Sendai Solar Power Station
Deux mégaoctets, ce serait ridicule ; deux mégawatts, en revanche, c’est la taille officielle de la Sendai Solar Power Station : une installation photovoltaïque d’Tohoku Electric Power sur le littoral de Shichigahama (préfecture de Miyagi, Japon).
À propos de Sendai Solar Power Station
1. Modèle économique
La Sendai Solar Power Station est un actif d’autoproduction / vente d’électricité au sein du périmètre de Tohoku Electric : 2,0 MW de capacité autorisée en service commercial depuis mai 2012 (Sendai No.1), selon l’inventaire des centrales solaires du groupe. Le producteur dispose d’un revenus d’exploitation de 2 104,9 milliards de yens sur l’exercice clos le 31 mars 2025 (vue d’ensemble 2025), mais aucun compte « société à part » n’est publié pour cette centrale isolée : la valeur économique se lit surtout au niveau du bilan consolidé et des tarifs d’achat applicables à l’époque de la mise en service (époque du dispositif japonais de type FIT). Le projet a été notifié au ministère de l’économie en février 2011, puis interrompu par le tsunami du Tohoku avant reprise des travaux et mise en service le 25 mai 2012, comme l’explicite le communiqué historique de Tohoku Electric.
2. Impact réel
Sur le papier du lancement, la centrale était présentée comme fournissant environ 2 100 MWh/an — « l’équivalent de la consommation d’environ 600 foyers » — et comme évitant de l’ordre de 1 000 tonnes de CO₂ par an (équivalent obtenu par équivalence retenue alors à l’« équivalent de 200 foyers » pour l’empreinte carbone annuelle), selon les chiffres du même communiqué de 2012. Par rapport aux objectifs climatiques globaux, l’ordre de grandeur reste modeste, mais il acquiert du sens par le recyclage de friche industrielle : la centrale occupe une partie de l’ancienne emprise des unités 1 à 3 de la centrale thermique de Sendai, ce qui évite l’étalement sur des espaces vierges. Côté référence française utile au lecteur (sans présumer d’une transposabilité normative directe), l’enjeu « sol au sol / biodiversité » que pose l’implantation des parcs se lit notamment dans le guide ADEME/OFB sur le photovoltaïque au sol et la biodiversité, en contrepoint conceptuel avec les directives municipales japonaises récentes ciblant forêt et versants.
3. Innovations / partenariats
L’« innovation » ici est surtout industrielle et résiliente : qualifiée par Tohoku Electric de deuxième « mega-solar » du groupe, l’installation matérialise une trajectoire de déploiement PV très prudent sur le territoire desservi — au demeurant, le communiqué de 2012 évoquait déjà un programme d’environ 10 MW de « méga-solaire » intra-zone d’approvisionnement d’ici l’exercice 2020. Techniquement, la fiche de lancement mentionne environ 11 000 modules en silicium polycristallin pour les 2 MW (communiqué Tohoku Electric, 2012). Partenariats commerciaux au sens start-up : données publiques non identifiées pour cette unité précise au-delà de la chaîne industrielle classique « développeur intégré / équipementiers ».
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas une « escroquerie marketing » sur cette centrale en particulier, mais un effet d’échelle : au 1ᵉʳ avril 2025, Tohoku Electric rapportait 9,1 MW de solaire en propre pour neuf sites, contre 10 571 MW de thermique et 15 788 MW au total (données officielles du groupe) — soit une part « photovoltaïque propriétaire » d’environ 0,06 % de la capacité déclarée, largement éclipsée par le charbon et le gaz/LNG hébergés dans le même tableau de bord. Sur le territoire, le contexte alimente les crispations : la ville de Sendai a publié en septembre 2025 une ligne de conduite ciblant explicitement le photovoltaïque en zone forestière dès ≥ 1 ha de surface ou une puissance ≥ 400 kW (conférence de presse municipale), tandis que le gouverneur de Miyagi affichait une opposition catégorique à un vaste projet d’environ 600 ha évoquant des préoccupations de « destruction environnementale » (Sankei Shimbun). Par ailleurs, les arbitrages budgétaires fédéraux ont durci le climat des subventions « FIT » pour les grandes surfaces solaires commerciales, ce que synthétise une chronique sur le retrait d’aides pour des parcs > 1 MW sous l’administration Takaichi (Europe Says).
