Công ty TNHH BOT Phú Mỹ 3
Vingt ans après son entrée en service commerciale, la Công ty TNHH BOT Phú Mỹ 3 achève sa fonction : livrer au Vietnam une tranche majeure au gaz, puis disparaître derrière le transfert à EVN.
À propos de Công ty TNHH BOT Phú Mỹ 3
1. Modèle économique
La Công ty TNHH BOT Phú Mỹ 3 était la société projet du schéma build–operate–transfer : financer et exploiter une centrale à cycle combiné gaz, vendre l’électricité au système pendant la durée du contrat, puis remettre gratuitement l’installation à l’État à l’échéance. Le 1er mars 2024, le ministère de l’Industrie et du Commerce et EVN enregistrent cette passation au terme de vingt ans d’exploitation (le démarrage commercial remonte au 1er mars 2004), pour une centrale d’environ 715 MW dans la province de Bà Rịa–Vũng Tàu (transfert officiel, revue EVN). Les investisseurs historiques — Sembcorp à 67 %, Kyuden International et Sojitz — sortent à cette date (chronique économique), derrière un programme évalué à environ 450 millions USD en amont des années 2000 selon la presse locale. En l’absence de comptes annuels publics facilement accessibles pour cette SPV fermée, ni chiffre d’affaires récent, ni effectif, ni capex actualisés n’ont été isolés : l’objet économique reste la vente d’électricité jusqu’à la liquidation de l’entité juridique.
2. Impact réel
Le bilan opérationnel est celui d’un thermique au gaz : près de 90 milliards de kWh cumulés sur la période BOT selon EVN (bilan de clôture), soit un contenu fossile assumé — mieux en intensité carbone que beaucoup de charbon, mais sans contribution directe aux objectifs d’énergies renouvelables. Aucun agrégat d’émissions de CO₂ annuelles n’a été trouvé sous l’intitulé « Phú Mỹ 3 » dans les sources consultées. Après transfert, la production cible avoisine 4,6 milliards de kWh par an pour le système (objectif cité lors de la passation). Les cadres type PPE3 ou fiches ADEME ne régissent pas cet actif ; la lecture « climat » est celle d’un CCGT vieillissant au service de la pointe et de la base, dont le coût complet dépendra du chemin du combustible de moins en moins domestique.
3. Innovations–partenariats
L’originalité est d’abord contractuelle : première grande IPP/BOT de cette taille au Vietnam, devenue référence de sortie d’actionnaires étrangers quand la clause de transfert se déclenche (annonce amont 2023). Après 2024, EVNGENCO3 assure la continuité et confie l’exploitation-maintenance à EPS pour une usine marquée par vingt ans de service (transfert opérationnel). Sur la chaîne du gaz, PV GAS annonce en 2024 un contrat portant sur près de 70 000 tonnes de GNL pour Phú Mỹ 3 d’avril à mai 2024, visant à compenser environ 500 millions de kWh pour le pic de saison sèche (portail PV GAS).
4. Greenwashing–zones grises
La zone grise n’est pas rhétorique : elle est chiffrée dans les arbitrages gaz domestique / GNL. Selon PetroTimes, dans le cadre des discussions 2025 entre le ministère et PV GAS, un engagement de 14,2 millions de MNBtu est évoqué pour les mois de saison sèche, avec un ordre de grandeur de 380 millions de Sm³ équivalent, tandis que le débit de regazéification du terminal Thị Vải passerait d’un palier à 5,7 à 7,7 millions de Sm³ par jour dès le début mars 2025 (compte rendu PetroTimes). Parallèlement, la liquidation de la coquille après transfert sans contrepartie soulève la gestion des passifs résiduels et des obligations fiscales jusqu’à radiation, comme le décrypte Allen & Gledhill (analyse juridique), pendant que l’outil productif continue d’ancrer le pays dans un mix gaz–électricité sous tension avec la JETP.
5. Positionnement stratégique
Pour le cache « Pétrole & Gaz » de WattsMonde, la lecture est claire : cette TNHH n’est pas un opérateur amont classique, mais le véhicule juridique d’un point d’injection gaz–kWh au sud du pays, désormais piloté par EVN. Le signal stratégique récent combine souveraineté énergétique (récupération de l’actif), dépendance importé (GNL, terminaux), et défi de maintenance sur turbine au moment où chaque point de pourcentage d’indisponibilité se lit en MWh manquants sur un réseau tendu.
Verdict WattsElse
Phú Mỹ 3 a rempli son contrat ; après la coquille BOT, c’est l’État-actionnaire qui tient la chaudière : faire tourner plus de 700 MW au gaz quand le gaz national recule et que le GNL mondial dicte la facture. Ici, la transition se jauge moins aux labels qu’au dernier contrat MMBtu et à la courbe de disponibilité des régas.
Sources : moit.gov.vn · en.evn.com.vn · vir.com.vn · evn.com.vn · en.vneconomy.vn · evn.com.vn · pvgas.com.vn · petrovietnam.petrotimes.vn · allenandgledhill.com
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