Manaseer Group
** Conglomérat familial né en 1999, Manaseer incarne la puissance des capitaux privés dans une Jordanie dépendante des importations d’énergie.
À propos de Manaseer Group
1. Modèle économique
Manaseer est une holding diversifiée : matériaux, chimie, pétrole et gaz, transport, mines, investissements et formation, avec une présence revendiquée au-delà du Moyen-Orient (classement Forbes 2025). Le groupe annonce plus de 10 000 employés en Jordanie et un investissement cumulé de l’ordre de 3 milliards de dollars dans le message du président (site corporate) ; Forbes porte le portefeuille d’investissement à 3,5 milliards et rappelle 2 milliards de dollars de revenus générés depuis 1999 — chiffre cumulé, pas un chiffre d’affaires annuel (Forbes Middle East). La branche hydrocarbures et stations — Manaseer Oil & Gas — est le levier visible : carburants, services, extension vers le gaz comprimé et la recharge VE. En 2024, le groupe a aussi poussé la « sécurité alimentaire », un hub machines lourdes et des partenariats avec Petro-Canada Lubricants et Goodyear sur le volet services (Forbes Middle East). Aucun rapport RSE ou document CSRD public n’a été identifié pour cette structure privée hors Union européenne ; les agrégateurs tiers publient des fourchettes de revenus annuels très divergentes — signal d’opacité comptable classique pour ce type de conglomérat.
2. Impact réel
Sur le plan climat, le groupe met en avant le GNC alimenté par le gaz du champ de Risha et livré via la National Petroleum Company, avec une première station mobile inaugurée en août 2025 et une flotte interne de 15 poids lourds convertie au gaz (communiqué Manaseer Oil & Gas, Zawya, bne IntelliNews). Une deuxième station mobile à Risha est évoquée avec une capacité cible d’environ 1,5 million de m³ par an (agence Petra). Côté électricité routière, la station Al-Hosn a reçu en novembre 2025 quatre bornes rapides annoncées à 120 kW pour jusqu’à huit véhicules (actualité MGC). Le bilan carbone net de ces opérations — émissions de chaîne amont du gaz, fuites de méthane, comparaison avec le parc essence-diesel évité — n’est pas public dans les sources consultées. Pour le lecteur européen, le PPE3 et les cadres type CSRD ne s’appliquent pas à Manaseer ; en revanche le contexte régional du gaz en Méditerranée orientale et les importations vers la Jordanie éclairent la donne géopolitique de la « transition gazée » (Connaissance des énergies, dépêche sur les flux gaziers). Aucune fiche ADEME ou équivalent français dédiée à cette entreprise n’a été trouvée.
3. Innovations / partenariats
Le lancement GNC mobile et l’acquisition à 100 % de Central Gas Technology Company en 2025 matérialisent une intégration verticale sur la chaîne gaz (archives d’actualités MGC). Les bornes ZEROVA sur le réseau de stations illustrent une stratégie « hub » mobilité (annonce Al-Hosn). Les prix industriels (Green Factory, Arab Quality Award) mis en avant par la communication du groupe en 2023 attestent surtout d’une quête de légitimité industrielle plus que d’un pivot bas-carbone documenté (fil d’info GNC). Les partenariats Petro-Canada / Goodyear restent dans la logique d’ancrage sur la maintenance et la distribution (Forbes Middle East).
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « clean energy » repose largement sur le gaz fossile domestique présenté comme alternative propre au diesel et à l’essence — or le GNC réduit certaines pollutions locales mais ne règle ni le méthane amont ni l’alignement sur une neutralité carbone (communiqué MGC). L’opacité sur le CA annuel et les bilans GES nourrit le risque de communication sélective. Sur le plan politique, les propos attribués à Ziyad Manasir sur des pressions et un clientélisme présumés dans l’administration — et la réplique du Premier ministre promettant de suivre le dossier tout en rappelant qu’« aucun investisseur » ne doit contourner la loi — placent le groupe dans une zone grise réputationnelle forte (The Arab Weekly). La Commission jordanienne de l’intégrité a par ailleurs publicisé un litige sur une licence de station-service à l’aéroport Queen Alia, rejetée pour des motifs de sûreté aérienne (proximité piste) — épisode qui cristallise la tension régulateur / opérateur privé (même article).
5. Positionnement stratégique
Manaseer vise à verrouiller l’énergie et la mobilité dans un pays où la sécurité d’approvisionnement reste structurante ; le gaz de Risha et les infrastructures de distribution en font un acteur système, pas un simple revendeur. Le signal 2025 est double : accélération GNC + VE sur le réseau de stations, et exposition médiatique et politique accrue autour de la gouvernance des grands investisseurs. Dans un marché européen obsédé par les Scope 3 et les taxonomies, ce positionnement reste dépendant du fossile et peu documenté pour un investisseur ESG exigeant.
Verdict WattsElse
Manaseer n’est pas en train de « sortir du pétrole » : il recâble la Jordanie autour du gaz et de la prise électrique, avec une com’ verte qui avance plus vite que les chiffres carbone. Le pouvoir et le patronat y jouent une partie ouverte — et c’est là que se lit l’avenir du groupe autant que celui du pays.
Sources : forbesmiddleeast.com · manaseergroup.com · mgc-gas.jo · zawya.com · intellinews.com · petra.gov.jo · mgc-gas.jo · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · mgc-gas.jo · thearabweekly.com
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