Khanjahan Ali Power Company
Centrale « quick rental » née sous le nom de Khanjahan Ali Power, absorbée puis exploitée sous l’étiquette KPCL Unit III — moteurs Wärtsilä au fioul lourd, tarifs NENP, puis arrêt lancinant quand l’État a cessé de commander le courant.
À propos de Khanjahan Ali Power Company
1. Modèle économique
Khanjahan Ali Power Company Ltd (KJAPCL) était la coquille créée pour le bloc de 40 MW de Noapara (district de Jashore), détenue à 90 % par Khulna Power Company Ltd avant la fusion définitive dans KPCL avec effet au 30 septembre 2014, selon le mémo corporate Summit. Le revenu venait quasi exclusivement du Power Purchase Agreement avec la Bangladesh Power Development Board (BPDB) : après échéance initiale puis prolongations, un ultime bail de deux ans sous la politique « No Electricity No Pay » a été acté en mars 2022, avec tarif catalogue 16,40 BDT/kWh, pour un paiement projeté d’environ 4,60 milliards BDT sur la période annoncée par la presse nationale (Financial Express mars 2022). KPCL était co-porté par Summit Group et United Group (United Group KPCL III).
En octobre 2024, après la fermeture de l’unité II (115 MW) et de l’unité III (40 MW, ex-Khanjahan Ali), le secrétaire général a explicitement prévenu les investisseurs : plus aucun revenu d’exploitation tiré des centrales, seuls subsistant des dividends d’associate sur un autre actif (Financial Express octobre 2024). Comptables publics au baromètre boursier : perte nette de 664,53 millions Tk en FY23, puis profit déclaré de 59,61 millions Tk en FY24 dans le même article — dividendes de 10 % annoncés pour FY23 non versés, ce qui a valu à la cotation le statut de « junk stock » (reclassement réglementaire). Effectifs précis de l’entité historique KJAPCL post-fusion non retrouvés dans les extraits disponibles sans abonnement.
2. Impact réel
L’installation est 100 % thermique au Heavy Fuel Oil (HFO) : cinq groupes Wärtsilä 20V32, pour 40 MW nets hors 44,5 MW brut selon les bilans projet Energy Transition BD. Sur l’année financière 2021-2022, la fiche indique une production de 29 900 MWh pour un facteur de charge de 3,4 %, signal d’un usage marginal du parc alors même que la facture de capacité s’accumulait (charges payées même bas débit). Les émissions de SO₂, NOx et particules associées au fioul lourd sont documentées dans la même source comme relevant des impacts majeurs des centrales HFO.
PPE3, ADEME ou CSRD : aucun dossier européen ne s’applique à cet actif ; la lecture utile depuis la France ou l’UE est comparative : même logique macro de vieillissement rapide du parc fossile intermittent financé au tarif régulé, sans équivalent français direct.
3. Innovations / partenariat
Le « produit » ici reste diesel marine industrialisé : ingénierie Wärtsilä, chaîne énergétique classique. Le différentiateur était organisationnel-financier : financements via Standard Chartered Bank Mauritius, EPC Neptune Commercial (United), puis fuel supply agreements intra-groupe Summit/United lorsque la centrale encore produisait (Energy Transition BD citant le rapport annuel KPCL 2019-2020). Aucune annonce publique de captation carbone, d’hydrogène ou d’EnR rattachée spécifiquement à Khanjahan Ali n’a été identifiée — le schéma reste celui d’un IPP rental bangladais.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le verbomoteur ESG : c’est la gouvernance environnementale manquante. La plateforme sectorielle relève qu’aucun IEE ni EIA n’aurait été réalisé pour la centrale malgré l’obligation légale d’étude d’impact pour ce type d’industrie (Energy Transition BD) — tension chiffrée et sourcée hors marketing.
Autre axe dur : les paiements réglementés de capacité : jusqu’ à 601,48 crore BDT cumulés de charges de capacité versées par la BPDB depuis la mise en service jusqu’aux comptes FY 2021-2022 pour ce seul projet, soit un parcours où le rendement électrique efficace était secondaire au flux contractuel garanti, selon les mêmes agrégats Energy Transition BD.
Côté marché actions, la valeur de bourse a fondu d’environ 64 % en deux mois jusqu’ à 9,6 Tk/action avant rebond tardif après l’arrêt officiel annoncé en octobre 2024 — signal que la promesse financière reposait peu sur une transition bas-carbone.
5. Positionnement stratégique
Pays : Bangladesh (le cache « non précisé » ne tient plus : toute la chaîne contractuelle pointe vers la BPDB et la bourse de Dacca). Stratégie résiduelle : survivre par revenus associés (jeu de participations dans d’autres centrales) pendant que l’actif thermique est éteint ; la crise de fioul lourd qui affecte en 2026 une part significative du parc national (contexte presse Prothom Alo cité en veille) ne redonne pas automatiquement du volume à des unités déjà sorties du dispatch par décision publique selon Financial Express 2024.
Verdict WattsElse
KPCL III — l’héritage Khanjahan Ali Power — incarne à la fois le sous-usage extrême du capital thermique fossil (facteur de charge quasi dérisoire) et la dépendance à la manne tarifaire d’État. Quand les commandes cessent, le kilowatt ne revient pas : il ne reste qu’un titre qui vacille sur un souvenir de dividendes fantômes — fossile garanti jusqu’ au dernier transfert BPDB.
Sources : thefinancialexpress.com.bd · summitpowerinternational.com · thefinancialexpress.com.bd · united.com.bd · energytransitionbd.org · en.prothomalo.com
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