EGESUR S.A.
Dans le sud péruvien, EGESUR incarne le paradoxe du service public : forte empreinte hydro « propre », mais boucle d’approvisionnement encore calée sur le gaz de Camisea.
À propos de EGESUR S.A.
1. Modèle économique
EGESUR vend de l’électricité en s’appuyant sur un parc de 58,63 MW au mix déclaré 61 % hydroélectrique et 39 % thermique, avec les centrales Aricota I (23,80 MW) et Aricota II (11,90 MW) et la centrale thermique Independencia (22,93 MW) (profil d’institution). Société de droit privé mais entièrement détenue par le FONAFE, elle opère dans la logique des entreprises publiques péruviennes : résultats distribuables vers l’État, gouvernance politique, transparence renforcée via la SMV et le portail Gob.pe. Pour l’exercice 2024, la direction a fait homologuer un résultat net d’environ 31,5 millions de soles et une utilité distribuable de l’ordre de 28,4 millions de soles lors de l’approbation mars 2025 (communication sur l’approbation des comptes). Chiffre d’affaires détaillé et effectif : les extraits diffusés en ligne ne permettent pas, dans l’immédiat, d’isoler un poste « ventes » commenté sans relecture intégrale des états ; l’effectif précis n’a pas été consolidé dans les sources ouvertes citées ici (transparencia institucionale, FONAFE).
2. Impact réel
Le bilan physique est clair côté « faible CO₂ » pour les 35,7 MW hydro (approx. 61 % du parc) ; en revanche, le 22,93 MW thermique ancre une émission résiduelle structurelle liée au gaz (fiche publique). Les projets Moquegua 1 et 3 portés par EGESUR relèvent, d’après les documents officiels et la presse spécialisée, de l’hydroélectricité de type RER (concession 18,7 MW pour Moquegua 3), pas du photovoltaïque — un point de lecture important pour éviter toute confusion avec d’autres parcs solaires voisins dans la région (dossier « centrales hidroeléctricas Moquegua 1 y 3 », Renewable Energy World, Gestion.pe). RÉSULTAT : l’impact climat global dépend du dispatch réel et du coefficient de charge des centrales Aricota, pas seulement du catalogue MW. Les lecteurs européens peuvent situer l’enjeu en le rapprochant — pour l’esprit du débat, non pour une analogie pays par pays — des logiques de mix et trajectoire bas-carbone qu’encadrent des instruments comme la programmation pluriannuelle de l’énergie en France : décarboner le résiduel « dispatchable » sans fragiliser le réseau.
3. Innovations / partenariats
Le « pipeline » d’EGESUR est avant tout hydraulique (Moquegua, extensions Aricota/Tambo évoquées dans la littérature de marché), avec des études et marchés publics pilotés depuis l’État régional et les autorités de secteur (BNamericas). Côté thermique, la gouvernance repose sur des contrats d’approvisionnement gaz structurants (consortium Camisea), documents faisant foi auprès des investisseurs (fichier d’information réglementée SMV). Aucune « licorne tech » ni headline de JV internationale n’apparaît dans le périmètre public consulté ; la valeur résiduelle est industrielle et hydro-infrastructurelle.
4. Greenwashing / zones grises
Le classement « EnR » ne doit pas occulter la part thermique : environ 39 % de la puissance installée (22,93 MW) repose sur la CT Independencia, avec contractualisation gaz jusqu’au 31 décembre 2027 et 130 000 m³/j de capacité nominale souscrite, paramètres publiés dans les archives réglementaires (dépôt SMV sur contrats gaz, fiche Gob.pe). Deuxième tension : l’hydro Aricota tire sa puissance d’un bassin de tête en zone aride (lagune d’Aricota, région Tacna) : la disponibilité longue durée n’est pas un gadget comptable — elle dépend du climat et du cadre légal eau (cadre législatif signalé dans la littérature d’audit publique). Enfin, l’entreprise publique navigue litige et exécution contractuelle : les états financiers audités récents mentionnent des charges liées à l’arbitrage « Consorcio Moquegua » (ordre de grandeur modeste en montant enregistré, mais signal juridique net) (audit publié SMV).
5. Positionnement stratégique
EGESUR doit concilier rendement pour le budget de l’État — rappel : le cluster générateur FONAFE a fait état, côté presse officielle, d’une forte manne de dividendes agrégés au titre récent (~843 millions de soles versées à l’État dans la communication citée) (El Peruano) — avec une transformation du mix sous surveillance régionale : achèvement réel des Moquegua, gestion du post-2027 gaz, et robustesse hydrique. Le rapport de redevabilité et le plan pluriannuel de besoins fixent le tempo bureaucratique ; le marché, lui, lit les SMV, les contrats gaz et l’hydrologie.
Verdict WattsElse
EGESUR n’est pas une start-up de la transition électrique : c’est une machine à cash public dont le bilan carbone futur se jouera à la fois dans les crues et à la date-butoir du gaz. Tant que le thermique reste près d’un quart du parc en MW, le vert n’est pas une opinion Twitter — c’est une courbe de dispatch et une signature ministérielle.
Sources : gob.pe · smv.gob.pe · smv.gob.pe · fonafe.gob.pe · gob.pe · renewableenergyworld.com · gestion.pe · ecologie.gouv.fr · bnamericas.com · smv.gob.pe · smv.gob.pe · elperuano.pe · gob.pe · gob.pe
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
100% Vattenfall
Le géant suédois de l’électricité verrouille un plan d’investissement de 165 milliards de couronnes net sur 2026-2030 et pousse l’offshore allemand à plus de 1,6 GW — tout en voyant ses slogans « fossil free » scrutés par les régulateurs.
Voir la fiche101 grados
À San Luis Potosí, un paysage industriel où le solaire peine à s’imposer, 101 Grados vend la « transition » comme un kit : études, permis, chantier et financement.
Voir la fiche1721027 Ontario Inc O/A Becker Cogeneration Plant
L’entité 1721027 Ontario Inc., connue sous le nom Becker Cogeneration Plant, est bien la coquille juridique historique de l’usine de Hornepayne (Ontario, Canada) : le registre public des dossiers d’arrangement (CCAA) l’associe explicitement à ce nom commercial, et la décision de 2016 de l’Ontario Energy Board a porté sur le transfert de sa licence de…
Voir la fiche174 Power Global
Le nom « 174 » joue le symbole — puissance solaire moyenne traversant l’atmosphère —, mais l’histoire est celle d’une plate-forme de développement EnR et de stockage pilotée depuis l’écosystème Hanwha, avec des PPAs longue durée, des coentreprises avec des majors et une retail brand au Texas.
Voir la fiche1 Solar Energie as
Le suffixe « AS » promet une coquille juridique scandinave; la donnée brute, elle, ne retrouve aucune immatriculation « 1 SOLAR ENERGIE AS » lisible ligne pour ligne dans l’API ouverte du registre norvégien des entreprises (interrogée en mai 2026, à harmoniser avec vos propres vérif live).
Voir la fiche2016 Comber Wind LP
Ce n’est pas une start-up climat ni une vitrine ESG : 2016 Comber Wind LP est une société en commandite ontarienne propriétaire d’un parc éolien mature près de Windsor.
Voir la fiche2225228 Ontario Inc
Une société à numéro ontarienne tient la clef d’un parc solaire entré en service il y a une décennie, sous contrat long avec la province.
Voir la fiche2397995 Ontario Inc
Dans les bases de données énergétiques internationales, elle apparaît comme « 2397995 Ontario Inc » — ni logo, ni discours RSE.
Voir la fiche