Limak HEAŞ Hamitabat Elektrik Üretim ve Ticaret A.Ş
Opérée par Limak HEAŞ, la plus ancienne grande CCGAZ de Turquie revendique après rénovation un fleuron de 1 220 MW au rendement supérieur à 60 % et une production 2024 voisine de 5,7 TWh, au moment où Ankara verrouille le cadre juridique d’un marché carbone national.
À propos de Limak HEAŞ Hamitabat Elektrik Üretim ve Ticaret A.Ş
1. Modèle économique
HEAŞ n’est pas un producteur pétrolier ou gazier amont : c’est un producteur d’électricité, rémunéré par la vente sur le réseau turc et les mécanismes de marché de l’électricité (y compris les dispositifs de soutien à la capacité dont bénéficie largement le parc thermique turc). Limak annonce pour Hamitabat une puissance installée de 1 220 MW après modernisation complète, avec un rendement électrique de 60,2 % et une alimentation intégralement au gaz naturel. Sur le plan patrimonial, Limak Yatırım est passée à 100 % du capital en absorbant les 25 % détenus par InfraMed, selon la presse spécialisée turque de mai 2023. Le projet de modernisation a été présenté avec un enveloppe d’environ 520 millions d’euros et un financement bancaire de 395 millions d’euros auprès d’un consortium international (UniCredit, KfW IPEX, ING, etc.), comme le détaille le communiqué historique de HEAŞ. Chiffre d’affaires annuel et effectif précis de la société HEAŞ : non trouvés dans les pages consultées pour cette fiche ; la structure est celle d’une grande centrale gaz dont la rentabilité reste corrélée au coût du gaz importé, à la dévaluation de la livre et aux conditions du service de la dette.
2. Impact réel
L’impact climatique direct est celui d’une combustion fossile pilotée pour l’électricité : même optimisée, la centrale émet du CO₂ en exploitation. Limak met en avant une réduction annuelle de l’ordre de 80 000 tonnes de CO₂ par rapport à l’ancienne configuration, grâce au saut de rendement (Hamitabat CCPP). Pour 2024, un billet d’opinion publié en juillet 2025 évoque 5,7 TWh injectés sur le réseau, chiffre à prendre comme indicateur de production public, pas comme certification réglementaire (Eurasia Review). Côté ressources, la modernisation est associée à une baisse forte de la consommation d’eau de refroidissement — de l’ordre de 350 000 à 170 000 tonnes par an selon le récit relayé par l’organisme SKD Türkiye autour de la certification ISO 46001 obtenue par HEAŞ. PPE française, fiches ADEME ou benchmarks européens : peu pertinents pour juger un actif 100 % gaz en Turquie, si ce n’est par analogie avec la place du gaz dans les mixes européens comme pont polluant lorsque l’EnR et le stockage ne suivent pas.
3. Innovations / partenariats
Le cœur du chantier est technologique : passage à des turbines Siemens de classe H (SGT5-8000H évoquée dans la littérature de modernisation), combustion DLN pour limiter les NOx et accroissement du rendement par rapport à une turbine à cycle simple historique (Hamitabat CCPP ; synthèse récente Eurasia Review). HEAŞ publie également une déclaration et un rapport d’inventaire des gaz à effet de serre 2024 avec volet de vérification, signal de conformité et de transparence sur les émissions (rapport GES 2024). En parallèle, le site a été mis en avant pour un certificat « zéro déchet » opérationnel, distinct de la neutralité carbone (communiqué Limak).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de décalage discours / réalité est structurel : les labels ISO 14001/50001/46001 et le zéro déchet décrivent surtout la performance du site, pas une sortie du fossile. La Turquie a adopté une loi climat ouvrant la voie à un SEQE national avec phase pilote attendue en 2026 (ICAP), ce qui peut mécaniquement alourdir le coût marginal du MWh gazier à l’horizon du milieu de décennie. Sur la chaîne de valeur du gaz importé, les documents publics HEAŞ consultés insistent sur l’exploitation : l’empreinte amont (scope 3) du combustible reste difficile à isoler dans le récit « bas-carbone relatif » (déclaration GES). Enfin, au niveau groupe Limak, la presse d’opposition documente des paiements de mécanisme de capacité très élevés au bénéfice de YK Enerji (coentreprise Limak–IC autour de Yeniköy et Kemerköy), avec un cumul supérieur à 1 milliard de livres turques sur 2018–2023 puis des versements TEİAŞ 2024–2025 évalués à environ 698 millions de TL (Evrensel ; Evrensel) : pas la même personne morale que HEAŞ, même même actionnaire dominant et même zone de contestation écologique autour d’Akbelen, où une ONG appelle à la rupture des partenariats internationaux impliquant Limak (Ekoloji Birliği).
5. Positionnement stratégique
HEAŞ vise clairement le statut d’infrastructure critique pour la Thrace et la rive européenne d’Istanbul, en capitalisant sur une flexibilité thermique à haut rendement dans un pays où la sécurité d’approvisionnement prime (Eurasia Review). La dette projet structurée autour de grands banquiers européens ancre l’actif dans la finance internationale et donc dans une lecture ESG de plus en plus sévère, alors que Limak Renewable publie un rapport IFRS 2024 mettant en scène la transition du mix du groupe (rapport consolidé 2024). Dans ce paysage, Hamitabat est à la fois bouée de pilotage gaz et étendard de « modernisation verte relative ».
Verdict WattsElse
Hamitabat est un laboratoire de l’efficacité fossile au bord européen de la Turquie : plus propre par MWh, mais pas propre ; les certificats habillent l’opération, la physique du CO₂ et le marché carbone naissant décideront de la suite.
Sources : limak.com.tr · enerjigazetesi.ist · hamitabatelektrik.com · eurasiareview.com · skdturkiye.org · hamitabatelektrik.com.tr · limak.com.tr · icapcarbonaction.com · evrensel.net · evrensel.net · ekolojibirligi.org · limakrenewableenergy.com
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