TEREGA SOLUTIONS
Le groupe Teréga joue déjà à l’échelle nationale sur le transport et le stockage ; Teréga Solutions, créée en 2021, est le bras « projets » — biométhane, hydrogène, CCUS, mobilité gaz — là où la transition se monnaie en contrats et en ingénierie.
À propos de TEREGA SOLUTIONS
1. Modèle économique
Teréga Solutions est une filiale du groupe Teréga SAS, structurée en trois business units — biométhane et mobilité gaz, hydrogène, multi-énergies et digital — pour vendre accompagnement, études et solutions terrain à industriels, collectivités et agriculteurs (présentation officielle). Les comptes consolidés publiés par la maison mère concernent l’ensemble Teréga : en 2024, un chiffre d’affaires total de 517 M€, dont 312 M€ au transport et 176 M€ au stockage — périmètre réglementé dominant auquel la filiale « Solutions » se rattache stratégiquement sans divulguer, dans les sources consultées, un CA isolé. Côté groupe, 647 collaborateurs et 154 M€ d’investissements engagés en 2024 donnent l’ampleur de la machine derrière les projets portés par la filiale.
2. Impact réel
Sur le réseau Teréga, la montée des gaz renouvelables est mesurable mais encore minoritaire au regard du flux total : 625 GWh/an de capacité d’injection de biométhane installée fin 2024, 11 méthaniseurs raccordés et un Indice de Gaz Renouvelable (IGR) moyen de 4,1 % dans la zone, avec des pics à 14,9 % — nettement au-dessus de la moyenne nationale selon la même source. La flexibilité du réseau progresse : mise en service en 2025 du premier rebours à Auch pour réinjecter les excédents là où la demande suit. Côté climat, le groupe revendique une trajectoire scrutée par les agences : selon le bilan relayé en juin 2025, Moody’s Net Zero Assessment validerait une réduction de -54 % des émissions scopes 1 et 2 d’ici 2030 (base 2017) et -34 % sur les scopes 1-2-3 par rapport à 2021. Un projet de chaîne carbone complet dans le Sud-Ouest vise jusqu’à 6 millions de tonnes de CO₂ captées par an à l’horizon 2035, avec mise en perspective du gisement et du stockage géologique annoncés dans ce même article.
3. Innovations / partenariats
Le catalogue « Solutions » couvre hydrogène, CCUS / CO₂, méthanisation agricole et mobilité bas carbone. En mars 2026, la BU hydrogène annonce un partenariat commercial exclusif avec Intraterra pour déployer « Vertical H2 » (stockage d’hydrogène gazeux enterré à la verticale), avec exclusivité commerciale sur dix-huit mois et perspective de démonstrateur de 2 à 5 tonnes en Nouvelle-Aquitaine ou Occitanie. Antérieurement, la filiale s’est affichée partenaire du projet Hy’Touraine et a noué des accords avec des intégrateurs de méthanisation (S3D Ingénierie, Vertigo ENR). À l’échelle groupe, le projet HySoW vise un réseau d’environ 650 km et 500 GWh de capacité de stockage d’ici 2030 ; BarMar, tronçon sous-marin de H2med Barcelone–Marseille, est déjà labellisé PIC, avec une participation du groupe évaluée à 16,7 % selon la même synthèse.
4. Greenwashing / zones grises
La transition narrative repose encore sur un socle comptable très « gaz réseau » : en 2024, 312 M€ de CA transport et 176 M€ de CA stockage — soit l’essentiel du modèle — contre une biométhane qui peine à peser face aux volumétries de gaz fossile acheminées et stockées sur la même infrastructure. La sensibilité économique du métier de stockage reste documentée : en 2023, le groupe avait réalisé un achat exceptionnel de gaz coussin pour 21 M€, ce qui explique en partie la baisse des investissements stockage observée en 2024 (53 M€ vs l’année précédente) — un rappel que la « flexibilité » du système gazier se paie encore au compteur fossile. Pour l’hydrogène structurant, HySoW est présenté comme candidat au statut PIC européen, avec une décision attendue à l’automne 2025 selon la même source : la « banalité » du pipeline vert dépend donc d’étiquettes et de fonds européens. Enfin, sur la promesse d’investissements futurs, plus de 50 % des investissements annuels du groupe visés dès 2035 pour la décarbonation et les gaz verts fixe un curseur temporel — à confier au rapport d’exécution dans dix ans.
5. Positionnement stratégique
Teréga Solutions incarne la face « projet » du plan Gaïa 2035 : transformer un gestionnaire de réseau et de stockage en intégrateur de chaînes hydrogène, biométhane et CO₂ — là où la France et l’UE poussent les corridors (H2med, mécanismes PIC). Les résultats groupe (488 M€ de CA hors équilibrage, 106 M€ de résultat net en 2024) donnent de l’air pour financer la mutation ; l’AMI ayant recensé 528 projets hydrogène chez 168 entreprises illustre la course aux usages réels derrière les infrastructures.
Verdict WattsElse
Teréga Solutions vend la bonificabilité d’un réseau déjà là ; la valeur nette pour le climat passera par ce qui sera injecté et réellement substitué au gaz fossile — pas par le storytelling des trois BU. Infrastructure d’abord, molécules ensuite : la transition est chiffrée ou elle ne l’est pas.
Sources : terega.fr · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr · terega.fr · lenergeek.com · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr · terega-solutions.fr
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