Vapo Oy
Vapo Oy est aujourd’hui Neova Oy (marque Neova Group) : groupe finlandais dont le siège opérationnel est à Jyväskylä, ancré depuis 1940 dans la filière tourbière, et dont l’État conserve 50,1 % du capital — le reste étant historiquement structuré via des participations d’acteurs énergétiques (capitalisation d’entreprise d’État, à lire comme contexte…
À propos de Vapo Oy
1. Modèle économique
Les comptes 2025 confirment une transformation de taille avec une sensibilité météo. Le communiqué sur les états financiers 2025 affiche un chiffre d’affaires de 472,7 M€ (469,0 M€ en 2024), un EBITDA de 52,2 M€ et un résultat opérationnel de –3,2 M€ après un 14,0 M€ l’année précédente, avec –22,6 M€ d’éléments non récurrents au cœur de la chute. Le résultat du groupe pour la période ressort à –11,4 M€ contre +8,8 M€ en 2024. Les effectifs se contractent : 791 salariés en moyenne (817 en 2024). La dette nette interests frôle les 172,1 M€, pour un ratio dette/EBITDA de 3,3. Les investissements bruts atteignent 29,9 M€, avec une orientation durable vers la fibre ligneuse et des approvisionnements type canary grass. Le PPE français ne structure pas ce bilan : l’exposition est nordique et discrètement indiciée au prix du CO₂, car le carburant tourbe reste une ligne de défense du mix thermique finlandais en cas de tension d’approvisionnement.
2. Impact réel
Sur le plan gaz à effet de serre, la tourbe est un combustible fossile à fort contenu carbone ; la documentation française de référence sur les facteurs d’émissions des tourbes dans la Base Carbone permet de cadrer l’enjeu méthodologique (émissions amont + combustion) sans « noter » Neova dans un inventaire national français. Côté Finlande, les statistiques publiques montrent que les émissions liées à la combustion de tourbe ont baissé de 0,6 Mt d’éq. CO₂ sur la dernière série communiquée (Statistiques Finlande, 2024) — mouvement macro, pas un isolant de responsabilité individuelle. Opérationnellement, le groupe gère autour de 30 000 ha de zones tourbeuses en Finlande, Suède et Estonie selon le rapport annuel 2024 : l’empreinte est donc à la fois carbone et biodiversité, avec un débat public vif sur la place résiduelle de l’énergie-tourbe dans un pays qui électrifie le chauffage. Neova affiche, sur son site durabilité, une trajectoire de –50 % d’émissions scopes 1+2 d’ici 2030 par rapport à 2018 (réduction des émissions), ce qui se lit aussi comme une course contre le vieux métier énergétique.
3. Innovations / partenariats
La diversification n’est pas cosmétique : le rapport 2025 insiste sur la montée en puissance de Novactor dans le charbon activé (purification eau/air) et sur l’avancement de parcs solaires et éoliens jusqu’aux premières décisions d’investissement. Dans l’organisation publiée au premier semestre, la direction « Peat and New Materials » incarne la tentative de transformer la tourbe en matériaux et produits de spécialité plutôt qu’en simple ballot (voir rapport semestriel 2025). Les exigences CSRD sont pilotées via le centre rapports de durabilité, où le groupe consolide ses publications extra-financières.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque réputationnel est structurel : l’entreprise a annoncé en 2021 une dépréciation de 16,2 M€ sur des actifs liés à l’arrêt de la tourbe énergétique en Finlande, au motif des droits d’émission et de la demande (écritures comptables liées à l’arrêt), puis a dû rouvrir le robinet après l’invasion russe pour des motifs de sécurité d’approvisionnement (rapport intérimaire avril 2022) — un aller-retour difficile à vendre comme transition linéaire. Le second est politique : le 25 septembre 2024, des activistes ont couvert de peinture rouge l’entrée du parlement contre l’extraction de tourbe, en pointant nommément Neova (euractiv sur la réaction des députés) ; la presse internationale relaie la même séquence (Anadolu Agency). Enfin, la dépendance au marché carbone : les marges du segment combustible restent otages d’un hiver froid et d’un ETS volatil, ce que la synthèse 2025 admet implicitement via une Terra freinée par des températures douces, alors même que l’horticulture tire le groupe vers le haut de fourchette.
5. Positionnement stratégique
Neova joue sur deux temporalités : court terme, être un outil d’État pour la sécurité énergétique régionale et l’approvisionnement des réseaux de chaleur encore accros à des combustibles solides ; moyen terme, monter en substrats et matériaux pour dépendre moins du kilowattheure carboné. Les signaux 2025 sont paradoxaux : CA stable, mais rentabilité et cash qui se dégradent ; investissements soutenus, mais levier financier qui se tend. Pour le lecteur français, la lecture utile croise le portrait sociétal de la tourbe en Finlande avec les grilles ADEME sur les tourbes : même à mille kilomètres du *PPE3*, l’exposition au CO₂ européen rapproche Neova des mêmes tensions prix que les utilities fossiles.
Verdict WattsElse
Neova est l’anti-pure-player : un groupe d’État qui parle sécurité alimentaire et matériaux circulaires tout en gardant, dans les faits, la main sur le fossile nordique lorsque la géopolitique le réclame — et qui paie déjà, en Bourse de l’opinion comme en comptes, le contradictoire de cette équation.
Sources : neova-group.com · en.wikipedia.org · neova-group.com · neova-group.com · base-empreinte.ademe.fr · stat.fi · neova-group.com · neova-group.com · neova-group.com · neova-group.com · neova-group.com · neova-group.com · euractiv.com · aa.com.tr · geo.fr
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