5. Positionnement stratégique
Pour Tohoku Electric, la Sendai Solar Power Station reste un signal d’ancrage régional : siège social à Sendai, actif visible sur une friche thermique, et rappel historique d’un redémarrage post-catastrophe. Stratégiquement, la suite se joue moins sur 2 MW que sur la capacité du groupe à acquérir de l’électricité renouvelable hors petit solaire intégré (PPA, filiales, réseau) et sur sa gestion du parc thermique. Le tableau officiel 2025 des puissances installées montre encore une massification du thermique dans le périmètre « groupe » tout en laissant le solaire propriétaire marginal (vue d’ensemble Tohoku Electric).
Verdict WattsElse
Une belle histoire de friche et de résilience ; un chiffre qui, face à 10 571 MW de thermique dans la même maison, ressemble à un trait fin sur une toile très noire — et un Miyagi où la forêt et le solaire se disputent désormais le réel pouvoir politique, pas seulement le courant.
Sources : tohoku-epco.co.jp · power-technology.com · tohoku-epco.co.jp · tohoku-epco.co.jp · en.wikipedia.org · librairie.ademe.fr · city.sendai.jp · sankei.com · europesays.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Vantris Energy
Annoncée après des années sous pression financière comme Sapura Energy, désormais Vantris Energy Berhad, la maison cotée à Kuala Lumpur incarne une page singulière de l’outil pétrolier asiatique : un redressement de bilan massif où le bénéfice net doit se lire contre la petite musique du gain comptable exceptionnel.
Voir la ficheInterOil
Créée au Canada, listée à New York, ancrée en Papouasie-Nouvelle-Guinée, InterOil a incarné une décennie de pari sur l’un des plus gros gisements gaziers d’Asie encore à industrialiser — avant de disparaître dans le giron d’ExxonMobil.
Voir la ficheSIMULA RESEARCH LABORATORY AS
Institut norvégien de recherche en informatique et mathématiques appliquées — bien identifiable sous la dénomination Simula Research Laboratory AS, siège à Oslo — Simula incarne une bifurcation typique de la transition « double » européenne : algorithmes présentés pour réduire l’énergie du transport maritime, sous perfusion des budgets européens et…
Voir la ficheSweco (Poland)
Sweco Polska (filiale du groupe suédois coté Nasdaq Stockholm) n’est pas un « distributeur » classique de courant : c’est un cabinet d’architecture et d’ingénierie qui grignote des programmes publics majeurs dans l’eau, l’énergie, les bâtiments et les infrastructures — domaines où vos réseaux, réseaux de chaleur et services urbains se croisent tout…
Voir la ficheChongqing Bashan Hydropower Development Co Ltd
Une filiale quasi invisible sur les radars européens, propriétaire d’un bloc de 140 MW sous le parapluie désormais assaini du holding municipal Chongqing Energy, lui-même recentré après une recapitalisation pilotée par China Resources.
Voir la ficheMavir Zrt.
Le gestionnaire du transport hongrois affiche des résultats 2024 spectaculaires pendant que l’État serre la vis sur les raccordements EnR.
Voir la ficheSociété Energie Eolienne du Maroc
L’opérateur qui pilote les quatre parcs « open market » du royaume incarne la partie la plus lisible du vent privé au Maroc.
Voir la ficheSNEL
Elle est censée tirer tout un pays : elle peine à équilibrer un carnet de commandes hors de portée tout en dissipant dans le gris quasi la moitié de ce qu’elle produit.
Voir la ficheKöyliön-Säkylän Sähkö
Köyliön-Säkylän Sähkö n’est pas un géant nordique : c’est une utility de taille village, ancrée au sud-ouest de la Finlande, qui fait tourner à la fois un réseau de distribution, une activité de vente et un îlot de chauffage urbain très « bois ».
Voir la ficheBHP Minerals America
Le cache « Pétrole & Gaz » accroche un fantôme : BHP n’y est plus depuis la fusion avec Woodside.
