Kocliko
Attention aux fiches « importées » : les métadonnées type Houston, 1926, ~100 000 salariés et le site slb.com décrivent le géant SLB (ex-Schlumberger), pas Kocliko.
À propos de Kocliko
1. Modèle économique
Kocliko vend des services numériques d’efficacité énergétique appliqués au résidentiel collectif : individualisation des frais de chauffage (IFC) selon les modalités réglementaires, optimisation de chaufferie, combinaison des deux sur certains parcs. La monétisation passe par des contrats longs avec bailleurs, exploitants (dont Idex) et syndics — les revenus sont donc corrélés au rythme des déploiements et à la pression réglementaire sur les bâtiments au-dessus du seuil de 80 kWh/m²/an (historique de levée 2021). Côté comptes 2024 (clôture 31/12/2024), le chiffre d’affaires net s’établit à 1 557 180 € pour 14 salariés déclarés, avec un résultat net de –557 819 € et des capitaux propres négatifs à –601 457 € face à 2 919 289 € de dettes (bilan détaillé). L’actif immobilisé est de 799 854 € sur le même exercice (même source) : profil de scale-up capital-intensive, pas d’intégration « pétrolière ».
2. Impact réel
L’effet climat direct est mécano classique mais non trivial : moins de surréchauffe, moins de gaspillage quand la facture reflète l’usage réel plutôt que la surface. Kocliko met en avant une baisse moyenne de ≈21 % de l’énergie chauffée par logement après installation, selon le label Solar Impulse Efficient Solution (page officielle du label) — chiffre à lire comme communication certifiée tiers, pas comme audit indépendant de tout le parc. Le parc équipé dépasserait 31 000 logements fin 2025 (même page). La solution se présente comme plus sobre en matériel (ordre de grandeur 2 équipements vs 5 pour une approche répartiteurs classique, argument ACV mis en avant par l’entreprise, toujours selon la page Solar Impulse). Dans le cadre national, l’IFC est un levier politique documenté par l’ADEME pour la performance des logements collectifs (synthèse ADEME sur l’IFC) ; Kocliko s’insère dans cette ligne de viseur régalienne, pas dans un bouleversement du mix énergétique national.
3. Innovations / partenariats
Le cœur techno est RFC de type 2 : deux sondes de température et simulation thermique dynamique / IA pour répartir les charges sans capteurs sur radiateurs (présentation Solar Impulse). En septembre 2022, Idex a officialisé un partenariat pour déployer la solution auprès des bailleurs et copropriétés concernés par la réglementation (communiqué Idex). En juin 2021, une levée de 2,8 M€ a réuni notamment IRDI, Izuba Énergies et le soutien de Bpifrance (Le Bâtiment Performant). Côté très grand compte social, l’OPAC de l’Oise engage un accord sur dix ans couvrant 12 573 logements (dont 4 697 en plancher chauffant), avec déclinaisons Pilote, Sobriété et Synergie selon les bâtiments (retour de déploiement). Kocliko met aussi en avant un alignement avec les seuils MaPrimeRénov’ (35–50 % de gain) sur sa page produit dédiée (MaPrimeRénov’ & Kocliko).
4. Greenwashing / zones grises
La principal zone grise n’est pas l’arrière-goût « ESG flou », mais la structure financière : sur l’exercice clos le 31/12/2024, les comptes publiés agrégés par Le Figaro font état d’une perte nette de –557 819 € et de capitaux propres à –601 457 € pour 2 919 289 € de dettes (bilan) — écart massif entre rayonnement marché (dizaines de milliers de logements annoncés) et solidité comptable au dernier millésime disponible. Deuxième tension : le modèle est jetable si la contrainte IFC ou le soutien public à la rénovation faiblissent ; la dépendance est structurelle, même lorsque la solution est techniquement efficace (rappel réglementaire et marché en 2021). Troisième friction : la répartition reposant sur un jumeau numérique plutôt que sur des compteurs thermiques peut nourrir des contestations de facture si la pédagogie locataire plie ; c’est un enjeu de confiance algorithmique, pas seulement de connectique (description RFC type 2 et sondes).
5. Positionnement stratégique
Kocliko joue la carte « scale-up de la décarbonation des bâtiments » sur un marché des services d’efficacité que PSL chiffre, côté storytelling académique, à ~5 Md€ en France avec forte croissance (portrait PSL) — ordre de grandeur à prendre comme ambition de taille de marché, pas comme part de marché de l’entreprise. Le signal récent est double : déploiement massif (OPAC de l’Oise, 12 573 logements) et restructuration capitalistique visible dans les annonces légales listées sur la même fiche société (augmentations d’OCA, actions de préférence, BSPCE fin 2025 — voir encart annonces sur Le Figaro Entreprises), cohérent avec une société qui brûle du cash pour capter le fenêtre réglementaire avant consolidation du secteur.
Verdict WattsElse
Kocliko incarne l’efficacité énergétique « French tech » au sens propre : algorithmes, capteurs, coproduction académique — mais son avance commerciale se paie encore en comptes dans le rouge. Tant que la loi pousse à individualiser la chaleur perdue, elle surf ; le jour où le vent réglementaire ou politique tourne, la courbe des logements équipés ne suffira pas à effacer –601 k€ de capitaux propres au 31/12/2024 (données bilan).
Sources : psl.eu · entreprises.lefigaro.fr · lebatimentperformant.fr · kocliko.co · librairie.ademe.fr · idex.fr · kocliko.co · kocliko.co
Données clés
- Forme
- Q130233721
- Fondée
- 1926
- Effectifs
- 100 000 (2019)
- CA
- 28.1 Md€ (2018)
- Capitalisation
- 112.5 Md€
- Siège
- Houston, United States ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q1425316
- ISIN
- AN8068571086
- LEI
- 213800ZUA17OK3QLGM62
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