Salamander Energy
Le nom Salamander Energy a quitté les places financières en 2015.
À propos de Salamander Energy
1. Modèle économique
Fondamentalement, Salamander était un producteur et explorateur pétrolier et gazier de droit britannique, listé à Londres, avec un portefeuille tourné vers l’Asie du Sud-Est. L’acquisition par Ophir Energy en 2015 a entraîné sa fusion et la sortie d’une cotation autonome. L’héritage d’Ophir — dont les gisements thaïlandais célébrés du temps de Salamander — a ensuite basculé vers PT MedcoEnergi lors du rachat d’Ophir en 2019 par le groupe indonésien. Côté chiffres actuels, ce n’est plus « Salamander » qui publie : c’est le groupe, avec par exemple un chiffre d’affaires consolidé d’environ 2,395 Md$ en 2025 et un EBITDA d’environ 1,264 Md$ sur l’exercice. Le segment qui porte aujourd’hui la mémoire opérationnelle de Bualuang, c’est donc l’E&P de Medco en Thaïlande, sécurisé par des renouvellements de licence. Donnée non publiée sous la raison sociale historique : l’effectif de « Salamander Energy » n’existe plus en tant que telle — tout reporting RH homogène se trouve au niveau Medco, non ventilé par cette étiquette fantôme.
2. Impact réel
L’impact climat direct des barils et des m3 extraits sur les blocs hérités s’inscrit dans le bilan Scope 1 et 2 d’un opérateur regional : Medco indique environ 1,6 MtCO2e d’émissions nettes en moins en 2024 qu’en 2019 (sur périmètre opérationnel) et met en avant une baisse marquée des émissions de méthane en rapport de durabilité. Côté électricité vendue, le groupe affiche 4 371 GWh en 2025 et une part d’environ 25 % d’énergies renouvelables dans le mix de ces ventes, ce qui structure une lecture « multi-énergie » — distincte d’un binaire puits vs. climat. Aucun alignement explicite trouvé entre ce périmètre (Asie) et des objectifs chiffrés de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en France, qui cible d’abord le système national : la comparaison reste thématique, pas comptable.
3. Innovations / partenariats
Le fil narratif des années récentes mélange renouvellement de licences, montées en participations amont et nouvelles kilowatt-heures bas carbone. En Thaïlande, l’extension d’une licence sur le gisement de Bualuang (contexte d’héritage Salamander) jusqu’au 23 octobre 2035 a été annoncée en 2025, prolongeant l’exploitation côtier. Sur d’autres actifs, Medco a détaillé une prise de participation supplémentaire dans le bloc gazier « Corridor » et le calendrier de projets comme Sakakemang côté Indonésie (production attendue 2027 dans les supports groupe). Côté bas-carbone, le groupe met en avant la mise en service de 35 MWe sur le complexe géothermique d’Ijen (phase 1) au 1er trimestre 2025 et, pour le parc électrique, 25 MWp solaire à East Bali (au plus tard S1 2025 selon le rapport d’exercice) — le tout dans une logique de portfolio où l’E&P et le courant se cumulent, pas de substitution chiffrée publique fiche par fiche.
4. Greenwashing / zones grises
La note ESG « AAA » par MSCI en 2025, citée par le groupe, côtoie un résultat net en forte baisse (environ 101 M$ en 2025 contre 367 M$ en 2024, selon le même support) : l’arbitrage discours ESG / performance actionnariale n’est pas théorique. La stratégie qualifiée d’ « agressive » en amont pétro-gaz tranche avec l’appel de bas de page sur la part renouvelable de l’électricité, risquant un effet d’aubaine narratif. En matière d’intégrité des chaînes d’approvisionnement, le rapport de durabilité 2024 mentionne un signalement d’ONG sur des pratiques de transport par camion liées — hors périmètre direct déclaré — à l’écosystème de l’installation de Kerendan, actif hérité d’une histoire d’E&P (Salamander/Ophir) aujourd’hui reprise par Medco : la zone grise, c’est la responsabilité en cascade des acheteurs et sous-traitants, masquage possible des externalités locales. Enfin, la sensibilité aux prix du pétrole (-15 % en 2025 sur les réalisations, d’après le rapport d’exercice) rappelle qu’un « discours transition » n’efface ni la marge, ni le CO₂ intrinsèque au baril.
5. Positionnement stratégique
La trajectoire « post-Salamander » est celle d’un groupe d’envergure régionale qui vise, selon Reuters, une production de l’ordre de 170 000 boepd en 2026 — un record de cadence affiché au moment même où l’Indonésie et la Thaïlande arbitrent entre data centers, croissance et mix. Les actifs d’eaux thaïlandaises, dont Bualuang documenté dès l’époque Salamander, servent ici d’ancre géologique à une story financière aujourd’hui indonésienne. Les politiques de retour vers les actionnaires — l’exercice 2025 mentionne l’ordre de 110 M$ combinés entre dividendes et rachats — tracent la double ligne de partage : discours « durable », exigence de cash.
Verdict WattsElse
Salamander n’est plus une personne morale au téléphone, mais un filon narratif : ce qui a commencé en boardroom londonien vise désormais un plafond de production régional, sous un drapeau où le baril tient la barre et le pourcentage EnR, la légende. Mémorable, la sentence : héritage britannique, moteur asiatique, climat en fond sonore.
