Siemens (United Kingdom)
Le périmètre « Siemens (United Kingdom) » n’est pas une société unique : il recoupe Siemens plc et plusieurs filiales — dont une présence industrielle majeure dans l’éolien offshore via Siemens Gamesa à Hull, et une montée en puissance du logiciel industriel et du numérique pour la décarbonation.
À propos de Siemens (United Kingdom)
1. Modèle économique
Les revenus britanniques les mieux documentés publiquement pour une entité logicielle dédiée sont ceux de Siemens Industry Software Limited : £211,2 millions de chiffre d’affaires pour l’exercice 2024, contre £166,7 millions en 2023, soit environ +27 %, avec une forte composante licences logicielles et solutions « digital twin » pour l’industrie (rapport financier annuel 2024 — Siemens Industry Software Ltd). Au niveau groupe, Siemens AG publie pour l’exercice 2025 un chiffre d’affaires de 78,9 milliards d’euros (+4 %) et 6,6 milliards d’euros consacrés à la R&D, avec un ratio book-to-bill à 1,12, signe d’une demande soutenue sur l’électrification et l’infrastructure (Annual Financial Report FY2025 — Siemens AG). La presse régionale a rapporté pour Siemens Gamesa UK des projections de £1,5 milliard de CA pour 2024 et une ambition de £100 millions de résultat avant impôt, après des exercices difficiles sur les plates-formes 4.X / 5.X (Hull Daily Mail). Les effectifs UK sont souvent donnés par le groupe autour de 15 000 collaborateurs (ensemble des entités), ordre de grandeur à traiter comme agrégat corporate, pas comme une seule ligne comptable.
2. Impact réel
La lecture « impact climat » du périmètre britannique passe par deux leviers : fabrication d’équipements pour EnR (pales offshore à Hull — extension historique de £186 millions annoncée en 2021 pour doubler la surface et préparer des pales de nouvelle génération d’ici 2023, soit plus de 41 000 m² supplémentaires) (communiqué Siemens Gamesa — Hull), et solutions logicielles / automatisation qui réduisent l’empreinte des sites industriels clients (jumeaux numériques, optimisation énergétique). Côté groupe, Siemens met en avant 694 millions de tonnes de CO₂e évitées cumulativement par les clients à horizon 2025 et le fait que 90 % du portefeuille « contribuerait » à un impact durable positif pour les clients (page « sustainability » Siemens — indicateurs groupe). Ces agrégats sont mondiaux : ils ne substituent pas un bilan UK détaillé publié au même niveau de granularité pour chaque filiale.
3. Innovations / partenariats
Sur l’innovation « produit », Siemens EcoTech formalise une étiquette environnementale avec méthodologie présentée comme validée par TÜV Rheinland selon les référentiels ISO 14020 et 14021, et profils produits téléchargeables pour la transparence du cycle de vie (page Siemens EcoTech). La R&D groupe (6,6 Md€ en 2025) inclut explicitement des priorités sur réseaux, électrification des datacenters et filières comme l’hydrogène dans les rapports AG (Annual Financial Report FY2025 — Siemens AG). Côté éolien, la concurrentielle bataille technologique offshore s’est jouée aussi dans les tribunaux : en novembre 2022, Reuters rapporte une décision défavorable à Siemens Gamesa dans un litige de brevets face à GE au Royaume-Uni (Reuters — litige brevets UK).
4. Greenwashing / zones grises
Le label EcoTech répond à une demande de comparabilité marché ; la critique « pure communication » perd du terrain lorsque la documentation cite une validation tierce de méthode — tout en restant un cadre Siemens, dont la lecture critique doit porter sur la profondeur du contrôle produit par produit et non seulement sur le référentiel (page Siemens EcoTech). Une tension sociale documentée relie directement « transition » et conditions de travail : en juillet 2024, environ 300 salariés de l’usine de pales à Hull ont été consultés sur la grève après une proposition salariale jugée insuffisante par Unite (4,5 % plus incentives), avec risque de perturbation des livraisons pour East Anglia 3 et Moray West (BBC News — Hull). Sur le volet politique-industriel, Siemens Gamesa a explicitement refroidi l’idée de nouveaux investissements usine au Royaume-Uni sans pipeline offshore plus lisible — article Recharge fin 2025 (Recharge — investissements UK), au lendemain d’une vague d’investissements à Hull qui avait pourtant été mise en avant quelques années plus tôt (£186 M, 2021) (communiqué Siemens Gamesa — Hull).
5. Positionnement stratégique
Le signal récent est double : croissance à deux chiffres sur le logiciel industriel UK (+27 % en 2024 pour Siemens Industry Software Ltd, rapport 2024 PDF), et prudence industrielle sur l’éolien tant que les enchères et la planification offshore britanniques n’offrent pas une visibilité suffisante (Recharge — investissements UK). Chez Siemens Energy, la dynamique commandes restait au centre des débats 2024 (carnet élevé ; redressement qualité/design des turbines en cours selon les publications groupe — voir relations investisseurs Siemens Energy), ce qui structure aussi la lecture UK via Gamesa.
Verdict WattsElse
Au Royaume-Uni, Siemens incarne à la fois la fabrique de la transition (pales, emplois, export technologique) et ses contradictions : marge et croissance côté logiciel, tensions salariales et incertitude politique côté offshore. La transition y est un marché et un rapport de force — pas une ligne fluide du rapport RSE.
Sources : assets.new.siemens.com · assets.new.siemens.com · hulldailymail.co.uk · siemensgamesa.com · siemens.com · siemens.com · reuters.com · bbc.co.uk · rechargenews.com · siemens-energy.com
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