Office National de l'Electricite (ONE) African Development Bank
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable n’est pas une « junior » de la Banque africaine de développement : c’est un établissement public marocain qui pilote le système électrique, tandis que la BAD figure parmi ses financeurs historiques sur le réseau et l’électrification rurale.
À propos de Office National de l'Electricite (ONE) African Development Bank
1. Modèle économique
L’ONEE branche électricité vit de la monétisation du service public : production (dont en partenariats), transport-distribution, achats d’énergie, investissements réseau — avec une tarification administrée qui ne reflète pas toujours le coût complet. Selon le rapport sur les établissements et entreprises publics annexé au budget marocain, le chiffre d’affaires 2024 s’établit à 42,524 milliards de dirhams (+3 %), pour un résultat net déficitaire de 7,286 MMDH (après un déficit de 11,407 MMDH en 2023) ; la dette de financement est chiffrée à 54,694 MMDH, en recul explicable en partie par le retrait progressif de la distribution vers les sociétés régionales depuis octobre 2024. Côté réseau, la demande s’affiche à 45 713 GWh en 2024 (+3,9 %), avec un pic à 7 580 MW, selon l’espace rapports de l’Office. Le plan d’équipement 2025-2030 annonce 220 MMDH d’investissement dont 177 MMDH pour l’électricité, avec 72 % attendus du secteur privé, d’après Aujourd’hui le Maroc.
2. Impact réel
Le mix raconte une transition accélérée mais incomplète : 12 017 MW installés fin 2024, dont 45,4 % d’énergies renouvelables, avec une cible de 56 % de capacité renouvelable fin 2027 (rapport d’activité ONEE). Les projets de ligne UHT « autoroute électrique » Boujdour–Tensift (ordre de 1 000 km, annoncé en novembre 2025 sur le même portail) et le financement BEI pour l’intégration EnR sur le transport 60–400 kV (projet EIB 20230866) vont dans le sens d’une industrie moins carbonée à la production. En parallèle, la finalisation du financement d’Al Wahda — centrale à gaz 1 000 MW, 4,2 MMDH mobilisés (FedEnerg) — ancre la flexibilité fossile importée dans le parc : utile pour la sécurité d’approvisionnement, moins flatteur pour le bilan carbone à long terme sans mesures additionnelles sur les combustibles et le rendement du système.
3. Innovations / partenariats
Au-delà des annonces nationales, l’ONEE teste une dimension export du modèle : contrats d’électrification rurale solaire au Tchad signés en février 2025 (site ONEE). Côté accès marché, l’ouverture à l’EnR en moyenne tension pour certains clients industriels (avril 2025, même source) matérialise une libéralisation résiduelle du réseau. Sur la longue durée, la relation BAD–ONEE n’est pas anecdotique : le rapport de clôture AfDB documente un financement de la Banque pour le renforcement des réseaux de transport et distribution ; le programme PDRTE-ER illustre la grammaire « transport + électrification rurale » avec supervision multilatérale. L’EIB intervient aujourd’hui sur la maille EnR, ce qui brode une logique de cofinancement pluribailleur autour d’un opérateur unique.
4. Greenwashing / zones grises
La transition reste traversée par des signaux financiers rouges : la presse économique cite l’ONEE comme l’établissement public le plus fragile financièrement, avec une dette de l’ordre de 57 MMDH et un lourd passif social de retraites (BO Le360). Une lecture croisée avec la Cour des comptes et les médias fait apparaître des tensions structurelles sur l’équation prix/coût et la gouvernance contractualisée : en 2024, Portail Sud Maroc relève un taux d’endettement à 331 % des capitaux propres et l’échec du contrat-programme à rétablir les équilibres — soit le nerf du « greenwashing institutionnel » possible : annoncer gigawatts et lignes, tant que les impayés des collectivités et les arbitrages tarifaires minent le modèle (Médias24 sur soutiens budgétaires et déficit, chiffres sur injections et pertes cumulées). Le verrou gazier n’est pas un slogan : 4,2 MMDh pour 1 GW de gaz en 2025 (FedEnerg) expose l’opérateur à la critique d’un lock-in importé, même si l’argument technique de la flexibilité est réel.
5. Positionnement stratégique
L’horizon 2025-2030 est celui d’une électrification capacitaire : EnR massives (+12,5 GW annoncés sur la période selon Aujourd’hui le Maroc), infrastructures de super-grille, partenariats bilatéraux et financements européens sur le transport. Dans le même temps, la recomposition institutionnelle (sortie de la distribution) et la pression des contrôleurs de la marche des fonds (axes du rapport Cour des comptes 2023-2024) obligent à recoller le récit industriel au compte d’exploitation.
Verdict WattsElse
L’ONEE incarne la transition « comme on la finance vraiment » : GW verts sur les prospectus, milliards rouges sur la balance — tant que l’État subventionne la respiration et que le gaz assure la respiration technique du réseau.
Sources : finances.gov.ma · one.org.ma · aujourdhui.ma · eib.org · fedenerg.ma · afdb.org · mapafrica.afdb.org · bofr.le360.ma · portailsudmaroc.com · medias24.com · courdescomptes.ma
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