GravitHy
** GravitHy vend une promesse industrielle à l’échelle d’une tour Eiffel par jour : du fer réduit à l’hydrogène pour alimenter l’acier européen sans charbon de bois au gaz.
À propos de GravitHy
1. Modèle économique
GravitHy (créée en juin 2022, société de projet autour de l’usine de Fos-sur-Mer) ne commercialise pas encore de tonnes : le modèle, annoncé, est celui d’un producteur de DRI/HBI (réduction directe puis briquettes à chaud) vendu à la filière sidérurgique, avec une chaîne de valeur verrouillée par des accords d’approvisionnement et d’offtake. Un accord avec Rio Tinto (novembre 2024) porte sur l’approvisionnement en pellets et la commercialisation du HBI produit (communiqué GravitHy). Les revenus futurs dépendront du prix du métal bas-carbone, des contrats long terme et d’une électricité bas-carbone compétitive — thème où une lettre d’intention avec EDF est dans la ligne de temps officielle (avril 2024 sur la page Fos-sur-Mer). En mars 2025, la société annonce une série A de 60 M€, avec notamment Rio Tinto, Siemens Financial Services, Marcegaglia, Ecolab, Japan Hydrogen Fund, aux côtés d’Engie New Ventures et InnoEnergy, et une enveloppe France 2030 – Première Usine (communiqué du 26 mars 2025 ; détail presse dans Reuters et GreenUnivers). Chiffre d’affaires consolidé et effectif société en phase pure projet : non communiqués dans les sources publiques consultées ; en revanche le site corporate fixe 500 emplois directs et 3 000 indirects pour le site de 75 hectares, et un investissement global supérieur à 2,5 Md€ côté page française, à 2,2 Md€ dans le communiqué de levée de fonds — écart révélateur du flou habituel sur le périmètre financier avant FID (chiffres clés, levée).
2. Impact réel
Le projet se présente comme une substitution massive au coke : jusqu’à 120 000 t/an d’hydrogène produites par électrolyse, soit jusqu’à ~720 MW de capacité installée selon la fiche française — le communiqué anglais de la série A cite une électrolyse 750 MW (Fos-sur-Mer, levée). La production visée est de 2 Mt/an de fer bas carbone ; la société avance jusqu’à ~4 Mt de CO₂ évitées par an et une réduction des émissions jusqu’à 90 % par rapport aux procédés classiques (même page, levée). Ces ordres de grandeur s’inscrivent dans la trajectoire que les pouvoirs publics dressent pour la sidérurgie : le plan de transition sectoriel (infographie ADEME) institutionnalise le DRI-H₂ comme levier parmi d’autres — avec, dans la foulée, des questions de ressource électrique, d’eau et de sols pour les filières hydrogène (étude ADEME « métaux, eau, sols »). L’impact climat réel restera lié au mix réel des kWh et au bilan vie cycle du minerai importé — dimensions encore narratives tant que l’usine n’a pas produit.
3. Innovations / partenariats
Au-delà de Rio Tinto et des investisseurs de la série A, le carnet de commandes d’ingénierie s’épaissit : IDOM (juin 2024), phase FEL-3 lancée en octobre 2025, puis Hatch retenu en avril 2026 pour le FEED de l’usine (jalons, communiqué Hatch / FEED). En février 2026, un protocole d’accord avec Elyse Energy et Marcegaglia vise des synergies d’infrastructures sur la zone portuaire (MoU). Côté « badge République », GravitHy est qualifiée projet d’intérêt national majeur en juillet 2024 et lauréate France 2030 – Première Usine en avril 2024 (frise officielle). Le calendrier affiché : autorisations et préparation de chantier en 2026, construction 2027–2029, tests en 2029, première production en 2030 (même source).
4. Greenwashing / zones grises
Première tension chiffrée : le goulet d’étranglement électrique. L’État indique, à l’issue du débat public territorial sur la zone Fos–Berre, un besoin de 4 000 MW en 2030 pour l’industrie et les dynamiques de décarbonation du territoire — le cadre dans lequel s’inscrit la future ligne 400 kV Fos–Jonquières portée par RTE (page projet RTE). GravitHy ne peut pas être pensée hors de cette rivalité pour les GW et hors des controverses paysagères et agricoles que documente RTE lui-même (concertations, débat public 2025). Deuxième tension : financement. 60 M€ levés face à plus de 2,2–2,5 Md€ d’investissement annoncés matérialisent une dilution du risque sur l’État, les banques et les marchés obligataires à venir (levée, chiffres projet). Troisième tension environnementale documentée : France Nature Environnement PACA a rendu un avis défavorable dans le dossier de concertation (impact paysager notamment d’une tour DRI 135 m, volumétrie énergétique) — pièce téléchargeable sur le site de la concertation GravitHy. Quatrième zone grise locale : la presse régionale relate des frictions sur les nuisances et la logistique à Fos-sur-Mer (article La Provence). Enfin, la fiche du Golf de Fos rappelle des enjeux de flux minéraliers (ordre de grandeur 400 t/h) et le volet Seveso potentiel autour de l’hydrogène — utile pour contrebalancer tout discours « zéro risque ».
5. Positionnement stratégique
GravitHy se positionne comme France + hydrogène + souveraineté industrielle au moment où Bruxelles et Paris poussent métaux verts et rabais CO₂ sectoriels ; la société cite elle-même le Clean Industrial Deal et les plans « steel » européens dans son communiqué de levée (texte officiel). Le signal récent le plus tangible est industrialiste : passage du FEL-3 au FEED avec Hatch alors que la FID 2026 approche (FEED avril 2026, jalons). À court terme, la valeur stratégique se joue autant sur les permis et le réseau que sur la techno.
Verdict WattsElse
GravitHy condense la transition énergétique française : une promesse métallurgique vertueuse qui ne tiendra que si les 4 GW annoncés pour le golfe en 2030 deviennent du courant réel — et si les riverains acceptent une usine dont la silhouette et les flux pèsent déjà dans le débat. Sur la carte industrielle, c’est du fer ; sur le terrain, pour l’instant, c’est encore surtout du câble.
Sources : gravithy.eu · gravithy.eu · gravithy.eu · reuters.com · greenunivers.com · librairie.ademe.fr · librairie.ademe.fr · gravithy.eu · gravithy.eu · rte-france.com · concertation-gravithy.fr · laprovence.com · golfedefos.fr
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