ZESCO
Filiale d’État, ZESCO monopolise le cœur du réseau zambien : générer, transporter, vendre, tout en négociant l’eau, les importations et le prix politique du kilowattheure.
À propos de ZESCO
1. Modèle économique
ZESCO (*Zambia Electricity Supply Corporation*), intégré sur la chaîne verticale génération–transport–distribution, reste l’arbitre d’un marché minier (cuivre, cobalt) affamé de MWh. Le rapport intégré 2024 enregistre un chiffre d’affaires d’environ 30,8 milliards de kwacha, en hausse d’environ 9 % sur 2023, sur fond de revenus miniers gonflés en valeur malgré des volumes moins forts, et d’un *cost of sales* en forte progression expliqué par l’explosion des achats d’électricité importée face à l’assèchement du mix hydro. Côté poche monétaire, un ordre de grandeur d’environ 1,2 Md$ de revenu annuel ressort d’une simple conversion (taux du jour fluctuant) : à manier prudemment, mais utile pour situer l’ordre de grandeur d’un *utility* étatique d’Afrique australe. Le rôle d’acheteur central se traduit par des PPA croissants, illustrés par la vague d’accords recensée par African Energy tandis que l’interconnexion régionale pèse de plus en plus : le distributeur CEC, voisin sur le Zambie–RDC, a publié des résultats 2025 montrant une hausse d’environ 40 % des ventes « régionales », signal que la Zambie n’est plus un îlot mais un nœud de revente et de compensation.
2. Impact réel
L’intensité carbone moyenne du pays ne se lit pas dans les obligations CSRD (hors Europe, pas de matrice CSRD côté Lusaka) : l’enjeu, c’est le bilan physique d’un parc dominé par l’hydroélectricité — plus de 3 000 MW installés, mais un facteur de charge qui a cédé à la sécheresse (autour de 73 % en 2024 dans le rapport intégré 2024, loin d’une cible interne d’environ 88 %). Dès que les réservoirs baissent, l’arbitrage n’est plus « renouvelable vs fossile au sens PPE3 », il est MWh manquants vs réseau noir : rappel utile, la programmation pluriannuelle de l’énergie (France) ne cadrant pas ici l’alimentation de smelters et de villes, mais l’AIE et l’Irena situant l’enjeu global sur les grilles en retard et l’accès ferme à la demande d’électricité — débat dans lequel ZESCO s’inscrit comme variable dépendante du climat. Côté presse de synthèse, Connaissance des Énergies a déjà rappelé, en 2024, l’impuissance d’un pays à l’eau tournée vers les importations d’urgence ; chez *GreenUnivers* ou *Énergie & Stratégie*, aucun article dédié à ZESCO n’a été repéré dans la veille ouverte : le récit public reste plutôt anglophone et institutionnel, pas hexagonal.
3. Innovations / partenariats
Le partenariat Masdar (Émirats) – ZESCO, annoncé dès 2023, vise un gigantisme 2 GW / ~2 Mds$ : la phase 1 évoquée tourne autour de 500 MW selon la presse spécialisée, avec des fiches de projet (dont le parc solaire de référence) en statut d’avant-construction — bref, une promesse structurelle, pas encore de ligne stabilisée. En parallèle, ZESCO a poussé le solaire Chisamba (ordre de 100 MW, étapes citées sur le site corporate et le rapport 2024) et signé, avec l’accord Itezhi-Tezhi / EXIM Bank of India en 2025, un soulagement d’environ 15 M$ de dette (rééchelonnement, pas aubade). Enfin, la tranche 300 MW charbon Maamba Collieries (PPA 20 ans) incarne l’ingénierie de la diversification sous contrainte : livraison visée d’ici mi-2026 selon les promoteurs, pas un gadget ESG.
4. Greenwashing / zones grises
Mélanger bannière « vert » Masdar (décennie d’Etihad 7 et d’accords Abu Dhabi) et résurrection charbon 300 MW n’est pas un mensonge, c’est un décousu stratégique : d’un côté, pipeline solaire massif, de l’autre, ancrage charbon quand la cuvette Kariba tousse — risque d’« coal-washing » argumenté par la sécurité d’approvisionnement. L’outil tarifaire d’urgence a, selon *News Diggers* (février 2025), généré ~5 M$/mois de revenus supplémentaires en moyenne, loin des 15 M$ cibles : la facture sociale explose, la trésorerie, non. Côté gouvernance, la dépendance importations d’électricité a fait sauter le coût d’achat d’ordre 41 millions à 9,7 milliards de kwacha d’un exercice sur l’autre selon le rapport 2024 : ce n’est pas du greenwashing, c’est un effet de bord comptable d’un mix trop hydro. Les guides type plans de transition sectorielle de l’ADEME restent ici un miroir méthodologique (industries françaises), pas une obligation zambienne — l’appel à projets AFD-ADEME en Afrique hors-réseau cible d’autres acteurs, pas l’*utility* intégré de Lusaka.
5. Positionnement stratégique
ZESCO veut se projeter en courroie de la transition (2 GW+ avec Masdar, objectifs internes) et en bureau compenseur SAPP : membre de fait du *Southern African Power Pool* (contexte piscine africaine) où la concurrence d’MWh d’Afrique du Sud, Mozambique, RDC fixe le prix d’opportunité. Le gouvernement table sur ~6,4 Md$ d’investissements sur la période 2023-2031 évoquée dans le rapport 2024 — à mettre en perspective avec l’assainissement de la dette chinois et indien, et l’encadrement tarifaire 2023-2027 local (palier d’urgence rappelé en presse) qui conditionne ménages, mines et *load shedding*.
Verdict WattsElse
ZESCO n’est ni « pure player » minier ni « start-up carbone » : c’est un câble électrique tenu par la pluie, le charbon d’importation et l’humeur de la Banque d’abord. Tant que le kWh d’import et le kWh d’urgence ne couvrent pas le trou hydraulique, le *green narrative* n’est qu’une lumière LED sur un pylône qui tremble. Eau, charbon, dette, soleil — l’ordre n’est jamais celui des slogans, toujours celui du réseau.
Sources : en.wikipedia.org · zesco.co.zm · africa-energy.com · cec.com.zm · fr.wikipedia.org · ecologie.gouv.fr · iea.org · connaissancedesenergies.org · reuters.com · gem.wiki · zesco.co.zm · zesco.co.zm · reuters.com · masdar.ae · diggers.news · agirpourlatransition.ademe.fr · ademe.fr · zesco.co.zm · esi-africa.com · zesco.co.zm · africa-press.net
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