STEG
À la croisée du service universel électrique, des achats régionaux d’hydrocarbures et d’un agenda interconnecté Tunisie‑Italie, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) reste l’articulation technique et politique du pays — entre universel marchand et déséquilibre structurel qui ne passe pas sous les mers aussi vite qu’un câble.
À propos de STEG
1. Modèle économique
La STEG intègre production, transport haute tension, distribution moyenne/basse tension et gaz naturel, où la facturation de plus de quatre millions de clients électrique (4 494 013 au total national en 2024 selon la même page officielle « Distribuer ») croise prix administrés, déficit latent et urgences réseaux. Une lecture presse décrit au premier trimestre 2025 des créances clients dépassant 4 milliards de dinars tunisiens — niveau où la trésorerie devient un facteur systémique aussi critique que tout objectif COP. Les achats d’électricité à l’étranger (Algérie/Libye) ont représenté 14 % des besoins au début 2025, attestant déjà une interdépendance régionale même avant qu’ELMED n’atteigne tout son champ d’application. Chiffre d’affaires consolidé hors états financiers téléchargés, effectif précis 2025 : selon les éléments disponibles en ligne hors rapports téléchargés, non reportés ici.
2. Impact réel
Le bilan « Distribuer » affiche encore 192 881 km de lignes moyenne et basse tension (+1,7 % sur un an) et 99,8 % d’électrification nationale, soit un formidable indicateur social… porté par un mix encore carboné. À fin octobre 2025, WebManagerCenter cite 17 499 GWh produits (+4 % année sur année), 94 % des volumes nationaux encore issus des centrales STEG « classiques » et 5 % à 6 % de renouvelable — soit une cassure évidente avec l’ambition nationale 35 % EnR d’ici 2030 évoquée dans cette même presse d’agrégats. 470 MW de photovoltaïque installée (dont ~400 MW résidentiels) restent un correctif encore dérisoire face aux GW manquants sur la courbe de demande critique. Aucune analyse ADEME, PPE 3 française ou dossier canonicalisé CdE décrivant spécifiquement la STEG n’a été repérée : benchmarks climat européens donc utilisés comme boussole géopolitique, pas comme obligation locale.
3. Innovations / partenariats
L’Europe et la BEI annoncent 12 M€ d’assistance technique Tunisie‑UE autour d’un maillon ELMED chiffré à environ 921 M€ cumul projet. En parallèle, la Banque mondiale a approuvé un programme (430 M$) jusqu’à 2028 — traduction locale : 1 333 M TND pour soutenir la performance opérationnelle et financière de la STEG. Sur le registre domestique « Smart Grid » et selon Managers Tunisie : 120 M€ dédiés à 165 000 compteurs intelligents cumulés haute et basse tensions — granularité indispensable pour perdre quelques gigawatheures perdues en « fuite technique ».
4. Greenwashing / zones grises
Une transition marketing peut toujours coexister avec une transition budgétaire stagnante : lorsque 4 Md TND d’impayés saturent votre bilan après les premières facturations 2025, la promesse verte ressemble vite à du verre dépoli. Le volet financier interpelle aussi le Parlement alors que ~70 % du gaz encore importés d’Algérie fige géopolitiquement un mix encore thermique-majoritaire. À l’été 2025, des écarts d’« environ 800 MW » entre puissance disponible domestique (4 200 MW) et demandes pointe (~5 000 MW) permettent de comprendre comment la « neutralité carbone » projetée doit composer avec les rationnements immédiats. Dans la foulée nationale, l’observateur énergétique cité fait retomber l’« indépendance nationale » à 41 % en 2024** : aucun tableau ESG européen n’abolira ce constat géographique sous tension.
5. Positionnement stratégique
La STEG poursuit trois paris empilés — reliabilité domestique, interconnexion transméditerranéenne, captage partiel des capitaux développement — sans lesquoi la Tunisie ne tiendra probablement ni ses courbes de sous‑tarification ni ses promesses finales EnR sans chocs politiques domestiques majeurs. Les instruments bilatéraux et réseaux intelligents locaux, s’ils se concrétisent techniquement, pourraient constituer le bouclier techno‑légal contre les brownouts narratives encore dominants ; pour autant ils ne remplacent pas des tarifs reflétant le coût marginal réel gaz.
Verdict WattsElse
Une STEG géante encore verrouillée sur le gaz, qui peint en vert ce que la dette cliente et thermique ravivent encore en noir — entre câbles sous-marins européens et sous‑capitalisation nationale, la transition ne sera réelle que lorsque les milliards passeront autant sous les lignes que dans les lignes narratives**.
Sources : steg.com.tn · steg.com.tn · lapresse.tn · lapresse.tn · steg.com.tn · webmanagercenter.com · ademe.fr · eib.org · banquemondiale.org · lapresse.tn · steg.com.tn · managers.tn · tunisienumerique.com · tuniscope.com · leconomistemaghrebin.com
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