Voir la ficheTerminal
Le port d’Eemshaven, en mer des Wadden aux Pays-Bas, concentre deux histoires qui se croisent : celle des quais renforcés pour l’éolien en mer, et celle du GNL importé pour la sécurité d’approvisionnement.
Voir la ficheRun of River Power
Cofondée en Colombie-Britannique, Run of River Power était un producteur indépendant (IPP) centré sur l’hydraulien « run-of-river », la biomasse et un pipeline de projets hydro complexes raccordés aux appels d’offres de BC Hydro.
Voir la ficheSkelly Oil
Le nom évoque une Amérique pétrolière en noir et blanc : raffineries, stations, conquêtes internationales.
Voir la ficheCông ty CP Phú Thạnh Mỹ
La dénomination Công ty CP Phú Thạnh Mỹ, telle que fournie, ne se laisse pas rattacher à une entité unique, identifiée à coup sûr dans les bases accessibles depuis l’extérieur du Vietnam : IDENTITÉ À CLARIFIER.
Voir la ficheSucrogen (Plane Creek Mill) Pty Ltd
Une minoterie australienne ne vit pas que de la tonne de canne broyée : elle brûle la bagasse, exporte au réseau et doit tenir vapeur et turbines quand tout le monde s’arrête.
Voir la ficheAlt Chornice
Une SPV de 1,2 MWp dans la campagne morave : sur le papier, un actif d’appoint dans la transition ; dans les faits, une puce sur l’échiquier politique des tarifs verts de 2009-2010.
Voir la ficheEPE
Electric Power Engineers — la « vraie » EPE derrière le sigle lorsqu’on classe l’acteur en Réseaux & distribution — joue un rôle de conseil et d’études pour fiabiliser les interconnexions, absorber le renouvelable et instrumenter la grille face aux data centers et au vieillissement des ouvrages.
Voir la ficheE.ON Beteiligungen
E.ON Beteiligungen GmbH n’est pas à confondre avec le visage public du groupe : c’est une société de participations immatriculée à Essen (Allemagne), dont l’objet social est l’acquisition et la gestion de participations — un maillon de structure typique du groupe E.ON SE.
Voir la ficheAdministración Provincial de la Energía
Administración Provincial de la Energía (APE), entité parmi les distributeurs régionaux répertoriées par Buenos Aires (liste des régulateurs provinciaux argentins), gère sous tension une province où l’on veut vite capter du solaire.
Voir la ficheDatang Shandong Power Generation Co Ltd
** Filiale provinciale du géant public China Datang, Datang Shandong incarne la transition « à la chinoise » : records d’EnR côté groupe, parc thermique massif et projets solaire–aquaculture qui déclenchent déjà les radars du risque social.
Voir la ficheGeorg-August-Universität Göttingen Stiftung Öffentlichen Rechts
Ce n’est pas un groupe pétrolier : la Georg-August-Universität Göttingen Stiftung Öffentlichen Rechts est la fondation de droit public qui pilote l’université de Göttingen (Basse-Saxe).
Voir la fichePROPARK-FUNDATIA PENTRU ARII PROTEJATE
Rare figure en Europe de l’Est : une fondation environnementale qui forme les gestionnaires de Natura 2000 tout en pilotant, avec Bruxelles, des démonstrateurs d’infrastructures « résilientes » au climat — et qui encaisse en parallèle des millions d’euros de la fondation sociale d’un géant pétrolier.
Voir la ficheThree Gorges 2nd Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limitedd
Le nom obtenu en base (Three Gorges 2nd Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limitedd) recouvre, selon l’ensemble des références publiques croisées, la société projet du parc Three Gorges Second à Jhimpir (Thatta, Sindh, Pakistan), filiale de l’écosystème China Three Gorges South Asia Investment Ltd.
Voir la ficheUNIVERSITY OF OSLO
Le plus ancien et l’un des plus cités des pôles universitaires norvégiens tire les leviers d’une décarbonation de campus mesurable — et se retrouve en 2024 au cœur d’un clash étique sur le financement de la recherche par Equinor.
Voir la fiche