Good Steps
Good Steps vend la conformité européenne comme une promesse de sobriété ; en réalité, elle vit sur la complexité réglementaire et sur les bras humains des cabinets.
À propos de Good Steps
1. Modèle économique
Good Steps est une offre SaaS autour du pilotage RSE et de la directive européenne CSRD : cartographie des parties prenantes, double matérialité, aide à la rédaction des rapports de durabilité, avec une montée en puissance du canal cabinets et experts-comptables après plusieurs repositionnements depuis la création en octobre 2021 (dépêche Ouest-France). Une levée de 700 k€ en juillet 2024, avec notamment Visiativ et Imagination Machine, financait ce pivot « intermédié » plutôt que la vente directe aux PME jugées encore immatures pour déployer seules la démarche (Pôle Sociétés). En janvier 2025, Sami annonce le rachat : la plateforme Good Steps devient le levier CSRD au sein d’un groupe qui revendique déjà environ 1 500 clients « entreprises », plus de 100 cabinets partenaires côté Sami et plus de 200 entreprises clientes et 50 cabinets côté Good Steps avant fusion (FrenchWeb). La direction projetait pour la seule brique Good Steps jusqu’à 1 million d’euros d’ARR en 2025, au prix d’un marketing agressif sur un créneau où les éditeurs cherchent l’empilement fonctionnel « tout-en-un » (FrenchWeb).
2. Impact réel
L’impact climat « physique » de Good Steps est indirect : il dépend des trajectoires réelles des entreprises utilisatrices et de la qualité des données qu’elles publient après diagnostic. Les seuls agrégats publics mobilisables viennent surtout de l’écosystème Sami : en 2023, les clients de la plateforme mère auraient réduit leurs émissions de 3 % en valeur absolue, pour un périmètre d’émissions rapporté supérieur à 30 millions de tonnes de CO₂e (FrenchWeb). Les objectifs affichés après le rapprochement — accompagner 10 000 ETI européennes et contribuer à « éviter » 10 millions de tonnes de CO₂ — sont des ambitions de trajectoire, pas des résultats audités au sens bilan physique (FrenchWeb). Aucune donnée retrouvée dans cette veille ne permet de ventiler ces agrégats au seul périmètre Good Steps ni de rapprocher ces engagements des grillades sectorielles françaises type PPE ou guides ADEME : le lien attendu passe par les plans climat réellement implémentés chez les clients, pas par la conformité XBRL ou CSRD prise isolément.
3. Innovations / partenariats
Sur le volet logiciel, Good Steps s’est distinguée par la chaîne complète CSRD jusqu’à la publication taguée XBRL des rapports de durabilité (Pôle Sociétés), répondant à la fois aux cabinets et aux équipes financières qui préparent les déclarations réglementaires. Partenariat clef avec Sami dès février 2024, reconnaissance officielle en avril 2024 : Good Steps devient le « hub CSRD » commercial de Sami, avec formation rapide de 15 commerciaux pour accélérer la dynamique jusqu’à l’acquisition en janvier 2025 (FrenchWeb). Côté financement historique, la société cumulerait 1,6 M€ levés au total avant la sortie au sein de Sami selon une synthèse de presse rédigée au moment du rapprochement (Agence API / Ouest-France). Après absorption, la roadmap technique se prolonge dans la plateforme Sami — désormais présentée comme alignée sur la méthodologie Bilan Carbone® après audit ABC (article Sami sur la conformité Bilan Carbone®) — alors que SGS annonce fin 2025 l’entrée au capital majoritaire de Sami pour internationaliser l’offre carbone et ESG (communiqué SGS France).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque structurel n’est pas une « escroquerie climat », mais une dérive documentaire : les équipes dirigeantes affirment elles-mêmes que le logiciel « n’est pas fait pour faire du reporting pour du reporting », formulae qui reconnaît implicitement la tentation du marché (acquisition Good Steps racontée par Sami). Dans la même lignée, le co-CEO de Sami déclare publiquement en janvier 2025 que « le reporting est essentiel, mais le passage à l’action est vital », alors même que les projections évoquent 1 M€ d’ARR en 2025 pour la couche Good Steps — métrique financière avant métrique physique (FrenchWeb). La dépendance aux consultants est assumée dans la communication officielle du rapprochement : les entreprises seraient encore peu capables « d’être complètement autonomes » sur la plateforme, ce qui ancre la croissance dans les prestations intellectuelles et non dans une sobriété numérique massive (texte de présentation du rapprochement Sami–Good Steps). Historiquement, Good Steps reconnaît avoir « pivoté plusieurs fois » depuis 2021 pour suivre la maturité du canal PME (dépêche Ouest-France), ce qui questionne la stabilité du positionnement lorsque les priorités réglementaires rebondissent (CSRD aujourd’hui, assurance demain).
