Mob-Energy
La référence documentée ici est la Mob-Energy française, deeptech de recharge électrique et de stockage associée à Lyon et à Vénissieux (SIREN 843 868 555) — et non une société homonyme : aucune implantation ou activité à Abidjan ne ressort des sources publiques consultées, alors que le fichier WattsMonde indiquait cette ville : traiter ce champ comme non…
À propos de Mob-Energy
1. Modèle économique
Mob-Energy vendait des infrastructures de recharge intelligente pour flottes et sites (dont le cube modulaire Eiko et, en amont, le robot « Charles »), avec stockage tampon et logique d’optimisation énergétique (ADEME). Le groupe a cherché à faire porter le capex par un volet « Battery-as-a-Service » / leasing via la filiale Infra, présentée lors d’une levée structurante (GreenUnivers, site Mob-Energy). Sur les chiffres publiés : environ 1 M€ de chiffre d’affaires en 2023 selon Bpifrance, et 4 M€ de CA prévisionnel annoncé pour 2024 dans la presse économique (Journal des Entreprises) — à rapprocher avec prudence des comptes définitifs lorsqu’ils seront consolidés post-procédure. L’outil industriel visible était une usine de 1 600 m² à Vénissieux, avec une cadence cible d’environ 300 unités Eiko par an à trois ans (ADEME).
2. Impact réel
Le cœur de la promesse climat était double : réduire la contrainte immédiate sur le réseau en stockant sur des fenêtres favorables et réemployer des batteries de seconde vie, ce qui va dans le sens des trajectoires de sobriété matière évoquées dans les politiques de mobilité décarbonée (ADEME). La recharge « jusqu’à 25 véhicules » sans travaux de génie civil lourds, revendiquée sur la communication corporate (Mob-Energy), peut effectivement limiter certaines étapes de chantier — mais l’empreinte carbone nette au cycle de vie (seconde vie, rendements, électricité réellement consommée) n’a pas été retrouvée sous la forme de bilans publiés vérifiables dans les sources consultées : on reste donc sur des bénéfices attendus, pas sur des tonnes de CO₂ évitées auditées.
3. Innovations / partenariats
Techniquement, la société a mis en avant stockage + algorithmes et une montée en gamme Eiko gen 2 dans la presse régionale et nationale (ADEME, Journal des Entreprises). Côté financement, la séquence est lisible : série A de 10 M€ en 2023 avec écosystème industriel et financier (Bpifrance), puis 15 M€ début 2025 auprès de Tikehau Capital pour accélérer Infra et l’orientation flexibilité / stockage local (Mob-Energy, GreenUnivers). Des partenariats grands comptes (dont DHL dans la presse spécialisée auto, Journal Auto) illustraient la stratégie commerciale ; l’ADEME avait aussi soutenu un premier projet (96 800 €) (ADEME).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de « narration verte » déconnectée de la réalité industrielle est ici sanctionné par les faits : liquidation judiciaire le 12 mars 2026 au tribunal des activités économiques de Lyon pour une structure comptant une cinquantaine de salariés, alors que la même trajectoire affichait une levée de 10 M€ en 2023 puis une ambition renforcée début 2025 (Journal des Entreprises). Le média local précise que Mob-Energy Infra, entité liée, est concernée et souligne un coût d’industrialisation jugé insoutenable après 15 M€ levés en janvier 2025 (Tout Lyon). Le fichier d’entreprise indique en parallèle une cessation des paiements au 31 janvier 2026 (Societe.com) : écart d’à peu près un an entre l’injection de capitaux et l’impasse de trésorerie — tension chiffrée dans le temps, pas une opinion. Aucun litige environnemental ou sanction réglementaire spécifique n’a été identifié dans les sources consultées ; la zone grise est financière et industrielle, pas « étiquette carbone » contestée par une autorité.
5. Positionnement stratégique
Mob-Energy visait un créneau dense en promesses PPE / flexibilité / réemploi batterie, où la valeur se joue à la fois sur le déploiement de masse et sur la qualité du service énergétique (GreenUnivers). La contradiction stratégique est brutale : mondialiser un narratif de circularité tout en ne tenant pas la cadence cash-flow de la deeptech hardware (Journal des Entreprises). Pour le secteur, le signal récent est celui d’une consolidation par sélection : les marchés de la recharge « intelligente » récompensent les volumes et la discipline industririère — pas seulement les dossiers de financement.
Verdict WattsElse
Mob-Energy aura été un laboratoire français très lisible de ce qui coince dans la transition : belle couche logicielle et second life, cash absorbé par l’usine et le déploiement. La suite se lit au greffe et chez les repreneurs d’actifs, pas dans les communiqués ESG.
Sources : infos.ademe.fr · greenunivers.com · mob-energy.com · presse.bpifrance.fr · lejournaldesentreprises.com · lejournaldesentreprises.com · journalauto.com · lejournaldesentreprises.com · mesinfos.fr · societe.com
Données clés
- Siège
- Abidjan, Côte d'Ivoire ↗
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