Allarluz SA
Installée depuis des décennies dans la forêt galicienne, Allarluz SA incarnait une cogénération « verte » de proximité ; en 2025, l’administration régionale enterre l’installation pendant que Norvento, sa maison-mère, bascule massivement vers l’éolien — avec les profits qui chutent et les tribunaux qui s’animent.
À propos de Allarluz SA
1. Modèle économique
Allarluz SA est une société espagnole (Allariz, province d’Ourense, Galice), historiquement porteuse d’une cogénération biomasse à base de résidus forestiers autorisée dès les années 1990 ; la procédure de fermeture rappelle une puissance de l’ordre du mégaoctet électrique au travers d’un alternateur nominal 6 kV / ~2 500 kVA (résolution Xunta sur le dossier). Norvento avait pris le contrôle de cette entrée dans l’électricité-biomasse en 2007 (achat par Norvento). Le modèle consistait à vendre de l’électricité au système ; avec la fermeture définitive et le démantèlement validés en avril 2025 et publiés au *DOG* du 9 mai 2025, cette ligne de revenus pour Allarluz SA disparaît purement et simplement (fermeture administrative). Sur la coquille juridique elle-même, les agrégateurs de données entreprises signalent une capitalisation sociale d’environ 1,475 M€ et une effondrement du chiffre d’affaires en 2024 (baisse déclarée ‑99,45 % par rapport à 2023) dans les données consolidées du répertoire économique (indicateurs Cinco Días). Pour le groupe Norvento, la mémoire comptable citée par la presse fait état d’un chiffre d’affaires de 91,3 M€ en 2023 contre 141 M€ l’année précédente, et d’un bénéfice net ramené à 26 M€ contre 71,4 M€ en 2022, soit une division par trois du résultat malgré des fonds propres qui progresseraient vers 207 M€ (+8 % sur un an dans cette même lecture) (comptes commentés 2023).
2. Impact réel
Tant qu’elle était en service, la centrale participait à une production renouvelable dispatcheable mais combustible : la biomasse n’est pas neutre par défaut — elle dépend de la chaîne d’approvisionnement, de la gestion forestière et des émissions locales de combustion. À l’échelle française ou européenne des débats climat, ces chaînes sont précisément celles que des travaux de référence cherchent à cadrer techniquement et environnementalement (repères ADEME biomasse‑énergie). La fermeture retirera du parc galicien cette unité de cogénération biomasse d’Allarluz dont les caractéristiques techniques sont détaillées dans le dossier administratif de la Xunta (dossier technique publié). En revanche, l’effet net climat du groupe ne se lit plus dans Allarluz mais dans le mix renouvelable de Norvento : la même note de presse sectorielle évoque une capacité éolienne opérationnelle d’environ 242 MW (chiffre rapporté dans l’analyse financière) (parc éolien consolidé), soit une tout autre échelle que les ≈2,35 MW historiques de la centrale d’Allariz.
3. Innovations / partenariats
Allarluz SA n’est plus un vecteur d’innovation commerciale en 2025 : son actif historique bascule vers le décommissionnement. Chez Norvento, le levier de croissance visible est l’industrialisation éolienne et la commercialisation de volumes : Alpiq annonce ainsi prendre en gestion 222 MW répartis sur neuf parcs en Galice, avec une production cumulée visée de 0,8 TWh sur la période 2025‑2026 (contrat Alpiq‑Norvento). Côté nouveau projet, la presse régionale mentionne un investissement de 18 M€ pour un parc de 29 MW (Penas Pardas, dix éoliennes) validé par les autorités en octobre 2025 (autorisation Penas Pardas). Pour Allarluz, la « stratégie » observable se résume à une sortie réglementaire propre du registre des installations productrices d’électricité galiciennes (radiation du registre).
4. Greenwashing / zones grises
La question n’est pas tant le slogan « renouvelable » que la cohérence locale : la biomasse galicienne a longtemps été présentée comme un gisement sous‑exploité, mais les tensions portent sur ce qui est réellement brûlé, d’où ça vient et à quel prix environnemental, dans une région où le débat public sur la valorisation forestière reste vif (cadrage presse 2018 sur le gisement). Ce qui est documenté sans ambiguïté, en revanche, c’est la judiciarisation des projets éoliens du groupe : en juin 2024, la presse rapporte une campagne de financement de recours menée par ADEGA contre un parc Norvento sur la Serra do Barbanza, avec vocation à porter le dossier devant le Tribunal Supremo (mobilisation associative et recours). Au 1ᵉʳ avril 2026, la même ligne éditoriale décrit encore des frictions sur les expropriations et la titularité foncière autour du parc d’Outes (21 MW, périmètre réduit à cinq machines dans le récit journalistique) (contentieux fonciers Outes). Enfin, la quasi‑disparition du chiffre d’affaires d’Allarluz SA en 2024 (‑99,45 % dans les données du répertoire cité) pose la question d’un revêtement « vert » qui masquerait une coquille financière sans activité marchande résiduelle (signal comptable Cinco Días).
5. Positionnement stratégique
Pour Norvento, la lecture stratégique est limpide : sortir le biomasse historique par la régulation (fermeture Allarluz actée en 2025) tout en empilant capacités éoliennes et contrats de commercialisation à grande échelle (fermeture administrée ; accord Alpiq). Ce repositionnement s’inscrit dans un marché européen des EnR où les prix de l’électricité ont fait plier les marges du groupe en 2023 selon la même analyse financière (compression des marges), ce qui rend les volumes et les partenaires traders d’autant plus structurants.
Verdict WattsElse
Allarluz SA achève sous tutelle régionale une histoire de biomasse « pionnière » devenue ligne morte, pendant que Norvento mise tout sur l’éolien et les gigawattheures vendables — au prix d’une acceptabilité territoriale désormais traduite au procès‑verbal et au cadastre.
Sources : xunta.gal · elpais.com · cincodias.elpais.com · economiadigital.es · librairie.ademe.fr · alpiq.com · lavozdegalicia.es · lavozdegalicia.es · galiciapress.es · galiciapress.es
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