5. Positionnement stratégique
Good Steps joue la carte européenne « hub CSRD » à l’intérieur d’un champion français qui vise ensuite l’échelle globale via SGS et ses objectifs de 600 millions de francs suisses additionnels de chiffre « sustainability » d’ici 2027 (SGS France). Pour Sami–Good Steps, l’argument concurrentiel est l’empilement « climat + indicateurs sociaux + reporting réglementaire » sur une même stack logicielle (FrenchWeb). À noter pour la conformité géographique du brief WattsMonde : votre référentiel cite Ciney, alors que les investigations disponibles localisent surtout la société dans l’axe Nantes–Lyon–Paris ; aucune source accessible n’établit un rattachement opérationnel documenté à la commune wallonne du même nom — prudence donc sur l’homonymie de villes ou sur un géocode erroné.
Verdict WattsElse
Good Steps a gagné sa place dans la chaîne industrielle du climat comme couche réglementaire indispensable ; mais tant que l’autonomie des entreprises reste faible et que le chiffre d’affaires se lit avant les tonnes évitées, la transition qu’elle porte reste plus comptable qu’énergétique. La CSRD n’est pas un capteur de CO₂ : c’est une caméra sur le récit — à condition qu’il y ait encore un plateau derrière.
Sources : sgs.com · agence-api.ouest-france.fr · polesocietes.com · frenchweb.fr · agence-api.ouest-france.fr · sami.eco · sami.eco
Données clés
- Fondée
- 2010
- Siège
- Ciney, Belgium ↗
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
BlackRock Infrastructure
BlackRock ne « fait » pas seulement de l’électricité : elle mobilise des dizaines de milliards en fonds d’infrastructure et, via GIP et les véhicules d’énergies renouvelables, enchaîne acquisitions, rachats de parts de développeurs et cessions quand le marché se tend.
Voir la ficheEnvusa
En avril 2026, la coentreprise Anglo American–EDF met en lumière le cluster Koruson 2 : 520 MW d’éolien et de solaire pour décarbonner, à grande échelle, l’électricité des mines — un pari sud-africain sur le wheeling et les PPA** long terme, dans un pays où le réseau reste le maillon faible.
Voir la ficheNsl Sugars ltd
Le groupe pousse à fond le levier bioéthanol et la diversification « grains » pour tapoter la demande des raffineurs publics indiens, alors que sa solidité financière fait l’objet d’un signal de défaut côté notateurs et que l’électricité issu sucreries reste un champ de bataille réglementaire.
Voir la ficheRegent Energy
Le nom « Regent Energy » recouvre plusieurs personnes morales : sans pays renseigné, mixer les bons chiffres avec la mauvaise entité serait une erreur de procédé.
Voir la ficheUNIVERSITY OF SZCZECIN
Elle n’est ni un gestionnaire de réseau ni un fournisseur : l’Université de Szczecin joue pourtant un rôle discret mais structurant dans la flexibilité du système électrique polonais.
Voir la ficheESSA - Empresa Electrificadora de Santander
ESSA distribue dans un département qui regarde déjà Bogotá et le marché wholesale : les chutes de tensions techniques ne racontent qu’une moitié de l’histoire.
Voir la ficheGHP Glunz Holzwerkstoffproduktion GmbH
Ce qui reste du nom GHP Glunz vit désormais sous la bannière Sonae Arauco — deux usines allemandes dans le viseur climat, un groupe qui affiche des courbes de GES en baisse et un Scope 3 qui refuse de plier.
