) (communiqué Nova Clean Energy, Power Technology).
4. Greenwashing / zones grises
Sanction marché de gros (février 2024) : l’ANRE a infligé à quatre fournisseurs des amendes totalisant plus de 537 M lei (ordre de 108 M€ selon les conversions de l’époque) pour pratiques de type « wash trades » faussant signaux de prix, en violation du REMIT européen ; Nova Power & Gas apparaît parmi les sanctionnés pour un montant d’environ 100 millions de lei dans les tableaux publiés par la presse métier (Energy Industry Review, Romania Insider). L’entreprise a dit contester et se déclarer conforme aux règles (Gazeta de Bistrița). Décryptage : une trajectoire « transition » qui cumule 400 MWh de batteries et, simultanément, 160 MW puis 200 MW de gaz annoncés, avec un volant nucléaire en co-maîtrise d’ouvrage, expose à un recadrage réputationnel : la flexibilité est réelle, le risque de narration trop verte l’est tout autant. La mise en avant d’un capitalisme privé sans recours aux fonds européens pour gagner du temps (Business24) renforce la dépendance aux spreads de marché et à la bienveillance des financeurs — utile tactiquement, plus exposée macroéconomiquement qu’un modèle subventionné.
5. Positionnement stratégique
Nova Power & Gas vise explicitement une place de premier plan production + approvisionnement en Roumanie, avec une expansion régionale esquissée par Teofil Mureșan (communiqué E-INFRA). Le signal court est industriel : chantier CCGT qui avance, BESS record en ligne, pipeline stockage GW scale annoncé pour 2028 (Energy World). Sur un marché européen où la rigueur réglementaire du trading s’affirme, l’historique REMIT n’est pas un détail de gouvernance : il conditionne la confiance des contreparties.
Verdict WattsElse
Nova Power & Gas incarne la transition à la roumaine : gigantesque sur les batteries, sans complexe sur le gaz, et déjà heurtée par le gendarme des marchés — un triptyque qui résume la décennie énergétique en Europe centrale mieux qu’un slogan RSE.
Sources : vreaulanova.ro · e-infra.ro · business24.ro · emis.com · energy-world.eu · gazetadebistrita.ro · e-infra.ro · novacleanenergyllc.com · power-technology.com · energyindustryreview.com · romania-insider.com · business24.ro
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