Sources : reuters.com · en.wikipedia.org · euro-petrole.com · medcoenergi.com · medcoenergi.com · medcoenergi.com · ecologie.gouv.fr · worldoil.com · medcoenergi.com · medcoenergi.com · energyvoice.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Orkuveita Reykjavíkur
** Le plus grand opérateur d’énergie et d’utilité de la région de Reykjavik affiche des comptes 2024 solides, capte le CO₂ à grande échelle et attire un prêt de la BEI — tout en découvrant, fin 2025, à quel point un contrat « vert » peut dérailler quand une fonderie pleure force majeure.
Voir la ficheE-CL
Le ticker ECL et le sigle historique cachent une principauté énergétique du désert d’Atacama : Engie Energía Chile S.A., productrice, transporteuse d’électricité et acteur majeur du gaz (GNL, gazoducs) pour l’industrie minière.
Voir la fichePlume Labs
Le petit détecteur qui vous souffle à l'oreille quand l’air se fait toxique, pour mieux scruter le ciel en souriant (ou pas).
Voir la ficheArmoregreen
Spécialiste français des énergies vertes qui tente de faire tourner la roue solaire sans perdre la trésorerie.
Voir la ficheAfsåns Vind AB
* Le nom sonne comme une aktiebolag* suédoise dédiée au vent — pourtant, en mai 2026, la trace publique de « Afsåns Vind AB » reste un trou noir : ni site corporate, ni permis rebaptisés ainsi, ni ligne comptable attribuable sans risque d’homonymie.
Voir la ficheLars Magnusson Jordbruks AB
La dénomination « Lars Magnusson Jordbruks AB » ne correspond à aucune société à responsabilité limitée (aktiebolag) repérable dans les bases ouvertes qui agrègent le registre suédois : vous avez sous les yeux soit une erreur de forme juridique sur une exploitation agricole individuelle, soit un homonyme confondu avec une voix du biogaz régional.
Voir la ficheBLUE WORLD TECHNOLOGIES
Fintech du Nord, glamour maritime, investisseur stratégique : Blue World Technologies cumulait les étiquettes jusqu’à ce que le manque de cash force un sauvetage judiciaire et un pivot brutal au printemps 2025.
Voir la ficheDESARROLLOS EOLICOS DE CORME S.A.
Cette société n’est plus qu’un nom dans les greffes : Desarrollos Eólicos de Corme fut la structure de projet d’un parc emblématique sur la côte nord-ouest de l’Espagne, avant d’être avalée par EDP.
Voir la ficheIneos
Ineos veut raconter une histoire simple: sauver la chimie européenne avec un vapocraqueur flambant neuf à Anvers.
Voir la ficheRivagroup
Petite entreprise française qui orchestre l'installation électrique et la maintenance industrielle avec plus de modestie que d'éclat.
Voir la ficheЕнергиен Системен Оператор (ECO)
L’intitulé cyrillique «Енергиен Системен Оператор» renvoie, dans les textes officiels bulgares, à l’Electricity System Operator EAD (Електроенергиен системен оператор), dont le sigle usuel est ESO — gestionnaire unique du réseau de transport d’électricité.
Voir la ficheHidrandina
Hidrandina, c’est la vitrine au nord du pays d’un modèle de distribution électrique où l’État actionnaire exige à la fois dividende, tarifs et silence sur les coupures.
Voir la ficheEnergía Azteca X S. De R. L. De C. V.
Le nom d’Energía Azteca X ne s’affiche pas en une des portefeuilles européens : il incarne surtout un crochet juridique et gazier entre le réseau nord-américain et une des plus grosses flottes CCGT privées du Mexique.
Voir la ficheRunningland
Runningland tient le fil entre normes pétrochimiques et fiabilité des machines, depuis Shanghai, avec un ancrage international via WearCheck.
Voir la ficheAurea Solar
L’énergie des toitures et des façades se joue aussi sur la promesse technologique : plus de rendement, plus de lumière diffuse captée, plus d’esthétique.
Voir la ficheARANER
Spécialiste du refroidissement durable qui rafraîchit avec style, même sous les tropiques.
Voir la ficheOberga Vind AB
Trois lignes suffisent dans la base de référence spécialisée : parc opérationnel à Tranås (Jönköping), une turbine Vestas, 2 MW nets.
Voir la ficheSociété Franc̜aise des Pétroles de Silva-Plana
Le nom évoque les hydrocarbures ; la réalité juridique, elle, est celle d’une SA parisienne classée en fonds de placement (NAF 6430Z).
Voir la ficheParagon Oil
Le mot « Paragon » colle à l’huile comme une étiquette mal collée : une firme historique américaine, une enseigne de chauffage à Brooklyn, et surtout des opérateurs africains qui misent tout sur l’amont fossile — avec, en toile de fond, une crise politico-réglementaire autour du bloc offshore PEL 37.
Voir la ficheAIMEN
Le centre AIMEN incarne cette galaxie où la transition passe par les matériaux, le laser et l’hydrogène plutôt que par une simple vignette verte.
Voir la ficheRWE Power
Le cœur industriel de RWE AG — souvent désigné historiquement sous l’étiquette « RWE Power » — vend aujourd’hui une même promesse en deux temps : empiler éoliennes, solaire et batteries, tout en conservant des turbines gaz (et encore du lignite jusqu’au tournant 2030) pour colmater l’intermittence.
Voir la ficheQoichi 1, S.L.
Elle ne vend pas une marque : elle tient une coquille d’investissement photovoltaïque en Espagne, calibrée autour du mégawatt‑réplicable.
Voir la ficheBariloche Atomic Centre
Laboratoires de Patagonie où l’argent public forme encore des ingénieurs pour un pays qui parle nucléaire « stratégique » : le Centro Atómico Bariloche, nom anglais « Bariloche Atomic Centre », est le visage recherche-et-formation du programme atomique étatique sud-américain.
Voir la fiche