Voir la ficheMETRON
L'intelligence artificielle au service de la chasse au moindre kilowatt, pour réduire la facture et le carbone sans perdre le sourire.
Voir la fichePetro Rabigh
Petro Rabigh ne raconte pas une transition: il raconte d’abord un sauvetage.
Voir la ficheWindlab
** Né de la recherche CSIRO, Windlab vend aujourd’hui une promesse industrielle : des méga-parcs prêts pour des PPAs longue durée avec des groupes miniers et métallurgiques.
Voir la ficheGoodwill Housing
Brno n’est pas en mer du Nord : elle concentre pourtant, au cœur de la République tchèque, une famille de véhicules juridiques autour du label « Goodwill ».
Voir la fichePROLOG - ESTONIAN SUPPLY CHAIN ASSOCIATION
Une association logistique n’est pas un producteur d’énergie : tant mieux pour la clarté.
Voir la ficheASFINAG
L’homonymie n’a pas cours ici : l’entreprise désignée est bien l’ASFINAG (« Autobahnen- und Schnellstraßen-Finanzierungs-Aktiengesellschaft »), créée en 1982, société cotée en capitaux mais « fully owned » par la République d’Autriche.
Voir la ficheUkrtatnafta
La plus grosse raffinerie d’Ukraine n’est plus une affaire de bilan : c’est un enjeu de guerre, de souveraineté pétrolière et de procès qui remontent jusqu’à Paris.
Voir la ficheVingkraft Hakarp AB
On cherche Vingkraft Hakarp AB dans les annuaires : la piste s’évanouit.
Voir la ficheGuodian Changyuan Electric Power Co Ltd
À Wuhan comme sur les places boursières mondiales, l’entreprise que l’on connaît encore sous le vieux sceau Guodian est devenue officiellement CHN Energy Changyuan Electric Power (cótée 000966.SZ depuis la fusion des marques autour du groupe China Energy Investment).
Voir la ficheVäderstad Vind AB
Petite société suédoise d’électricité éolienne à Linköping, elle partage un nom avec un géant des machines agricoles — mais pas les comptes ni la vocation.
Voir la ficheHanergy Wuzhong Taiyangshan Solar PV Power Co. Ltd.
Filiale locale d’une marque associée à l’effondrement de Hanergy, cette société de Taiyangshan à Wuzhong a traversé une restructuration judiciaire avant de repasser sous pavillon d’un opérateur renouvelable — à Mesure que le solaire chinois se tasse et que les marges se compressent.
Voir la fichePOLIBA
Le Politecnico di Bari (« Poliba », acronyme commun) n’est ni un opérateur énergétique ni une start-up financée au capital‑risque : c’est une université technique publique italienne, amarrée dans le secteur WattElse Autres énergies parce qu’elle porte plusieurs filets européens et nationaux sur l’hydrogène, l’électricité marin ou l’efficience des campus.
Voir la ficheNewheat
Leader français de la chaleur renouvelable, Newheat promet de réchauffer l’industrie et les réseaux urbains sans chauffer la planète — ou presque.
Voir la ficheGhella
Ghella, c’est d’abord la puissance brute des tunneliers hors sol : des chantiers géants où chaque tonne de béton et chaque tonne-kilomètre acheminées pèsent comme du carbone évité ou du carbone importé dans la chaîne de valeur — et un parc PV qui offre au groupe un contre-récit chiffré sur l’Italie renouvelable.
Voir la ficheAIDIMME
Sous l’étiquette « énergies renouvelables », AIDIMME est d’abord un institut technologique — métal, meuble, bois, emballage — qui utilise l’hydrogène, la biomasse et la R&D comme leviers de décarbonation pour des PME.
Voir la ficheEnel Generación Chile S.A.
Filiale historique de la production électrique chilienne — née en 1943 sous l’égide de CORFO avant les vagues de privatisation — Enel Generación Chile S.A.
Voir la ficheEmerson (China)
Emerson (China) n’est pas une « autre » Emerson : c’est le déploiement chinois d’Emerson Electric, géant américain de l’automatisation industrielle.
Voir la fiche