Tamarico Solar Dos SpA
Spécialisée au profit d’un parc solaire à l’échelle du désert, Tamarico Solar Dos SpA incarne la logique du SPV au Chili : capital massif, visibilité minimale en dehors des dossiers SEA et de la presse sectorielle.
À propos de Tamarico Solar Dos SpA
1. Modèle économique
Tamarico Solar Dos SpA est, selon les profils sectoriels, une filiale ad hoc du groupe chilien Celtic Solar Group, structurée pour porter le complexe solaire Tamarico vers Vallenar (Atacama), à une quinzaine de kilomètres au nord de la ville. Le revenu attendu repose sur la vente d’électricité injectée dans le réseau national via l’infrastructure de transport : le décret de concession électrique définitive fixe le cadre juridique de l’évacuation en 220 kV (mars 2022). L’EPC de la Phase I a été mené par Metlen (ex-Mytilineos), qui indique que les parcs concernés — dont Tamarico (167 MW) — desservent Enel Chile dans le cadre d’un PPA ; il convient de noter que ce contrat est décrit au niveau du portefeuille Metlen et non d’un document public isolé au nom de Tamarico Solar Dos. Les enveloppes d’investissement publiques avoisinent 360 M$ pour la Phase I (dossier SEA) et 250 M$ pour la Phase II (La Tercera, août 2025), soit un ordre de grandeur cumulé d’environ 610 M$ — chiffre de projet, pas un chiffre d’affaires consolidé : aucun compte annuel détaillé accessible ici ne permet d’attribuer un CA ou une marge à cette SPV. L’exploitation reste très concentrée en emplois permanents : la presse locale cite 18 postes en phase d’exploitation contre un pic de 400 ouvriers en construction (même source).
2. Impact réel
La Phase I a été mise en service fin 2024 (PV Tech) avec 496 512 modules répartis sur deux blocs (fiche SEA Phase I). L’effet climat se lit à l’échelle du Système électrique national : chaque MWh photovoltaïque substitué au parc thermique ou diesel réduit les émissions du mix ; Metlen avance, pour l’ensemble de son portefeuille chilien mis en avant, un ordre de plus de 240 000 tonnes de CO₂ évitées par an — indicateur consolidé portefeuille, donc non exclusivement attribuable à Tamarico (communiqué Metlen). Aucune rubrique ADEME, PPE3 ou fiche « Connaissance des Énergies » n’a été trouvée pour cette entité chilienne : les repères français de la programmation pluriannuelle ne s’appliquent pas directement ; le parallèle utile est celui de la décarbonation du mix sud-américain et des objectifs nationaux chilens, pas d’un benchmark obligatoire européen.
3. Innovations / partenariats
Le levier technique du redimensionnement passe par la Phase II : 169,02 MWp annoncés en procédure d’évaluation, avec stockage BESS (PV Magazine LatAm, janvier 2024). Le portail participatif du SEA détaille pour la Phase II un BESS de 91 MW et 281 700 modules bifaciaux sur 399 ha (présentation du projet). Côté exécution, l’alliance industrielle marquante reste celle avec Metlen pour la construction de la tranche opérationnelle aujourd’hui (PV Tech), tandis que la gouvernance capitalistique reste, selon les bases publiques, aux mains du véhicule celtique (BNamericas).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas celui d’un discours marketing excessif — les dossiers administratifs parlent d’eux-mêmes. D’abord, un litige foncier a conduit la Cour suprême chilienne, en novembre 2023, à exiger la cessation d’obstructions vis-à-vis des travaux de la concessionnaire sur fond de servitude électrique (DOE Chile). Ensuite, la fiche SNIFA recense au troisième trimestre 2025 69 rapports de contrôle environnemental ciblés notamment flore et couvert végétal dans un désert où la biodiversité est à la fois fragile et médiatisée — signal d’une surveillance forte, pas forcément de sanctions, mais d’une exposition réglementaire continue. Enfin, les documents projets interrogent l’eau pour le lavage des panneaux (ordre de ~780 000 modules combinés après extension, selon les fiches officielles) dans une région où le stress hydrique structure les débats (portail BESS / périmètre Phase II). La dualité« petite entreprise »registrale / milliards d’actifs projet vue sur les registres environnementaux n’est pas un « mensonge » : c’est une conséquence juridique des SPV, qui dissocie l’empreinte financière vue par le citoyen de la taille nominale du porteur légal.
5. Positionnement stratégique
Le passage à l’échelle est acté côté instance régionale : la Coeva d’Atacama aurait adopté à l’unanimité (11 voix) l’avis favorable à la Phase II le 29 août 2025 (La Tercera), à la veille de quarante années d’exploitation envisagées (porte SEA). Sur le marché, Tamarico s’insère dans la dynamique solaire à giga-investissement + batterie que le Chili poursuit pour absorber son renouvelable tout en gardant une stabilité de réseau. Le signal récent le plus lisible pour l’Observateur n’est pas un logo corporate : c’est cette décision environnementale de 250 M$ qui confirme l’option PV bifaciale couplée au stockage.
Verdict WattsElse
Tamarico Solar Dos SpA prolonge au Chili une trajectoire classique et férocement efficace : SPV financé à la hauteur d’un infra d’État, électricité standardisée pour grands acheteurs, pression foncière et hydrique intériorisée dans la procédure. Le pari français du lecteur européen : suivre ces actifs où la transition se joue aussi sur le tribunal et sur le milliètre cube d’eau, pas sur le slogan.
Sources : bnamericas.com · bnamericas.com · nuevo.leychile.cl · metlen.com · seia.sea.gob.cl · finde.latercera.com · pv-tech.org · pv-magazine-latam.com · sea.gob.cl · actualidadjuridica.doe.cl · snifa.sma.gob.cl
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